LE GROOM
On nn banquier allemand.
Ta. GAUCHER , sour/ufît d'un c.ir avantageux.
Du tout, messieurs... je connais déjà son histoire el son extradition , comme \n m\e\\\)e... C'est tout uniment nn hou millionmire... père .et mère inconnus... Il y en a heoncoiip commf et la , qui est paiti d'Angleterre sans un sou j qui a {n\{ fort\ine dans les îltrs... au Canada... a Consîanlinople, quelque part par là, et à f[ni un riche négoci;inl de ce pay^-là , dont il eut le bonheur de sauver la vie, laissa touie sa fo:tt^ne, une fortune luiniense. T3u reste ce n'est pas un f^igle: des manières insolites... Je l'entends souvent extiavasevXix langue d'une manière... ca fait frémir... Mais s'il parle mal, d paye bien.
LABRICOLE.
Quand il sera coulé, à im autre... Malgré ça... je regreiterais mes gris pommelés...
M. GAUCHHF.
Chut... voici monsieur... Une tenue respeclueuse et àei f gures d honnêtes gens!... (//^ se rangent de coté.)
^cmE II.
Les Mêmes, TONY , ai^ec un commis qui porte des papiers. {Tony a conservé la même coiffure qu au premier acte, mais il est \fêtu à l'anglaise avec une élégance grotesque.)
TONY , a son commis.
C'est bon... j'irai signer tout ca... Faites acheier dix mille ducats.
le commis, en sortant.
Cela suffit, monsieur.
TOKY, à Gaucher.
Ah ! c'est vous , monsieur Gauclier.
M. GA.UCHER.
Oui. ..Monsieur... ce sont vos gens qui viennent vous tlemander vos ordres...
TONY
Là! encore... c'est ennuyeux... Qu'est-ce que v^ui; voulez que je leur ordonne, à ces gens I,. eh bien! voyons, qu'ils aillent déjeuner, ça sera toujours ça de 'fait.
M. GAUCHER
Vous allez èlre obéi h la minute ! {^éux domestiques ) A l'ofEce , messieurs ! . . . ( Ils sortent tous. )
M. GAUCHER
Vous voyez comme ils sont soumis ei dévoués...
TONY
Oui, mais c'est terrible d'avoir tant de domestiques; on n'est plus sou maître. Il y a cinq ans... quand je suis arrivé à Nevs-Yorck... et que je vend;iis.des petits couteaux... j'étais bien plus beureuX;..
M. GAUCHER, f/'u« air d'intérêt.
Comment! il serait possible! un Iiomme comme monsieur aurait vendu des petits couieaiix?
TONY, a\^ec bonhomie.
Et puis des grands... des ciseaux, des rasoirs.
M. GAUCHER
Et peu à peu vous avez donné dans les entreprises ?
TONY
Oui, j'en envoyais dans tous les coins du monde.
Air : Ma belle est la belle des belles.
Dans mon commerc' rempli d'adresse , Sachant qu'elle en avait besoin J'ai fait des envois jusqu'en Grèce.
GAUCHER
Comment, des rasoirs aussi loin !
TONY
Ils iront plus loin, jel'parie...
J'espèr' bien qu'ils auront l'honneur D'aller un jour jusqu'en Turquie Faire la barbe au Grand-Seigneur.
A propos, vous êtes-vous informé d'une femme de chambre?
0 2 M. GAUCHER
J'ai ce qu'il faut h monsieur, une petite filJe très-modeste qui doit venir ce matin. Il est donc vrai que monsieur se marie?
TOKY.
Dame, ils disent tous que ça me distraira, mais je n'en crois rien... (^Mettant la main sur son cœur) Il y a là quelque chose pour une autre... qui ne s'en ira jamais...
M. GAUCHER
Un attachement?...
TOjvr.
Solide!...
M. GAUCHER
Une jeune personne...
TOKl.
Charmante.
M. GAUCHER
De l'esprit?
TONV.
El une grâce... Je la vois encore quand elle tricotait î...
M. GAUCHER
Ah! elle tricotait...
TONY
Comme une duchesse... elle avait été élevée avec imsoin!.. Malheureusement, je ne s.iis ce qu'elle est devenue... J'ai eu beau f.iire prendre des informations... Elle est peutêtre morte de cii igi iu !
M. GAUCHER
Ou mariée à un autre.
toky.
Ah! oui... il y a encore ça... c'est ben possible.
M. GAUCHER
Raison de plus pour que monsieur cherche à se consoler... A propos monsieur veiit-il voir le menu du dincM?
TONY
Ah ! ça m'est bien égal.
M. GAUCHER, SOUriuilt.
Vous serez content... J'ai mis la matelote normande en regard du jambon glacé... les suprêmes... un petit canard aux olives...
TOKY, frappe.
Hein? qn'esl-ce que votis dues?
M. GAUCHER
J'ai dit un petit canard aux olives! ^
TONY
Un petit canard !...
M. r,ATJCHEU.
Si VOUS en voulez uu gros?...
TO^y^ furieux.
Un gros canard \...(^Lui serrant la wam.) Monsieur Gaucher, je n^ai qu'un mot à vous dire... s'il eu paraît jamais sur ma table, je vous fais sauter par la fenêtre , l'un portant l'autre...
M. GAtJCHE?. , reculant.
Hein? p;ii' la fenêtre! (^HauL.) (^erlainenient... si j'avais su que monsieiir avait im dégoût et une antidote pour celte malheureuse volatile, je ne me serais pas permis. .c