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CHAPITRE III

L'art du luthier en Allemagne aux xvi" et xvii^ siècles. — Le Tyrol. — Jacob Stainer. — Mathias Kloiz et ses successeurs. — Imitateurs de J. Staiiier : Riess à Bamberg, L. Witthalm à Nurnberg. — CIi. L. Bachmann à Berlin. — Ulrich Eberle à Prague. — Ernst et J. A. Otto, à Gotha. — Nomenclature générale des luthiers allemands, La lutherie en Belgique, dans les Flandres et dans les Pays-Bas. — Nomenclature générale des luthiers flamands et hollandais.

Jusqu'à ce jour, l'Italie est le seul pays dont les anciens instruments à archet ont eu de la vogue, et cependant l'Allemagne, la Belgique, les Flandres, la Hollande, l'Angleterre et la France tiennent aussi leur rang dans l'histoire de la lutherie.

En Allemagne, l'art du luthier prenait déjà place. vers la fin du xvi"^ siècle, parmi les métiers les plus répandus; ce ne fut, cependant, que vers la seconde moitié du xviT siècle que les ouvriers allemands commencèrent à se faire une réputation méritée.

ija LA LUTHERIE ALLEMANDE.

Le plus célèbre d'entre eux fut Jacob Staincr, qui, on peut l'affirmer, représente à lui seul la gloire de l'ancienne lutherie allemande. Mattias Klotz, le meilleur élève de Stainer, cherche à l'imiter de 1675 à 1696, mais l'industriel commence à prendre la place de l'artiste, et, à partir de cette époque, il y a une décadence complète dans la lutherie tyrolienne.

Les trois lils de Mattias Klotz, Georges, Sébastien et Egide, continuent les errements de leur père, et pratiquent une contrefaçon en règle, qui inonde le commerce de faux stainers : lutherie de pacotille, aux voûtes bombées, au vernis à l'alcool, devenu presque noir, sans aucune qualité de sonorité, et dont on rencontre encore de nombreux spécimens chez tous les marchands d'instruments de l'Europe, baptisés du nom de Stainer ou de Klotz.

Le Tyrol ne fut pas le seul pays à imiter Stainer, l'Allemagne proprement dite se lança aussi dans cette voie : Statellmann, à Vienne, au commencement du xv!!!*" siècle, Riess, à Bamberg, vers lyôo, Léopold Witthalm à Niirnberg en 1770, et quantité d'autres luthiers allemands d'un ordre inférieur, ne firent que des imitations, dans lesquelles ils mettaient plus ou moins naïvement la marque de Stainer. Heureusement pour l'art de la lutherie dans ce pays, d'autres hommes prirent pour base de leurs travaux des principes plus solides, et ce fut aux anciens Italiens qu'ils eurent recours pour arriver à une réforme nécessaire. Ch. L. Bachmann à Berlin, dans le courant du xviii" siècle, fut un des premiers à se distinguer dans cette réforme; ses violons et ses violoncelles sont encore recherchés

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