‹ La Lutte contre la tuberculose en SuèdeChapitre 23 sur 78 · Le "Home" pour tuberculeux de l'usine à fer de Sandviken · texte numérisé non relu

Le "Home" pour tuberculeux de l'usine à fer de Sandviken

Cet établissement, situé dans le nord de la Suède, est destiné à soigner les ouvriers tuberculeux de l'usine à fer de Sandviken; il est en construction en ce moment-ci et sera terminé avant la fin de l'année. En premier lieu il recevra des tuberculeux dans un état avancé de la maladie — il sera donc un asile — pour empêcher qu'ils ne propagent la contagion, mais, s'il y a de la place, il soignera aussi des malades moins gravement atteints.

Cet asile, assis au bord du lac Storsjôn sur un talus façant le midi, est entouré d'une forêt de pins, qui le met à l'abri de tous les vents.

L'asile sera installé dans une maison en bois revêtu de plâtre; il sera éclairé à l'électricité et chauffé à la vapeur et à basse pression. L'eau sera fournie par un puits, d'où une pompe électrique l'élevera à un réservoir. La conduite d'écoulement sera munie d'un »septic tank».

L'asile, qui pourra recevoir 20 malades, comportera 8 chambres de malades à 2 lits, 4 à i lit, une chambre à désinfection et diverses chambres pour le personnel.

Les frais de construction sont calculés à 41,615 kr. (:= 57,800 francs), dont 28,000 kr. (= 38,889 francs) pour le bâtiment. Les inventaires coûteront 6,000 kr. (= 8,333 francs). Un calcul approximatif des dépenses d'entretien a donné la somme de 1 5,000 kr. (^ 20,833 francs).

Plusieurs autres sociétés industrielles ont décidé à élever des sanatoriums ou des » homes» pour leurs ouvriers tuberculeux et ces établissements seront une réalité dans un avenir pas trop éloigné.

Le traitement photothérapique du lupus vulgaire à l'Hôpital Sankt Gôran, Stockholm,

par

le Dr. Magnus Môller, Médecin en chef de l'Hôpital Sankt Gôran.

Ayant consacré mes loisirs pendant plusieurs années à l'étude physiologique et histologique de l'action de la lumière sur la peau ^ ayant vu, en outre, l'action curative merveilleuse de la lumière sur le lupus vulgaire, il était bien naturel que je désirasse vivement faire bénéficier les lupiques, en Suède, de cette méthode de traitement. Grâce à l'intérêt qu'y portaient également la direction de l'Hôpital Sankt Gôran, le Bureau Central de la Santé Publique et le Conseil Municipal, mon désir pouvait peu à peu se réaliser, et le 6 octobre 1902 le pavillon photothérapique de l'hôpital Sankt Gôran fut prêt à recevoir les malades.

Les locaux, dont pouvait disposer l'hôpital, étaient petits: une salle d'attente (14,5 mètres carrés) et une salle de traitement (34 m.), dans laquelle fut installée une lampe de Finsen de 50 à 70 Amp. et 50 à 65 Volts, avec 4 concentrateurs. L'hôpital poduisait lui-même l'électricité, grâce à 2 dynamos et un accumulateur. Le nombre des infirmières était de 4 au début, mais leur nombre dut ensuite, avec l'augmentation du nombre des malades, être porté à cinq.

Dès le début, on attacha une grande importance à ce que tous les appareils, ainsi que leur maniement, fussent identiquement les mêmes qu'à l'Institut Finsen de Copenhague. Quelques modifications de détails y furent faites seulement au fur et à mesure que notre propre expérience allait en grandissant.

^ Môller, Magnus: Der Einfluss des Lichtes auf die Haut im gesunden und krankhaften Zustande; Bibliotheca Medica, 1900.

Le traitement pliolotlKMapiciuc de I*"insrii, (jLi()i(|ue ciicf)re assez noux'cau, était connu un peu |)rul()ul, <^râce à ses bons résultats. Aussi les demandes d'admission affluaient-elles de différentes f)arties du j)ays, à condition que le traitement ne fût pas trop cher. La photothérajjic est pourtant très coûteuse. Cela est dû ii ce cpiune infirmière est occupée pendant toute la séance, soit cinci quarts d'heure, avec un seul malade. Elle doit d'abord, à l'aide des concentrateurs mobiles, bien diriger la lumière sur la partie cutanée à traiter. Il faut ensuite qu'avec une attention soutenue, elle tienne le verre à compression de la bonne manière. C'est le personnel d'iniirmières relativement grand, ainsi que le débit d'électricité important que nécessite la lampe, qui rendent le prix assez élevé \ Puisque l'hôpital Sankt Goran appartient à la ville de Stockholm, les indigents seuls de Stockholm pouvaient bénéficier d'un traitement gratuit. Les malades de la province devaient ou renoncer au traitement ou l'interrompre, puisque ni les communes ni la charité publique n'intervenaient". Le lupus est pourtant une maladie de pauvres. Il défigure les malades, les rend repoussants et les empêche de gagner leur vie en travaillant, même quand ils le pourraient.

Il s'agit donc ici d'une maladie très grave, considérée jusqu'ici comme incurable, contre laquelle nous possédons actuellement un traitement efficace, mais d'un prix trop élevé pour que les communes puissent (ou veuillent) le payer. Dans ces conditions, c'était l'Etat qui devait intervenir.

Un projet de loi fut donc déposé, en 1903, au Parlement, qui invitait le Gouvernement à l'étudier. Il résultait des renseignements pris que, pendant les 10 dernières années, 700 lupiques de la province, au moins, s'étaient adressés aux hôpitaux ou y avaient été soignés. Il en résultait de plus, que le lupus s'attaquait à 60 ou 70 personnes par an, approximativement. Pourtant, ces chiffres ne donnent certainement pas une idée exacte du nombre des malades. L'expérience faite en Danemark démontre en effet que nombre de ces malheureux sortent de leurs cachettes pour s'adresser aux médecins, seulement quand ils apprennent qu'un traitement efficace du lupus a été trouvé. En Dane-

^ Le Bureau Central a fixé les prix suivants : Les malades payants de Stockholm doivent paver 2,50 couronnes par séance pour les 40 premières séances, et 1,25 pour les suivantes. Les malades de la province pavent 3 c. les 40 premières séances et 1,50 les suivantes.

- La question pécuniaire s'arrangeait pourtant assez vite, grâce à la générosité de M. Cari Cervin, à qui les malades et moi nous adressons ici nos vifs remerciements.

mark on évalue le nombre de lupiques à 2,ooo sur un nombre d'habitants de 2 millions et demi.

En 1904 le Gouvernement proposa et le Parlement vota une dépense au budget de 7,000 couronnes pour faire face aux frais de traitement par la photothérapie des lupiques indigents de la province, à la condition que les frais de voyage, aller et rétour, ainsi que l'entretien des malades dans la ville où se donne le traitement, fussent payés, soit par les Conseils Généraux, soit par les Communes ou autrement. (Pendant leur séjour à Stockholm, les malades pouvaient loger soit dans la »Maison des lupiques» (i c. 75 par jour) soit à l'Hôpital Sankt Goran (i c. 50 par jour).

Il existait donc dès ce moment, aussi bien un Institut photothérapique du lupus que les conditions économiques nécessaires pour que les malades pussent en profiter.

Actuellement, en mars 1905, le nombre des malades traités pour lupus vulgaire atteint 121. Parmi eux, 40 étaient de Stockholm et 81 de différentes parties de la province. Ils ont été admis au fur et à mesure de leur inscription, sans qu'on ait tenu compte de la gravité de leur maladie.

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