‹ La Lutte contre la tuberculose en SuèdeChapitre 27 sur 78 · Traitement antérieur nul · texte numérisé non relu

Traitement antérieur nul

Le lupus étant une maladie de la peau d'origine microbienne, la guérison définitive ne peut avoir lieu qu'après stérilisation complète des tissus infiltrés. Les foyers primitifs, les nodules lupiques au début, ne deviennent visibles à l'oeil nu qu'après avoir atteint une certaine grandeur. C'est pourquoi on ne peut jamais être sûr que la peau en apparence saine, qui entoure les parties visiblement infiltrées, l'est aussi en realité ^

^ Après avoir fait une injection de »alt»-tuberculine de Koch, on voit apparaître une zone de réaction plus ou moins large dans la peau en apparence saine qui entoure les fovers lupiques. A l'examen microscopique on trouve, dans cette zone-limite, des foyers tuberculeux typiques, invisibles macroscopiquement. (Klingmûller, Arcli. f. Demi. u. Syph. 1902, Bd. 60). Il est vrai que NoBL (Arch. i. Demi. u. Syph. 1904,

Il s'en suit, à priori, que les vieilles méthodes destructives, le curettage, les cautérisations au thermo- ou galvanocautère et aussi, quoique à un moindre degré, l'excision, n'ont que peu de chance de mener à une guérison définitive, puisqu'on ne détruit qu'une partie des tissus infiltrés. Le processus lupique progresse des parties non atteintes par ces procédés de traitement, parceque non encore macroscopiquement malades, jusqu'à ce qu'il devienne visible à l'oeil nu, c'est à dire jusqu'à la récidive, au sens clinique du mot. A ceci il faut ajouter que les méthodes chirurgicales mentionnées ci-dessus, en même temps qu'elles ne font disparaître qu'incomplètement les parties malades, détruisent aussi une partie plus ou moins grande de tissti sain, c'est à dire ajoutent encore à la perte de substance provoquée par la maladie. Les cicatrices en deviennent inutilement grandes et, pis encore, inégales et laides, surtout après le curettage et la thermocautérisation. Il se produit des tramées de tissu fibreux hyperplastiques et irrégulières, qui couvrent et entourent les infiltrations lupiques qui restent, d'où il résulte que celles-ci deviennent de plus en plus inaccessibles au traitement à chaque nouvelle intervention de ce genre. Quand un malade traité de cette façon va être soumis au traitement photothérapique, celui-ci en est rendu plus difficile à mesure que les tissus scléreux et inégaux mettent obstacle à la pénétration des rayons actifs.

La radiothérapie possède avec la photothérapie l'avantage commun de ne pas porter son action seulement sur les infiltrations lupiques macroscopiquement visibles, mais aussi sur les tissus environnants, et encore de n'être pas douloureuse, tant que les réactions peuvent être modérées. Mais la radiothérapie, contrairement à ce qui a lieu avec la photothérapie, ne semble pas avoir une action sur la cause même de la maladie. De nombreuses expériences de laboratoire nsemblent en effet avoir démontré que les rayons de R'ôntgen ne sont pas bactéricides; et la clinique confirme cette manière de voir en ceci, que les nodules lupiques résistent opiniâtrement à la radiothérapie. Un de nos malades (N:o 2), atteint de quelques rares nodules lupiques sur la joue, la lèvre supérieure et sur le nez, avait, été soumis dans l'espace de 2 ans V,, à 250 séances de radiothérapie, sans amélioration, plutôt le contraire ^

Bd. 73) détend l'opinion contraire en disant que la limite microscopique coïncide avec la limite macroscopique. C'est donc une inconséquence, quand Nobl, malgré cela, conseille de suivre la vieille règle pour l'excision des foyers lupiques, soit de faire l'incision de V^ à i cm. en dehors de la limite macroscopique.

' Voir Sjôgren et Sederholm, Beitrag zur ther. Verwert. der Rôntgenstrahlen.

La r.'uliolhcrapic, en effet, fn-id faire /ùi mal. conliaireinent a ce (|ui a lien avec la photothérapie. Il est arrivé (|ue les réactions ont |)ris la forme d'une inllanimation chroni(jiie avec nécrose des tissus, dont la <^uérison était extrêmement lente. Ainsi, chez un de nos malades (X:(; 34) la peau du nez et des parties environnantes des joues s'était necrotisée. Quand, enfin, la cicatrisation, ai)rès plusieurs mois, commençait à se montrer, il se produisit une rétraction des tissus particulièrement défigurante. Il semble pourtant qu'avec le perfectionnement de la technique radiothérapique il soit possible de mieux éviter ces malheurs. Dans certains cas de lupus ulcéreux étendu, le traitement par les rayons de Rontgen peut utilement servir pour préparer le terrain à la photothérapie, en produisant une guérison des ulcérations relativement rapide. Mais, une fois ce résultat obtenu, les nodules lupiques enclavés dans les tissus de cicatrisation résistent opiniâtrement au traitement par les rayons de Rontgen continué longtemps, comme nous l'avons déjà dit. Si la photothérapie intervient alors en temps opportun, la guérison de ces cas graves devient aussi rapide que possible.

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