‹ La lune rousse: comédie en deux actesChapitre 50 sur 76 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

de ne pouvoir m'en imposer au moins le semblant visà-vis d'Albert; mais du moins suis-je heureuse de constater qu'il y a large compensation pour lui dans les agréments qu'il trouve auprès de ma chère mère.

MADAME VERBESEC.

Que dis- tu là ? Ton mari est un homme charmant dont j'avais méconnu les qualités ; il n'est jamais trop tard pour revenir sur d'injustes préventions.

HÉLÈNE

Ma chère mère, en ejBFet, aurait tort d'en conserver contre lui. Les prévenances d'Albert pour ma chère mère ne laissent plus rien à désirer.

MADAME VERBESEC.

Veux-tu parler de cette chambre qu'il m'a cédée ^ Mais c'est de ton plein gré, souviens-t'en. Je crois même que ton désir détermina son consentement. J'avoue qu'il ne pouvait rien faire qui me fût plus agréable. Je me trouve ici dans un bien-être parfait, à portée des gens et des choses, ayant sous la main toutes les commodités possibles, et sous les yeux une étendue magnifique de paysage, dont la vue me tiendra lieu de promenade les jours où je ne pourrai sortir.

HÉLÈNE

Et l'arrangement du parterre, ne l'a-t-il pas subordonné complètement aux indications de ma chère mère ? « Faites au goût de madame, » a-t-il dit au père Simon.

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Je jurerais cependant qu'il tenait à ses dispositions premières.

MADAME V£RB£S£C.

Albert a compris que je lui évitais ainsi rhumiliation d' avouer plus tard qu'il n'entend rien aux choses de la campagne.

HÉLÈNE

Et la vue plongeante du voisin, qu'il voulait d'abord condamner ? t Supprimez^ a-t-il dit, tout ce qui la gênera. I — Si bien que le voisin peut à son aise maintenant épier tout ce qui se passe chez nous, et nous suivre dans les recoins les plus reculés du jardin,

Le voisin est un galant homme, et tu donnerais une opinion fâcheuse de ton jugement et de ton cœur, si tu n'appréciais comme il convient le mérite de ses connaissances variées, et le généreux abandon qu'il nous fait de toutes ses primeurs. — Et, tiens ! regarde ce magnifique bouquet d'anémones ; c'est encore une de ses attentions délicates de tout à l'heure. (EUe a quitté ses gants qu'elle j ette sur le canapé, et s'est approchée du bouquet pour le toucher.)

HÉLÈNE, "à part.

C'est étonnant comme ce bouquet ressemble à celui de ce malin ; qui donc l'a ramassé ?

MADAME VERBESEC.

Je suis fâchée, ma chère Hélène, de te voir en pareille disposition d'esprit, mais il faut que je te le dise une

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