‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 63 sur 270 · ARMAND, VICTORINE · texte numérisé non relu

ARMAND, VICTORINE

ARMAND, a pari.

Impossible de lui taire entendre raison... Si j insiste^ il croira que la cr;,inte... Quelle situation... et comment en sortir...

vicTOFtiivE, à part.

Pauvre jeune homme, comme il p.iraît affligé de l'aventure de son auii ! cela prouve qu'il a bien bon cœur.

Av.MAND , de même.

Et me laisser seul avec sa fille, c'est un raffînement de crn;iiiié. \^Haiit.) Monsieur votte père s'est montré làea rigide, iuut-à-1 heure.

VICTOF.IXE.

Ah! oui, cela m'étonne; c'»'sl l'ho'nme du monde le plus pacifique, le ph s paisible : je ne le reconnaissais pas.

ARMAKD.

En vérité.

YlCTOKIIVr.

Aiissi, m.'d,:^ré tout ce qu'il a dit, je vous engage bien à empêcher votre ami de se h itre.

AUMAAD.

Je le voudrais^ mais maintenant...

VICTORIJXE.

Ch! je vous prie, monsieur Armand, vous qui par lissez d'un caractèie dotix et conciliant. Ce n'est pas (juc moi je trouve que le pèiea lort... ceitainement, c'est lidicule àlui!

Ain du vaudeville Premier Prix.

De sa fille, un père équitah'ie Devrait-il médire eu effet !

Défendre qu'on la trouve aima1)le, C'est avoir l'esprit bien mal fait.

Avec un pareil caractère Jugezclonc si nous aurions peur !

Désormais on ne pourrait plaire Sans être cause d'un malheur.

M lis d'un autre côté , votre an)i mérite des reproches.

A u M A A D , ^nvcment.

Ah! sans doute ^ il est le premier à en convenir... surtout depuis quelques instans... Mais aussi... entendre calotcnier ce qu^on adore... c'est au-dessus de la patience humaine; si voiis saviez, la tèie s'écliaufle, lit raison se perd, on oublie tout... et...

vicTORiAE, souriant.

Eh! bon Dieu, quelle chaleur !...

AKMA?,D.

Ail! elle ne doit p?s vous étonner... c'est qne je suis amoureux auisi, et alors...

VICTORIKE.

Vous^ monsieur Armand!

A RM AIN' p.

Comme mon ami... tne jeune personne que j'ai vae hier pour In première fois, et qi e je n ai pas quittée des yeux. vicTORiivE, embarrassée.

Hier? {/l parL.) Je crois qi;e je devine.

armaad.

Vous ne pouviez la voir, mais c'était la plus aimable, la jjÎus intéressante, la seule enfin qui ne puisse vous porter envie.

viCTORiKE, embarrassée.

Blonsieur...

ARMAND

Air : Le beau Ljcas aimait Tliémire.

En TOUS j'ai mis mon espérance ; De vous dépend tout mon bonheur.

Près d'elle prenez ma dc'^ense , Daignez plaider en ma faveur !

Dites-lui que je suis fidèle.

VICTORIKi. .

Mais pour parler à cette belle

Il faut la connaître un peu mieux...

ARMAKD.

Tout est commun entre vous deux ; Et cet arrêt, que j'attends d'elle, Je puis le lire dans vos yeux.

VICTOR IKE, embarrassée.

Quoi! monsieur... Ah! mon Dieu, je crois que Ion m'appelle.

A TlM A K D , Vai ré tant.

IN'on, non, je vous assure, on n'appelhî pas... mais les momens sont précieux... et j'aïund.s une réponse.

viCTORiKE, souriant.

Une réponse.., occupez-» ous d abord de votre ami, c'est le plus pressé; empêchez un malheur ; apiès, vous penserez à vous, {a\ec embarras) et je pourrai peut-être parler à la personne.

ARMANn, ayi^ement.

Ah! je vous entends, et mon bonheur.... Ah! dites

ï7 ^ moi, (le <^rAce, ne ponrrîez-vous m iu-.llquer un ami înlime de votre pète qui eut quelque empire sur lui? \lCTOï^^NE y à paît.

Serait ci> déjà })Our faire la demande? (^llaul.) Mais i'ininç^ine que ÏNl. Dumout, son ancien associé...

AKMAND.

Dunîont , négociant?

VICTOUIKE.

Oui tiemcui e à Pass^-.

A?.>ÏA3VD.

Alu : Amis, voi' i la riante se ir aine.

Quelle rencontre heureuse et singulière 1 (."est notre ami , notre correspondant.

J'y cours bien -site.

VICTORIIVE.

O cje! ! j entends mon père !

[Elle s €71 fuit de coté.)

ARMVA'D.

Dieu ! je me sauve et reviens à l'instant. Un doux espoir m'anime et m'encourage , J'emploierai tout peur flécliir sa fureur; Que d'une main il venge son outrage , Mais que de l'autre il signe mon bonheur.

{Il sort en courant par le fond.')

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