CHAPITRE m
qu'un connaisseur seul peut distinguer ses instruments de ceux du maître.
Le progrès qui s'était produit en Allemagne se fait également remarquer en Belgique et dans les Flandres. Comment en aurait-il pu être autrement dans ces contrées où la musique fut de tout temps en si grand honneur; où, dès le xi*^ siècle, les instrumentistes, les menestrucckn et les spcellieden^étQ.\ç.n\. de toutes fêtes, et où les splendeurs du culte religieux tiraient de la musique leurs plus saisissants eflets^?
^'ers la fin du xvi" siècle, lorsque les écoles de Crémone et de Brescia, sous la main des Amati, Gaspard da Salo et Maggini, avaient déjà produit de beaux instruments, nous rencontrons à Bruxelles un luthier de mérite dont on trouve encore des violons^ des altos et des basses :
BORBON (GaSPAR).
Puis vinrent dans la même ville :
Schnœck;
I. Recherches sur les facteurs de clavecins et les luthiers d'Anvers, depuis le xvi" siècle jusqu'au xix«, par le chevalier Léon de Burbure, membre de l'Académie. Publié dans l'extrait des Bulletins de l'Académie des sciences, lettres, etc., de Belgique, 32'^ année, 2"-" série, tome XV, p. 36i à SyS.
i6o LES LUTHIERS FLAMANDS ET HOLLANDAIS. ROTTENBROUCK.
Delanoy, vers 1760.
A Anvers :
PoRLON (Pierre). — 1647.
Verbenggen (Théodore). — 1641.
PoRLON (Jean et François). — 1680-1710.
Willems. — 1 730-1 760.
A Toiirnay :
Comble (Ambroise de). — De 1720 environ à 1750.
En Hollande :
Peeter Jacobs — Peeter Ro.mbouts — Lefebvre, luthier français établi à Amsterdam de 1720 environ à 1735.
Jean Kœuppers. — A La Haye, dans la seconde moitié du xviii^ siècle. — Tous bons luthiers dont on rencontre encore d'intéressants spécimens.
BoRBON (Gaspar). — Bruxelles, l'un des plus anciens luthiers de la Belgique, vers le commencement du xvii'' siècle. Style Gaspar da Salo :^/^ profondément ouvertes, posées perpendiculairement. Il existe encore de ce luthier des violons, des altos et des contrebasses.
Un alto de Gaspar Borbon appartenant à M. Amelot, de Bruxelles, figurait à l'Exposition internationale de Paris en 1878: vernis jaune, les ^^/^ dessinées très vigoureusement et ne manquant pas de caractère. Le patron général satisfaisant. Spécimen de lutherie très curieux.
BouMEESTER (Jean). — Amsterdam, première moitié du xviii*^ siècle :
Jan Boumeester inefecit in Amsterdam anr.o iG ^7
Grande étiquette imprimée en romain, relevée dans un violoncelle, bonne lutherie, grand patron, vernis jaune, tête sculptée.
Boussu. — A Eterbeeck-lès-Bruxelles, lySoà 1780. Style Amati. A^rnis jaune d'assez bonne apparence.
Comble (Ambroise de). Travaillait à l'ournay, vers le milieu du xv!!!*" siècle.
Un quatuor de De Comble, appartenant au prince de Caraman-Chimay, a figuré à l'Exposition internationale de Paris en 1878 :
i"* Deux violons, joli patron imitation de A. Stradivari, mais les coins moins élégants et les bords plus épais. Les filets minces comme des cheveux, bonnes voûtes, beau vernis rouge brun d'une bonne pâte.
2° Un alto, très belle apparence comme les précédents.
3" Un violoncelle. Vernis rouge brun, les voûtes beaucoup plus prononcées que chez les violons, les coins et les ,^^ bien dessinés.
Dans tous ces instruments les filets sont minces comme des cheveux. Étiquette manuscrite
fait d Tournay par^ Ambroise de Comble. Z75J.
Delanoix. — Contemporain de Boussu, lutherie bien faite.