SCENE XII
DUPISTIL, NORINE, accourant.
NORINE
Dites donc, voisin?,..
DUPISTIL, se retournant vivement.
Hein! — Ah! c'est toi, Norine?
NORINE
M. Albert sait-il que vous êtes ici?
DUPISTIL, vivement.
Mais non, mais non, que diable ! il ne faut même pas qu'il le sache.
NORINE
C'est que...
DUPISTIL) mettant la main à sa poche.
Je comprends, Norine, je comprends ; — voyons, sois gentille ; combien vaut ton silence ?
NORIKE.
Ma foi, vous débattrez le prix avec M. Albert; le voilà justement qui monte.
DUPISTIL.
Tais-toi donc ! c'est bête de plaisanter comme ça.
NORIN£.
Quand je vous dis qu'il monte- avec madame.
DUPISTIL.
Avec madame? Mais alors il n'est donc pas...
NORINE
Muet? non, car il parle assez haut. Dieu merci !
DUPISTIL.
Une dispute, n'est-ce pas ? des reproches ? de gros mots ?
NORINE
' Ce qu'il y a de sûr, c'est que votre nom est prononcé.
DUPISTIL, à part.
Ah ! misère ! il sait tout ! je suis perdu ! — Que
faire ? (Haut.) Norine, par pitié, sauve-moi ! (U se met derrière elle, et la pousse en avant.)
NORINE, se dégageant.
Êtes-vous fou ? est-ce que je suis bâtie à cacher une contrebande de votre taille ?