SCÈNE XV
Les Mêmes, AHMAxVD.
ARMATfD.
Quel bi'uit !
TOUS
Grands dieux ! c'est Armand.
FRANCJEU.
Le cousin, et oui , vraiment \
LE SERGENT
C'est Armand !
MATHIEU
C'est Armand; Grâce au ciel I il est vivant.
TOUS
Grand Dieu ! quel étonnementl Quel étrnnge événement;
Oui vraiment ,
C'est Armand , Ce n'est point un revenant.
VICTOPaWE.
Ail ! c'esl le ciel qui vous envoie.
LE SERGENT
Monsieur Armand !
LES FEMMES et MATHIEU.
Oui , monsieur Armand.
LE SERGENT
Silence!.. Et vous n'êtes pas blesse'.
MATHIEU
Et , parbleu! vous le voyez bien.
TKAKCJEU.
Bien vrai , cousin ^ vons ne vous êtes pas battu avec monsieur.
AnuxNTi , souriant.
Non, cousin; non , monsieur le sergent , je ne me suis pp.s battu , et n'en ai pas envie, surtout avec un homme que j'estime, que j'honore. ( j( Mathieu. ) N'est-ce pas, mon clier ami ?
MATHIEU , hésitant ('erlainement, mon clier ami , c'est clair; vous voyez
que nou<; nous emcndons pai f;iiiemenf. (^A part.) Comme c'est heureux qu'il se soit radouci!
FUAKCJEU.
Alors, bas les armes.
LE SERGEÎJT,
Et nous pouvons nous re;irer. Je su s enclianté que ce soit une faiissp alerte. ( A M ;thieu. ) M lis (jue ceci vous serve de leçon , m uvaise tèie , et songez qu'a la première escapade de M. l'ellepoinie, nous aurons lu main sur vous Au revoir, messieurs. {Il sort.)
MATHIEU, à lui-même.
C'est ça , cet autre imhécille n'a qii à f ire quelque sottise , je paierai pour lui !.. Décidément je f. ni mettre sur ma porte ^ mon nom, mon âge, ma profession et mon caractère.
SCÈXE XVÏ.
Les Mêmes , excepté le Sergent.
FRANCJEU.
Ce cher cousin , vous m'avez fait une peur, vous voyez que j'étais t'au poste.
ARMAKD.
Chut.
FRAWCJEU.
Esl-ce que j'ai f;iit z'iin cuir?... C'est la volubilité. Le cœur n'y est pour rien.
MATHIEU , à Armand.
Ah! mon cher ami, quelle conduite noble et généreuse !
ARiîA^D , d un air J'roid et ami-voix. N'est-ce pas? j ai bien fait de tenir ca langng-e, et de paraître d'accord avec voi.s ; mais je n'ai point oublié que je vous dois une satisfaction , et c'est pour cela que je suis revenu.
MATHIEU , h part.
Ah 1 bien, s'il faut encore rtcommencer, on a beau avoir du courage, ma foi! je suis au bout de mou rouleau. {Haut.) MonsieiH...
ARMAM).
Seulement, mon cher monsieur Bellepoinie, avant de terminer, j'attends une grâce de vous; mon père vient d ar^
river h l'improviste ^ il vient me marier aujourd'hui même.
MATHIEU , à part.
Allons, il ne me manquait plus que cela ; après tontes
les peines que je me si is données. (Haut.') Eli! monsieur,
mariez-vous à qui vous voudrez , et laissez moi en repos.
Al'.MAKD.
Du tout , du tout , il n'y a que vous qui puissiez faire la demande, et j'attends de votre complaisance... MATHIEU , élevant la uoijc.
Ali ! par exemple.., celui-là est trop fort.
MADAME MATHIEU
Qu'est-ce qu'il y a donc encore ?
FEAivcjEu , mettant la main sur son sabre. Esl-ce que ça se raccommode ? Me voilà prêt.
MATHIEU
Du tout... ça ne se raccomode pas. Si vous saviez ce qu'on exige.
^ ABMAISD.
Que vous faîsiez à Vt. l'.îaîiiieu la demaiide de sa fille pour moi.
MATHIEU, (toimé.
A monsieur Mathieu. {A I^Wificj eu) Pardon... je vous ai marché sur le pied.... Le cœur n'y est pour rien.... (^ Armand) M. Mathieu !
VICTORINE et MADAME MATHIEU.
Est-il possible !
MATHIEU , souriant.
Entendons-nons... il v a (ant de Mithieu... Monsie(u^ Mathieu , Jean-Boniface Madiieu.
ARMAND .,àpart.
Oui, \ o(re meilleur ami, à ce que vient de médire 3M. Dumonl de Passy ; je vous desuaude un peu ce que ça vous coûte.
MATHIEU, la main sur Is cœur.
Assez, assez , jeune homme. Je vois qu'il sait tout... lîura, le fripon, que je l'embrasse... Ma fille... iVJa chère femme... Cousin , venez dans mes bras , et le serinent où est-il? Je recois enfin le jhÙs de toutes mes tribulations ! Mon cher Armand , dès demain elle sera votre femme.
FIIÀNCJEU.
Ah ! ça , quel drôle de corps... On le prie de faire la demande d'une future, et il vous donne sa ûl!e à la place.
AHMAKD.
Non , cousin , il m'accortie le seul bien que j'amhition liais, maison vous expliquera cela,..
I^RANCJEU.
C'est Lon, c est hou, puisque le cousin est saiisfait... foucliez-là , l'aiificn , et allons tlînf^i^ ofFicicllonieut. Dinde trufTeé , bien étoilce....
"MATHIEU
Ouf!... je puis enfin respirer... Quelle journée po:ir nn bon bourgeois de la rue .Saiul-Sauveur ! c'est comme les
années de campjigne, ça devrait compter double IMa
fille, soyez heureuse, vous ne saurez jamais ce que votre établissement a coûté à votre père.
JIADVIVIE MATIUEU.
Hein! mon ami, je vous (iisais i)ien que votre plan réus- .siraill qui^ dommage que vous n'ayez qu'une iille à marier! MATHIEU , bas.
Non , non, c'est assez comme ca, et si l'on me rattrape ).:maisà faire lebtave^ ilfaudrait ijue je n'eusse pas decœur.
Air : Vous nie verrez le verre en niaiii (DameBlancîiC.)
CHOEUR
Qu'un banquet aimable et joyeux
Vienne encor ressérer no.s nœuds ; Chantons ce doux hymen qui doit combler nos vœux.
Pour célébrer un si l)eau jour ,
Les vieux flacons vont tour à tour Se vuider en l'honneur de la gloire et l'amour. MATHIEU, ail public .
*■ Atr du vaudeville des Amazones.
Par le bonheur promis à ma famille , Je sui.s pavé de mes nobles travaux ; Mais dans son jour, quoique ma valeur brille, Vous concevez qu'après de tels assauts Un pauvre père a besoin de repos.
Au moindre bruit une crainte nouvelle \ ient me saisir... Et! si quelqu'un enfin Se i)roposait de me chercher querelle , Tâchez , Messieurs, qU'il attende à demain. {JParlant. ) Ca (ioit vous èîie égd... un jour plus tôt, un jcin- plu;: tard.. . ( Reprenant ïoîr.)
Si vous vouliez me faire une querelle, Je vous en prie, attendez à demain.
CHOECB.
Qu'un banquet, etc.
FIN
lit s-
CINQ ANNEES EN DEUX HEURESç
Par mm. BRAZIER, Mi'XESVILLE et CARMOUCHE,
Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de» Variétés, le lo février 1827.