IATHIEU, à Armand
Puisqu'en di'pit de mes prières Vous refusez de déjeuner; Allez, mon cher, à vos affaires, Moi je ne veux pas vous gêner.
ARMAKD, bas à Mathieu.
Quoi ! ^Monsieur, c'était votre fille ?
MATHIEU , feignant de ne pas l'entendre. Nous ne retenons olus vos pas.
MADAME MATHIEU
Monsieur ne refusera pas Notre déjetmer de famille.
armakd , trou' lé.
Mais je craignais d'être indiscret; J'accepte. {A part.) AJi! grand Dieu! qu"ai-je fait?
A pan.
Oui c'est elle... c'est elle-même; L'espoir vient agiter mon cœur.
Comment cacher mon trouble extrême ?
Comment reparer mon erreur?
vicTORiwE , à part.
Je n'y conçois rien, c'est lui-même; ZirSEMBLE. i Son aspect fait battre mon cœur;
Mais d'où vient donc ce trouble extrême, Est-ce d'espoir ou de frayedi ?
M. ET MADV.nE IWVTHIEU.
Voyez, voyez quel trouble extrême Vient de s'empart r de s>n cœurl Ali! si c'est ma ûlie qu'il aime, Rien n'égalera mon bo.iheur.
MATHIEU, à Armand.
Allons, pas lie timidité, jeune homme ^ le temps se passe, et vous savez que nous avons nne peiiie conrse à faire... Pliicez-\ous près de ma femme... bien... 1 oi , V^ictorine^ à côté de moi... C'est cela. ( lis se placent.) Profitons des momens agréables... on ne .sait ni qui vil, ni qui menn. (0/î sert. Moment de silence.)
Ap,.\iAND, àpart.
Comment réparer uia sottise? il est. impossible qu'il venillo sérieusement se battre... quand mon admiration pour sa fille a été la s^xûe cause...
MADAMP MATHIEU.
Monsieur ne mange pas.
M Kiaxvv, avalant une huître.
Les huîtres sont fraî; hes ponriant.. . mais les jeunes gens ont toujours quelque chose qui le r ôte l'appétit.
MADAME MATHIEU
Monsieur n'est pas de Paris?
Armajvd.
Non, madame.
madame MATHIEU.
Monsieur y vient pour alFaires sans doute...
MATHIEU
Pour se marier, peut-être?...
ARMAND
Mais... c'est possible. ( Victoriic renverse le sucrier. }
MADAME MATHIEU
Prenez donc gnrde^ ma fille; vous êies aiijoiird'hui d'une maladresse...
ARMAND, regardant VicLovine.
Je vous avo;:crai, cependant, que mon mariage n'est encore que dans ma tête... et que le motif qui m'attire ici, es' 1 (Mu!>arras d'un de mes amis qui se trouve dans une position fort bingiilicre.
MATHIEU
Ah! ah! une étourderie de jeunesse.
Armand.
Oui, rm amour sidiit... -.jui; jeune personne charmante qu'il a rencontrée, et dont 1 vue a pro Irjil sur lui une impressluu... Mulheuieusement un monsieur, qui ne partageait pas roi enthousiasme , h'avise de critiquer cette jeune personne;; mon ami la dcfenri avec t.uit de vivacité, qu'il finit j).!r provoqm-r l'inconnu en duel; et jugez de son désespoir..,, c'était le pèie (Ki celle qu'il aime.
VICTORINE
Le père !
MADAAÎE MATHIEU.
Ah! pour le coup... c'est trop fortj vous brodez.
MATtlIEU.
C'est possible h la rigueur.
ARMAND
Vous sentez ({ue mon ami est prêt a avouer ses torts; qu'il brûle de trouver une occasion de les réparer. ( Regardant Maihicn. ) W m'a même chargé de confesser qu'il était rinfou... un extravagant ; mais se contentera-t-on de cette déclaration?. . C(;la m'inquicle.
MADXME MATHIEU.
IVîoi je penseque le père doit être excessivement flatté.. .
VlCTOr.lNE.
Certamemenl le père doit être très-fiatté...
MATHIEU
Ta, ta , ta , (rcs-Ilané... moi, ce n'est pas mon opinion, du tout, du tout, du tout...
ARMAND
Comment!..;
MATHIEU
Je sais bien que ]cs femnies traiienl les affaiies d'honneur comme des misères; mais nous autres hommes... Tudieu!... les affaires d honneur... je n'en ai jamais arrangé une seule; {à part) il est vrai que je n'en ai jamais eu. ARMAND, déconcerté.
Ainsi, monsieur, vous pensez...
MATHIEU
Qu'à la place du père^ jeserais inflexible; je dirais h votîc ami... im vtrre de Chiddi? , moucher Armand. (// verse en conliauant. ) Je lui ihrais ; Monsieur, je ne veux pas faire blanc de monépée... mes preuves sont faites, et ce n'est pas une balle de plis ou de nioina qui me rendra jilus gras; nuiis on n'outrage pas imptmément nn brave. Il y a eu insulte^ monsieur; quelle qu'en soit la cause, il faut qu'elle soit lavée i adic; lement ; et quand le vin est tiié, il fuit 'e îioiie; \oilà. A votre santé, mon cher Armand. ( il avale son verre de vin ^ et on se levé.)
ARMAND
Mais, monsieur, si le jeune homme adorait votre fiile, s'il essayait de vous flécbir?
MATHIEU
Cela ne suffit pas, monsieur... s'il essayait!.
MADAME MATHIEU, bas à soTi mari.
Allons, mon ami... en vo:la assez, c'est le moment de s'expliquer.
MATHIEU, bas.
Du tout , ce n'est pas encore clair, il ne parle pas de mariage.
MADAME MATHIEU, de même.
Mais enfin...
MATHIEU ^ de même.
II y viendra , ne brusquons pas le dénouement ; laissezmoi faire.