‹ La lune de miel; comédie-vaudeville en deux actesChapitre 92 sur 270 · LE GROOM · texte numérisé non relu

LE GROOM

On nn banquier allemand.

Ta. GAUCHER , sour/ufît d'un c.ir avantageux.

Du tout, messieurs... je connais déjà son histoire el son extradition , comme \n m\e\\\)e... C'est tout uniment nn hou millionmire... père .et mère inconnus... Il y en a heoncoiip commf et la , qui est paiti d'Angleterre sans un sou j qui a {n\{ fort\ine dans les îltrs... au Canada... a Consîanlinople, quelque part par là, et à f[ni un riche négoci;inl de ce pay^-là , dont il eut le bonheur de sauver la vie, laissa touie sa fo:tt^ne, une fortune luiniense. T3u reste ce n'est pas un f^igle: des manières insolites... Je l'entends souvent extiavasevXix langue d'une manière... ca fait frémir... Mais s'il parle mal, d paye bien.

LABRICOLE.

Quand il sera coulé, à im autre... Malgré ça... je regreiterais mes gris pommelés...

M. GAUCHHF.

Chut... voici monsieur... Une tenue respeclueuse et àei f gures d honnêtes gens!... (//^ se rangent de coté.)

^cmE II.

Les Mêmes, TONY , ai^ec un commis qui porte des papiers. {Tony a conservé la même coiffure qu au premier acte, mais il est \fêtu à l'anglaise avec une élégance grotesque.)

TONY , a son commis.

C'est bon... j'irai signer tout ca... Faites acheier dix mille ducats.

le commis, en sortant.

Cela suffit, monsieur.

TOKY, à Gaucher.

Ah ! c'est vous , monsieur Gauclier.

M. GA.UCHER.

Oui. ..Monsieur... ce sont vos gens qui viennent vous tlemander vos ordres...

TONY

Là! encore... c'est ennuyeux... Qu'est-ce que v^ui; voulez que je leur ordonne, à ces gens I,. eh bien! voyons, qu'ils aillent déjeuner, ça sera toujours ça de 'fait.

M. GAUCHER

Vous allez èlre obéi h la minute ! {^éux domestiques ) A l'ofEce , messieurs ! . . . ( Ils sortent tous. )

M. GAUCHER

Vous voyez comme ils sont soumis ei dévoués...

TONY

Oui, mais c'est terrible d'avoir tant de domestiques; on n'est plus sou maître. Il y a cinq ans... quand je suis arrivé à Nevs-Yorck... et que je vend;iis.des petits couteaux... j'étais bien plus beureuX;..

M. GAUCHER, f/'u« air d'intérêt.

Comment! il serait possible! un Iiomme comme monsieur aurait vendu des petits couieaiix?

TONY, a\^ec bonhomie.

Et puis des grands... des ciseaux, des rasoirs.

M. GAUCHER

Et peu à peu vous avez donné dans les entreprises ?

TONY

Oui, j'en envoyais dans tous les coins du monde.

Air : Ma belle est la belle des belles.

Dans mon commerc' rempli d'adresse , Sachant qu'elle en avait besoin J'ai fait des envois jusqu'en Grèce.

GAUCHER

Comment, des rasoirs aussi loin !

TONY

Ils iront plus loin, jel'parie...

J'espèr' bien qu'ils auront l'honneur D'aller un jour jusqu'en Turquie Faire la barbe au Grand-Seigneur.

A propos, vous êtes-vous informé d'une femme de chambre?

0 2 M. GAUCHER

J'ai ce qu'il faut h monsieur, une petite filJe très-modeste qui doit venir ce matin. Il est donc vrai que monsieur se marie?

TOKY.

Dame, ils disent tous que ça me distraira, mais je n'en crois rien... (^Mettant la main sur son cœur) Il y a là quelque chose pour une autre... qui ne s'en ira jamais...

M. GAUCHER

Un attachement?...

TOjvr.

Solide!...

M. GAUCHER

Une jeune personne...

TOKl.

Charmante.

M. GAUCHER

De l'esprit?

TONV.

El une grâce... Je la vois encore quand elle tricotait î...

M. GAUCHER

Ah! elle tricotait...

TONY

Comme une duchesse... elle avait été élevée avec imsoin!.. Malheureusement, je ne s.iis ce qu'elle est devenue... J'ai eu beau f.iire prendre des informations... Elle est peutêtre morte de cii igi iu !

M. GAUCHER

Ou mariée à un autre.

toky.

Ah! oui... il y a encore ça... c'est ben possible.

M. GAUCHER

Raison de plus pour que monsieur cherche à se consoler... A propos monsieur veiit-il voir le menu du dincM?

TONY

Ah ! ça m'est bien égal.

M. GAUCHER, SOUriuilt.

Vous serez content... J'ai mis la matelote normande en regard du jambon glacé... les suprêmes... un petit canard aux olives...

TOKY, frappe.

Hein? qn'esl-ce que votis dues?

M. GAUCHER

J'ai dit un petit canard aux olives! ^

TONY

Un petit canard !...

M. r,ATJCHEU.

Si VOUS en voulez uu gros?...

TO^y^ furieux.

Un gros canard \...(^Lui serrant la wam.) Monsieur Gaucher, je n^ai qu'un mot à vous dire... s'il eu paraît jamais sur ma table, je vous fais sauter par la fenêtre , l'un portant l'autre...

M. GAtJCHE?. , reculant.

Hein? p;ii' la fenêtre! (^HauL.) (^erlainenient... si j'avais su que monsieiir avait im dégoût et une antidote pour celte malheureuse volatile, je ne me serais pas permis. .c

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