‹ La lune rousse: comédie en deux actesChapitre 40 sur 76 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

ALBERT, NORINE, entrant avec ua bouquet qu'elle cache sous

son tablier.

NORINE

Monsieur, voici un bouquet que le voisin vient de me remettre, en me recommandant mystérieusement de l'offrir de sa parc à M^" Francœur « et pas à un autre » , a-t-il ajouté en me glissant dans la main cette pièce de cinquante centimes. C'est pourquoi je m'empresse de vous l'apporter.

ALBERT

Le voisin est un ladre; la commission dont il t'a chargée

valait au moins cinq francs, — les voilà; donne-moi ce bouquet.

KO RI NE, lui doniunt le bouquet.

Je vais profiter de ce que je suis là pour allumer votre

feu. (Elle va ranger U cheminée.)

ALBERT, à part, considérant le bouquet.

Un bouquet à ma femme, après une première visite ? — Tattention est au moins prématurée. Ahl voilà: c'est qu'il a des tulipes et que je n'en ai pas ; — il a voulu m' humilier dans mon rôle de débutant-propriétaire. Patience ! on en aura aussi des tulipes ! — Il faut convenir que celles-ci sont magnifiques, celle du milieu surtout. Ces pétales panachés de pourpre et d'or, amoureusement recourbés sur cette coupe de feu dont le fond... tiens I qu'est-ce qu'il y a dans le fond de cette coupe? (n en retire

un petit papier roulé quUl lit.)

Il est un mot qu'avec mystère Je prononce quand je vous voî ; Ce mot charmant, je dois le taire ; Cette fleur le dira pour moi.

O génie du mirliton I tu fais donc encore des élèves! on n'est pas plus Demoustiers que cela ! — une déclaradon dans une fleur I mais, mon bonhomme, cela ne se fait plus, c'est du démodé, du rococo! — une comédie où ce truc serait employé tomberait infailliblement sous

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