‹ La Lutte contre la Mortalité Infantile à LyonChapitre 14 sur 17 · LES · texte numérisé non relu

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(70 °},), il y en a bien 1,400 victimes de la séparation maternelle !

Néanmoins,en omettant cette correction à peu près impossible à effectuer, nous trouvons que la mortalité infantile lyonnaise a oscillé. Pour la période 1865-1872, elle varie entre 12 ou 15 ‘7, et se maintient à peu près à ce même niveau jusque vers 1900. À partir de ce moment, nous possédons des chiffres précis dus au Bureau municipal d'hygiène (voir graphique 2). De 1900 à 1910,cette mortalité va présenter une allure décroissante, sauf deux crochets en 1904 et 1906, pour atteindre en 1910, le chiffre de 8,84 °/, soit à peu près ® *.. (Mortalité du Rhône 10%/,,:de Ta France 15/9)

Le graphique n°1, moins instructif, puisqu'il comporte des chiffres absolus sans tenir compte de la baisse des naissances, montre pour la même période une chute de 1115 à 700 décès.

Mais ce ne sont là, et nous tenons à le répéter, que des chiffres relatifs. Néanmoins, si dans notre graphique 2 nous supposons une erreur initiale en 1900, erreur même très grosse tenant à cette catégorie d'enfants mourant en nourrice, comme cette erreur est à peu de choses près la même en 1910, en faisant la correction notre courbe serait reportée plus haut, tout en conservant la même décroissance et nous pouvons arriver à cette conclusion encourageante que, depuis 10 ans, /a mortalité infantile lyonnaise est en baisse, passant de 14,5°/, à 9°/..

Signalons également une autre cause possible d'erreur : notre graphique porte sur un groupe de

ÈS

10 années où la température estivale a été faible. Un de nos camarades se propose de reprendre notre travail pour l’année 1911, qui fut particulièrement chaude, et de voir les résultats en face de ce redoutable ennemi qu'est la chaleur dans le domaine de la Puériculture.

5° Les Causes DE LA MORTALITÉ INFANTILE LYONNAISE. Si nous voulons maintenant pénétrer les causes qui, en 10 ans, ont fait perdre à Lyon 9000 nourrissons, soit une moyenne annuelle de 900 décès de nourissons de 0 à 1 an, nous voyons qu’on peut les catégoriser en trois grands groupes : la gastro-entérite (hygiène alimentaire défectueuse et surtout biberon), la débilité congénitale (surmenage maternel, hérédité syphilitique, tuberculeuse, alcoolique), et les maladies respiratoires.

Gastro-Entérite 38°/, En France, sur 100 Débilité Congénitale 18 c/

décès on trouve :

Organes respiratoires 15°/,

À Paris (Bertillon) respectivement 25°/., 21,9°/,, 49°/, Gastro-Entérite 27° A Lyon Débilité Congénitale 28 °/, (Bureau d'Hygiène) | Organes respiratoires 24,7°/. Causes inconnues 21°}

Et devant ces chiffres nous ne pouvons que répéter cette phrase de Monsieur Jarricot : « La plus grande partie des enfants qui meurent succombent par notre faute, et le nombre de ces infanticides par indifférence constitue à Lyon, comme dans les autres grandes villes, un scandale permanent ».

TD

Nous avons vu que,dans la lutte contre la mortalité infantile, on a pu obtenir à Lyon d’assez bons résultats, qui donnent à cette ville un rang honorable (Lyon 9°}, Paris 11°/,, Londres 14°7;, Berlin 17°,,) Estil logique d'établir un rapport de cause à effet entre ce succès et l'accroissement des œuvres de puériculture ? Nous le croyons fermement, car c’est au cours de ces dix dernières années qu'on a commencé à Lyon, comme en France, à sortir de la torpeur, à s’armer contre le fléau, et parallèlement, c’est au cours de ces mêmes années que la baisse de la mortalité infantile s’est installée graduellement. Cependant, il faut remarquer qu’au point de vue des individus, la diminution de la mortalité infantile semble conduire à une diminution de la natalité. Monsieur le Professeur Fabre estime, en effet, qu’un enfant sauvé en empêche un autre de naître, et qu’on pourrait soutenir, un peu paradoxalement du reste, que les Œuvres de Puériculture sont des agents de diminution de natalité.

Regrettons seulement que sur 8,000 enfants naissant chaque année à Lyon, dont 4,000 au moins auraient besoin de soins et d’une protection attentive (ce chiffre de 4,000 est le chiffre moyen des accouchements des Maternités lyonnaises), regrettons que seulement 3,000 environ d’entre eux aient bénéficié à des titres divers et le plus souvent d’une facon insuffisante des diverses œuvres qui se sont proposé de les sauver.

En h. 2

Regrettons également cet éparpillement des etforts, cet émiettement à l'infini des tentatives et des budgets, mais néanmoins encourageons toutes les bonnes volontés qui montrent à l'Etat la voie dans laquelle il doit s'engager.

Le jour où l'assistance obligatoire permettra à chaque femme d'envisager sans crainte le devoir sacré de la maternité, le jour où la loi Roussel élargie, revisée, étendra ses bienfaits sur tous les nourrissons, le jour où toutes les municipalités, à l’exemple de celle de Lyon, comprendront enfin quel noble rôle elles doivent jouer, il y aura déjà un grand progrès. Mais tous ces efforts seront encore stériles tant que la masse française sera imbue de préjugés et d'erreurs en ce qui concerne l'élevage de cette chose si précieuse qu'est l'enfant. C'est toute une éducation de la nation à faire, à créer de toutes pièces. Et si jamais ces idées pénètrent un jour chez les mères françaises, pour peu que l'Etat se tienne à hauteur du rôle qui lui est dévolu, nous pourrons en France, forts de notre passé, envisager sans crainte l’avenir.

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