‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 72 sur 270 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Les Mêmes, AHMAxVD.

ARMATfD.

Quel bi'uit !

TOUS

Grands dieux ! c'est Armand.

FRANCJEU.

Le cousin, et oui , vraiment \

LE SERGENT

C'est Armand !

MATHIEU

C'est Armand; Grâce au ciel I il est vivant.

TOUS

Grand Dieu ! quel étonnementl Quel étrnnge événement;

Oui vraiment ,

C'est Armand , Ce n'est point un revenant.

VICTOPaWE.

Ail ! c'esl le ciel qui vous envoie.

LE SERGENT

Monsieur Armand !

LES FEMMES et MATHIEU.

Oui , monsieur Armand.

LE SERGENT

Silence!.. Et vous n'êtes pas blesse'.

MATHIEU

Et , parbleu! vous le voyez bien.

TKAKCJEU.

Bien vrai , cousin ^ vons ne vous êtes pas battu avec monsieur.

AnuxNTi , souriant.

Non, cousin; non , monsieur le sergent , je ne me suis pp.s battu , et n'en ai pas envie, surtout avec un homme que j'estime, que j'honore. ( j( Mathieu. ) N'est-ce pas, mon clier ami ?

MATHIEU , hésitant ('erlainement, mon clier ami , c'est clair; vous voyez

que nou<; nous emcndons pai f;iiiemenf. (^A part.) Comme c'est heureux qu'il se soit radouci!

FUAKCJEU.

Alors, bas les armes.

LE SERGEÎJT,

Et nous pouvons nous re;irer. Je su s enclianté que ce soit une faiissp alerte. ( A M ;thieu. ) M lis (jue ceci vous serve de leçon , m uvaise tèie , et songez qu'a la première escapade de M. l'ellepoinie, nous aurons lu main sur vous Au revoir, messieurs. {Il sort.)

MATHIEU, à lui-même.

C'est ça , cet autre imhécille n'a qii à f ire quelque sottise , je paierai pour lui !.. Décidément je f. ni mettre sur ma porte ^ mon nom, mon âge, ma profession et mon caractère.

SCÈXE XVÏ.

Les Mêmes , excepté le Sergent.

FRANCJEU.

Ce cher cousin , vous m'avez fait une peur, vous voyez que j'étais t'au poste.

ARMAKD.

Chut.

FRAWCJEU.

Esl-ce que j'ai f;iit z'iin cuir?... C'est la volubilité. Le cœur n'y est pour rien.

MATHIEU , à Armand.

Ah! mon cher ami, quelle conduite noble et généreuse !

ARiîA^D , d un air J'roid et ami-voix. N'est-ce pas? j ai bien fait de tenir ca langng-e, et de paraître d'accord avec voi.s ; mais je n'ai point oublié que je vous dois une satisfaction , et c'est pour cela que je suis revenu.

MATHIEU , h part.

Ah 1 bien, s'il faut encore rtcommencer, on a beau avoir du courage, ma foi! je suis au bout de mou rouleau. {Haut.) MonsieiH...

ARMAM).

Seulement, mon cher monsieur Bellepoinie, avant de terminer, j'attends une grâce de vous; mon père vient d ar^

river h l'improviste ^ il vient me marier aujourd'hui même.

MATHIEU , à part.

Allons, il ne me manquait plus que cela ; après tontes

les peines que je me si is données. (Haut.') Eli! monsieur,

mariez-vous à qui vous voudrez , et laissez moi en repos.

Al'.MAKD.

Du tout , du tout , il n'y a que vous qui puissiez faire la demande, et j'attends de votre complaisance... MATHIEU , élevant la uoijc.

Ali ! par exemple.., celui-là est trop fort.

MADAME MATHIEU

Qu'est-ce qu'il y a donc encore ?

FEAivcjEu , mettant la main sur son sabre. Esl-ce que ça se raccommode ? Me voilà prêt.

MATHIEU

Du tout... ça ne se raccomode pas. Si vous saviez ce qu'on exige.

^ ABMAISD.

Que vous faîsiez à Vt. l'.îaîiiieu la demaiide de sa fille pour moi.

MATHIEU, (toimé.

A monsieur Mathieu. {A I^Wificj eu) Pardon... je vous ai marché sur le pied.... Le cœur n'y est pour rien.... (^ Armand) M. Mathieu !

VICTORINE et MADAME MATHIEU.

Est-il possible !

MATHIEU , souriant.

Entendons-nons... il v a (ant de Mithieu... Monsie(u^ Mathieu , Jean-Boniface Madiieu.

ARMAND .,àpart.

Oui, \ o(re meilleur ami, à ce que vient de médire 3M. Dumonl de Passy ; je vous desuaude un peu ce que ça vous coûte.

MATHIEU, la main sur Is cœur.

Assez, assez , jeune homme. Je vois qu'il sait tout... lîura, le fripon, que je l'embrasse... Ma fille... iVJa chère femme... Cousin , venez dans mes bras , et le serinent où est-il? Je recois enfin le jhÙs de toutes mes tribulations ! Mon cher Armand , dès demain elle sera votre femme.

FIIÀNCJEU.

Ah ! ça , quel drôle de corps... On le prie de faire la demande d'une future, et il vous donne sa ûl!e à la place.

AHMAKD.

Non , cousin , il m'accortie le seul bien que j'amhition liais, maison vous expliquera cela,..

I^RANCJEU.

C'est Lon, c est hou, puisque le cousin est saiisfait... foucliez-là , l'aiificn , et allons tlînf^i^ ofFicicllonieut. Dinde trufTeé , bien étoilce....

"MATHIEU

Ouf!... je puis enfin respirer... Quelle journée po:ir nn bon bourgeois de la rue .Saiul-Sauveur ! c'est comme les

années de campjigne, ça devrait compter double IMa

fille, soyez heureuse, vous ne saurez jamais ce que votre établissement a coûté à votre père.

JIADVIVIE MATIUEU.

Hein! mon ami, je vous (iisais i)ien que votre plan réus- .siraill qui^ dommage que vous n'ayez qu'une iille à marier! MATHIEU , bas.

Non , non, c'est assez comme ca, et si l'on me rattrape ).:maisà faire lebtave^ ilfaudrait ijue je n'eusse pas decœur.

Air : Vous nie verrez le verre en niaiii (DameBlancîiC.)

CHOEUR

Qu'un banquet aimable et joyeux

Vienne encor ressérer no.s nœuds ; Chantons ce doux hymen qui doit combler nos vœux.

Pour célébrer un si l)eau jour ,

Les vieux flacons vont tour à tour Se vuider en l'honneur de la gloire et l'amour. MATHIEU, ail public .

*■ Atr du vaudeville des Amazones.

Par le bonheur promis à ma famille , Je sui.s pavé de mes nobles travaux ; Mais dans son jour, quoique ma valeur brille, Vous concevez qu'après de tels assauts Un pauvre père a besoin de repos.

Au moindre bruit une crainte nouvelle \ ient me saisir... Et! si quelqu'un enfin Se i)roposait de me chercher querelle , Tâchez , Messieurs, qU'il attende à demain. {JParlant. ) Ca (ioit vous èîie égd... un jour plus tôt, un jcin- plu;: tard.. . ( Reprenant ïoîr.)

Si vous vouliez me faire une querelle, Je vous en prie, attendez à demain.

CHOECB.

Qu'un banquet, etc.

FIN

lit s-

CINQ ANNEES EN DEUX HEURESç

Par mm. BRAZIER, Mi'XESVILLE et CARMOUCHE,

Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre de» Variétés, le lo février 1827.

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