‹ La Lutte contre la tuberculose en SuèdeChapitre 49 sur 78 · Vs · texte numérisé non relu

Vs

'74- . 39,2 'Vs 39,1

^Vr. 38,7^ V„ 38.7"

Un gonflement du volume d'un poing se manifesta assez vite au lieu d'injection, le ganglion cervical inférieur du même côté était agrandi. Le veau fut abattu le ''/g 1904, soit 165 jours après l'injection.

Autopsie.

Au lieu d'injection une tumeur fluctuante du volume d'un oeuf de poule et contenant un liquide épais de couleur jaune vert.

Le ganglion cervical inférieur correspondant, qui était gonflé et noueux, contenait 7 — 8 foyers tuberculeux, en partie calcifiés, dont 2 étaient du volume d'une noisette, les autres un peu plus petits.

Dans l'autre ganglion cervical inférieur rien.

Dans les ganglions lymphatiques sous-maxillaires, rétro-pharyngiens et sous-parotidiens rien.

Dans les ganglions médiastins et bronchiques quelques petits foyers tuberculeux du volume d'une tête d'épingle.

Sur la séreuse du poumon droit une grande tumeur bosselée et aplatie de couleur blanche et d'un diamètre de 1,5 cm., et quelques autres tumeurs plus petites, qui étaient au toucher comme de petits grains de sable. Dans le même poumon quelques peu nombreux foyers tuberculeux du volume d'un grain de chanvre.

Sur le feuillet pariétal de la plèvre de la tuberculose séreuse en forme de quelques petites granulations flasques et rouges.

Dans le foie, les ganglions portaux, la rate, les ganglions mésentériques et les reins — rien.

La culture B^ a été ingérée par un veau (n:o 28); et un lapin en a été injecté, (voir ci-dessous).

Culture B4

provient d'un ganglion lymphatique d'un veau nouveau-né ou qui avait quelques jours — par conséquent il s'agissait ici de tuberculose congénitale. Le ^®/ii 1903, inoculation à des cobayes, le *^/i2 ensemencement de la génération i. Le ^^/s 1904, inoculation sous-cutanée d'une culture (génération 3) de 31 jours à un veau (n:o 24) âgé de 213 jours. La température du veau était après l'injection:

IÇ04.

^Vb 40,1° '\U 40°

^Vs ■ . . 38,7 ^v,. -

^Vs 39,3 'V. 39,8

^Vs 39,^ '% . 40,3

^Vs 39,9 ''U 39,6

Gonflement du lieu d'injection du volume de deux poings, suppuration insignifiante du lieu d'injection pendant les derniers 15 jours.

Le veau fut .'ibattii le '/.-, 1904, sf)it 47 jours après l'injection et était alors clans un état mourant.

Autopsie.

Au lieu d'injection un gonflement long de 10 cm., large de 6 cm. et gros de 4 cm.; au centre de ce gonflement une cavité remplie d'un pus desséché et tout autour plusieurs foyers du volume d'un grain de chanvre à celui d'un pois ou d'une noisette et contenant une matière caséeuse, en partie calcaire; le ganglion cervical inférieur du même côté (6x4x3 cm.) contenait des noyaux caséeux du volume d'une noix. Le ganglion de l'autre côté était un peu agrandi avec plusieurs foyers tuberculeux du volume d'un grain de chanvre.

Des foyers tuberculeux dans les ganglions lymphatiques sousmaxillaires, parotidiens gauches, cervicaux (supérieurs, médians et inférieurs), axillaires, dans un ganglion sternal, dans tous les ganglions médiastins et bronchiques, dans la plupart des ganglions mésentériques ainsi que dans le ganglion portai. Dans les poumons d'innombrables foyers miliaires, le plus visiblement dans le poumon droit; dans la rate une centaine de foyers miliaires; dans le foie 2 foyers, dans les reins aucun.

La culture B a été ingérée par un veau (n:o 28), et un lapin en a été injecté (voir ci-dessous).

Culture B5

provient de la mamelle tuberculeuse d'une vache; le 'V's 1903, inoculation à un cobaye, de ce cobaye à un autre le ^^/g et du second au troisième le ^'/n; ensemencement de la génération i le ^Vi2; le '"/'4 1904, inoculation sous-cutanée de la génération 4 de 18 jours à un veau âgé de 206 jours. La température du veau après l'injection:

IÇ04.

^V. . 40,1 'Vr. 39,9

Vs 40,4 'Vs 39,9

Vr, 40,7 'V5 39,2

Vs 40,5 ^Va 39,5

Vs 40,3 'Vs . 39,7

Après quelques jours, au lieu d'injection un gonflement du volume d'un poing, qui restait presque inaltéré tout le temps; de là une petite suppuration pendant les 10 à 12 derniers jours.

Le veau, qui maigrissait beaucoup, fut abattu à cause de la suppuration au lieu d'injection le '^/s 1904, soit 117 jours après l'injection.

Autopsie.

Le lieu d'injection gonflé, long de 9 cm., large de 5 cm. et gros de 4 cm.; à la surface du gonflement, sous la peau, une quantité de petits foyers tuberculeux, en partie calcifiés. Sur la coupe un grand foyer contenant du pus épaissi et dans la circonférence quelques foyers plus petits. Le ganglion cervical inférieur du même côté était 10 x 6 x 3 cm.; sur la coupe quelques grands foyers nécrosés. Le ganglion de l'autre côté (7x3x1 cm.) contenait quelques foyers du volume d'un pois et en partie calcifiés. Dans les ganglions lymphatiques sous-maxillaires, rétro-pharyngiens et sous-parotidiens quelques petits foyers tuberculeux isolés. Tous les ganglions médiastins fortement tuberculeux, en partie calcifiés, à part un des ganglions médians qui était parfaitement

indemne de tuberculose. Les j^anglions bronchiques étaient tuberculeux et calcifics. Dans les poumons une jurande c|uantitc de foyers tuberculeux assez durs, la plupart calcifiés. Dans le péricarde autour de l'entrée de la veine cave et autour de l'aorte un ^rand nombre de ffjnnations de tissu conjonctif de consistance peu solide et de couleur gris rougeâtre- Dans tous les ganglions lymphatiques mésentériques quelques petits foyers tuberculeux, en partie calcifiés; de même dans le ganglion portai. A la surface du foie une dizaine de formations tuberculeuses de tissu conjonctif. Les deux ganglions lymphatiques des reins contenaient quelques noyaux tuberculeux et calcifiés; les reins étaient indemnes. Dans la rate une cinquantaine de foyers calcifiés du volume d'un grain de chanvre et sur la membrane séreuse quelques formations semblables à du tissu conjonctif. Les ganglions iliaques et inguinaux étaient tuberculeux, de même que les ganglions sternaux antérieurs. Sur le diaphragme un grand nombre de formations tuberculeuses, ressemblant à des perles; sur la plèvre costale des formations tuberculeuses et flasques, semblables à du tissu conjonctif. Dans les ganglions lombaires pas de tuberculose.

La culture B a été ingérée par un veau (n:o 30); [voir ci-dessous].

Culture Bg

provient d'un ganglion lymphatique d'une mamelle tuberculeuse; ensemencée directement sans passage à des cobayes le '^'^ I2 1904; le ^^, .5, inoculation sous-cutanée d'une culture (génération 2) de 47 jours à un veau (n:o 26).

La température du veau était après l'injection:

^Vo 38,7° Ve 39°

'V5 40 Vo 38,9

"A 40,1 Ve 38,4

'V5 • • • • 40,1 Ve 38,3

'V.. 39,2 Vb 38,6

^V. 39,x Ve 38,5

Plus tard la température toujours normale.

Au lieu d'injection se formait peu à peu un gonflement du volume d'un oeuf de poule. Le veau paraissait toujours en bonne santé et

avait un embonpoint normal; il fut abattu le ^Iw 1904, soit 163 jours après l'injection.

Autopsie.

Au lieu d'injection un gonflement du volume d'un oeuf de pigeon lequel en se prolongeant en bas formait une fistule, longue de 25 cm. large de 2,5 cm.; cette fistule qui avait une paroi épaisse et calleuse, renfermait quelques foyers tuberculeux et calcifiés; le canal de la fistule contenait une matière féculente de couleur jaune et ressemblant à du pus. Le ganglion cervical inférieur du même côté (7,5 x 2,5 x i cm.) contenait 2 foyers tuberculeux calcifiés du volume d'un pois. Le ganglion de l'autre côté (4,5 x 2 x i cm.) paraissait normal. Dans un des ganglions médiastins médians il y avait 2 foyers tuberculeux calcifiés, du volume d'une tête d'épingle. Dans le ganglion bronchique des foyers du même volume et de la même nature. Sur le feuillet intérieur du péricarde à l'endroit où il se replie près des grands vaisseaux il y avait quelques petites formations granuleuses de couleur rouge. Dans le foie 2 petits foyers miliaires. Dans la rate quelques foyers tuberculeux calcifiés du volume d'une tête d'épingle; un foyer pareil dans le ganglion lymphatique correspondant. Dans les autres organes pas d'altérations tuberculeuses.

B. Expériences d'ingestion avec de la tuberculose bovine.

La culture B était ingérée pendant deux mois par le veau n:o 27. Le 10 avril 1904, lorsque le veau était âgé de 215 jours, il reçut pour la première fois dans du lait stérilisé environ 6 cm.^ de la membrane de culture qui était peu broyée. Il recevait ensuite environ la même quantité tous les jours, les dimanches exceptés, jusqu'au 9 juin. Le veau maigrissait visiblement et fut abattu le 28 juin, 79 jours après le commencement de l'ingestion.

Autopsie. De la tuberculose dans les ganglions lymphatiques sousparotidiens, sous-maxillaires et rétro-pharyngiens, qui étaient du volume d'un oeuf de poule; les amygdales étaient tuberculeuses et du volume d'une noix.

Les ganglions cervicaux supérieurs formaient un paquet de plusieurs nodosités tuberculeuses, du volume d'une noisette. Les cervicaux médians et inférieurs étaient mdemnes. Des ganglions médiastins antérieurs un était un peu atteint, les autres indemnes; les ganglions médians et postérieurs contenaient des foyers tuberculeux.

Des ganj^lions bi'()iichi(|iics un était du volume d'un (jeiifde ])i^(:oii, l'autre était tout petit avec un foyer insignifiant. Le ganglion ])oital, du xolume d'une datte, était tuberculeux. Les ganglions niésentéri(jues très grossis, étaient fortement tuberculeux. Plusieurs ulcères tuberculeux dans l'intestin grêle; dans l'iléon une plaie de la longueur d'un demi mètre et avec des bords rehaussés. Les follicules solitaires du Cf)lon et du cjTjcum agrandis et tuberculeux. De la tuberculo.se miliaire dans les poumons; pas de tuberculose dans le larynx.

La culture B était ingérée par le veau n:o 28 (âge de 219 jours au commencement de l'ingestion) journellement pendant 2 mois à partir du 10 avril; il recevait erviron 6 cm.^ de la membrane de culture. Le veau commençait à maigrir et à dépérir vers la fin de mai et mourut le ^^/e, soit 64 jours après le commencement de l'ingestion.

Autopsie. De la tuberculose dans les ganglions lymphatiques sousmaxillaires et rétro-pharyngiens, qui étaient fort agrandis, ainsi que dans le ganglion sous-parotidien gauche; tout le long du cou une quantité de petits ganglions lymphatiques tuberculeux; des tubercules fort développés dans les ganglions médiastins et bronchiques; les ganglions mésentériques très tuberculeux et agrandis, formant un calus épais et presque cohérent, d'une épaisseur de 6 à 10 cm.; plusieurs plaies longues dans l'iléon, entourées de bords bosselés; quelques petits foyers tuberculeux dans le colon et le coecum; de la tuberculose miliaire dans tous les lobes des poumons. Une grande plaie tuberculeuse au côté gauche du larynx.

Pas de tuberculose dans les ganglions lymphatiques sternaux, cervicaux, axillaires, lombaires et poplités.

La culture B ^ était ingérée par le veau n:o 29 pendant deux mois à partir du 10 avril à l'instar des veaux 27 et 28. Ce veau (n:o 29) paraissait toujours se porter bien et son embonpoint était normal. Il fut abattu le ^/n, soit 208 jours après le commencement de l'ingestion.

Autopsie. Un foyer tuberculeux du volume d'un pois dans l'un des ganglions lymphatiques sous-maxillaires, des foyers un peu plus grands dans les deux ganglions rétropharyngiens; des foyers du volume d'un pois dans les ganglions médiastins antérieurs et médians, du volume d'une noix dans le ganglion bronchique. Des formations tuberculeuses d'une consistance flasque et ressemblant à des granulations

sur la plèvre pariétale et viscérale ainsi que sur le péricarde là où il se replie. Dans les poumons quelques < foyers tuberculeux miliaires. Des formations tuberculeuses sur le péritoine, l'épiploon, les estomacs, le foie et surtout sur la rate. Tous les ganglions mésentériques contenaient de grands foyers tuberculeux et caséifiés. Rien dans la muqueuse de l'intestin. Comme cette culture était plus serrée et plus cohérente que les autres employées à l'ingestion, sa pulvérisation par broiement ou par secoussement était plus difficile, quelle ne l'était pour les autres cultures.

La culture B ^ était ingérée par le veau n:o 30 pendant 2 mois à partir du 10 avril 1904 et de la même manière que les veaux 27, 28 et 29. Le veau qui au commencement de l'ingestion était âgé de 199 jours, mourut le ^^/e 1904, soit 'jÇy jours après le début de l'ingestion. Autopsie (faite le 27 juin). Peu de tuberculose dans les ganglions lymphatiques sous-maxillaires; les rétro-pharyngiens étaient du volume d'un oeuf de poule avec 3 à 4 foyers tuberculeux; les cervicaux supérieurs et médians étaient tuberculeux, les cervicaux inférieurs indemnes. Les ganglions médiastins antérieurs, médians et postérieurs étaient peu tuberculeux; les bronchiques agrandis, un peu tuberculeux. Les mésentériques très grands, tout à fait caséifiés. De longues plaies nécrosées dans l'iléon; la muqueuse de la première portion du colon était comme une seule masse nécrosée, déchiquetée et qui faillait tomber en pièces; pas de formations tuberculeuses visibles à l'alentour; des foyers tuberculeux dans le cœcum et le rectum; de la tuberculose miliaire dans les poumons; quelques petits ulcères tuberculeux dans la muqueuse du premier anneau de la trachée sous le larynx. .

C. Injections sous-cutanées de tuberculose bovine à des lapins.

Le 29 mars, inoculation sous-cutanée de 0,01 gm. de la culture B^ à un lapin. Le lapin mourut le '^^/s après 56 jours et manifestait une infiltration tuberculeuse au lieu d'injection, de la tuberculose miliaire dans les poumons, de nombreux foyers tuberculeux dans la rate; les autres organes indemnes.

Le 29 mars, inoculation sous-cutanée de 0,01 gm. de la culture B à un lapin. Le lapin mourut le ^"/ô, 42 jours après l'injection et manifestait de la tuberculose au Ueu d'injection et dans un ganglion lym-

phatique du côté correspondant; dans les poumons de la tuberculose miliaire avancée avec des foyers confluents, ([uelfjues foyers iniliaires dans les reins; dans le foie un foyer du volume d'un j:(rain; rien dans la rate ni dans les autres organes.

Le '^/s 1904, inoculation sous-cutanée de 0,01 gm. de /a culture B à un lapin. Le ^^U le lapin, qui était dans un état mourant, fut tué et manifestait de la tuberculose au lieu d'injection, de la tuberculose miliaire avancée et développée dans les poumons, 3 petits foyers tuberculeux dans les reins; les autres organes indemnes.

Le ^'°lh 1904, inoculation sous-cutanée de 0,01 gm. de la culture B à un lapin. Le lapin mourut le ^'/lo, soit 142 jours après l'injection et manifestait de la tuberculose au lieu d'injection en forme d'une tablette un peu flasque et de couleur blanc jaunâtre dans le tissu subjonctif. Les poumons étaient très atteints avec des foyers confluents de couleur jaune; des formations tuberculeuses sur la plèvre. La rate petite sans trace de tuberculose. Dans le foie quelques petits foyers tuberculeux; dans les reins un grand nombre de petits tubercules et en outre dans le rein droit un foyer tuberculeux, du volume d'une fève. Dans une anfractuosité de l'intestin, dans le caecum, près de la valve Bauhini une quantité de foyers tuberculeux, du volume d'une tête d'épingle; en outre ça et là dans l'intestin des tubercules du volume d'un grain.

Comme il ressort de ce qui précède nous avons employé 20 veaux pour nos expériences avec de la tuberculose humaine; de ces vingt veaux 6 ont ingéré des crachats tuberculeux et 14 ont été injectés sous la peau de respectivement 14 différentes cultures pures provenant de tuberculose humaine. Chez aucun de ces veaux la tuberculose ne s'est manifestée dans les organes intérieurs. Chez deux, qui ont été injectés sous la peau, quelques foyers tuberculeux insignifiants se sont manifestés dans le ganglion cervical inférieur du côté du cou où s'est pratiquée l'injection. L'altération locale qui paraissait au lieu de l'injection souscutanée se montrait, lorsque les veaux étaient abattus après 149 à 205 jours, visiblement en retour ou complètement guérie. Dans aucun cas il n'y avait signe d'une infection tuberculeuse progressive.

Pour nos expériences avec de la tuberculose bovine nous avons employé 10 veaux, dont 6 ont été injectés sous la peau de respective-

ment 6 cultures pures de provenance bovine, 4 ont ingéré pendant 2 mois 4 de ces six cultures, savoir: B^, B^, B^ et B^. Le résultat de l'infection a été tout autre chez ces 10 veaux que chez les 20, infectés de tuberculose humaine. Tous les 10 avaient de la tuberculose dans les organes intérieurs, quelques-uns à un si haut degré qu'on voit rarement une tuberculose si intense chez des animaux infectés spontanément. Les altérations étaient insignifiantes chez le veau n:o 26, injecté sous la peau de la culture B ; chez ce veau la tuberculose ne s'était répandue que très peu pendant un si long délai que 163 jours.

Le veau n:o 29, qui avait ingéré la culture B , se montrait tuberculeux 208 jours après le commencement de l'ingestion, mais à un moindre degré que les autres 3 veaux, qui étaient morts ou ont été tués, resp. 64, ']6 et 79 jours après le commencement de l'ingestion. Ce résultat est d'autant plus remarquable que la même culture B^, injectée sous la peau du veau n:o 24 a provoqué la mort en si peu de temps que 47 jours. [Le veau fut abattu dans un état mourant].

Si l'on compare le résultat de l'injection avec celui de l'ingestion des cultures B , B et B on trouve que l'ingestion (pratiquée journellement pendant 2 mois) a provoqué la mort plus vite que l'injection sous-cutanée (faite une fois), tandis que la culture B^ montre un résultat inverse.

Il est possible que la circonstance que la culture B^ ne se pulvérisait pas aussi facilement que les autres cultures ingérées ait empêché l'adhésion des bacilles tuberculeux à la muqueuse en assez grand nombre et que par là elle ait provoqué une tuberculose moins intense et plus tardive à se développer.

Il faut donner une autre explication au fait que le veau n:o 26 manifestait à l'autopsie, qui eut lieu 163 jours après l'injection sous-cutanée, des altérations tuberculeuses si insignifiantes. Ce veau fut injecté sous la peau de la culture B dans la même dose et de la même manière que les autres veaux traités d'injections sous-cutanées. La seule différence était que cette culture avait été ensemencée directement sans passage préalable à un cobaye, circonstance qui n'aurait pas dû à ce que nous savons, affaiblir sa virulence. Ici il faut admettre que les bacilles tuberculeux étaient dès le commencement moins virulents que les autres cultures d'origine bovine. Cette culture se montrait aussi moins virulent pour des lapins que les autres.

En outre, nous avons aussi expérimente avec des la()ins. Des 14 cultures pures de bacilles tuberculeux d'origine humaine, qui furent injectées sous la peau de lajiins différents, deux seules H et H se montraient pouvoir provoquer chez ces animaux des altérations tuberculeu.ses de quelque importance. Dans tous les autres cas le résultat de l'infection fut absolument négatif. Les cultures pures de bacilles tuberculeux d'origine bovine au contraire avaient une beaucouj) plus grande énergie sur des lapins. 4 lapins inoculés sous la peau de resp. 4 cultures provenant de la maladie perlée moururent .spontanément après 42 à 142 jours et manifestaient à l'autopsie des altérations tuberculeuses considérables dans les organes intérieurs, particulièrement dans les poumons.

Quant à la question principale, si les bacilles tuberculeux d'origine humaine ont une autre action sur des veaux (par inoculation sous-cutanée ou par ingestion) que les bacilles tuberculeux de provenance bovine, nous croyons devoir y répondre qu'une différence très considérable existe entre eux. Des 20 veaux inoculés de bacilles tuberculeux d'origine humaine pas un seul ne s'est montré tuberculeux, tandis que tous les 10 veaux inoculés de bacilles provenant de la maladie perlée ont été atteints de tuberculose, la plupart même d'vme tuberculose avancée.

Tuberculose mammaire.

Par

JOSEF SVENSSON.

Professeur à l'Institut Vétérinaire de Stockholm.

En Suède il n'y a pas d'article de loi sur la tuberculose chez les animaux domestiques, sauf pour les cas où l'on procède à un examen par la tuberculine, et depuis la fin de l'année 1897 pour ceux concernant la tuberculose mammaire des bovidés.

Ce décret ordonne que, si le vétérinaire constate de la tuberculose dans la mamelle des bovidés, Tanimal affecté doit être abattu, évaluation faite, et qu'une indemnité équivalente à la valeur de l'animal abattu doit être accordée au propriétaire, déduction faite des parties de l'animal qui peuvent être utilisées.

Cependant il se montra bientôt que le nombre de vaches qui furent abattues comme affectées de tuberculose mammaire, était bien restreint, et cela probablement puisque l'indemnité accordée était trop petite et que les formalités à remplir pour l'évaluation etc. étaient trop importunes, mais avant tout puisque la publicité donnée à chaque cas déclaré rebutait le vétérinaire et surtout le propriétaire.

En 1903 le décret concernant la tuberculose mammaire des bovidés fut modifié ainsi, qu'une indemnité équivalente à la valeur totale de l'animal est accordée au propriétaire, si aucune partie n'en peut servir à la consommation; dans le cas opposé l'indemnité est d'un quart de la valeur de l'animal et en outre de 3 quarts de la valeur des parties qui sont déclarées impropres à la consommation.

Les règlements relatifs à l'évaluation et à l'abatage des animaux furent aussi simplifiés pour les rendre moins gênants au propriétaire et au vétérinaire.

Vm iiicinc temps que les journaux semblent avoir compris qu'ils ct)ntrecarraient l'utilité visée par tous ces prcKédés en insérant des notes sur les cas déclarés de tuberculose mammaire des bovidés, les propriétaires de leur côté ont commencé à le trouver compatible avec leur avantage de concourir à l'élimination des animaux atteints par ladite lésion.

Le décret de 1903 prescrit que le diagnostic de la tuberculose de la mamelle doit se faire à l'Institut Vétérinaire de Stockholm sur des échantillons de lait ou de tissu glandulaire provenant de la partie de la mamelle qui est suspecte comme affectée de maladie tuberculeuse.

Même avant l'existence de ce décret les vétérinaires envoyaient les échantillons à l'Institut Vétérinaire, pour qu'on y établît le diagnostic. Comme il ressort du tableau ci-après, le nombre des échantillons examinés a augmenté considérablement depuis l'année 1903.

Tableau

des cas examinés pendant les années 1898 — 1905.

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Pendant les six premiers mois de cette année le nombre de cas examinés est de 230, ce qui montre une augmentation toujours croissante.

Le nombre de cas examinés à l'Institut peut sembler assez petit, vu qu'en Suède il y a environ 1^/4 millions de vaches laitières, mais ce nombre restreint s'explique, si l'on considère que le dernier décret sur la tuberculose mammaire chez les vaches n'est en vigueur que depuis peu de temps.

A mon avis ce phénomène peut aussi en quelque mesure trouver son explication par le fait que la tuberculose mammaire, bien qu'existant chez les vaches en Suède plus souvent que ne le démontrent les tableaux, n'y apparaît pourtant pas très fréquemment.

Comme règle générale on peut dire que la tuberculose n'envahit presque jamais les mamelles, si elle n'a pas déjà envahi tous les autres organes, ou au moins quelques-uns d'eux simultanément.

Le grand nombre d'ouvrages instructifs qui pendant les dix dernières années ont été publiés en Suède sur la tuberculose chez les bovidés, ont contribué à diriger l'attention des propriétaires sur ce mal, et ils éliminent maintenant plus tôt qu'ils ne le faisaient auparavant des animaux vieux ou malades. Une chose qui exerce une influence favorable sur l'état sanitaire général des animaux, par où la tuberculose peut être confinée aux ganglions lymphatiques, c'est qu'en Suède la grande majorité des propriétés peuvent offrir des pâturages, non seulement au jeune bétail, mais aussi aux vaches laitières. Une généralisation de la lésion à tous les organes, comportant aussi les mamelles, sera donc plus rare en Suède que dans d'autres pays, où les animaux sont toujours forcés à rester enfermés dans les étables.

Le diagnostic de la tuberculose mamrnaire se fait à l'Institut Vétérinaire presque exclusivement par examen microscopique de lait provenant du quartier suspect de la mamelle, rarement par examen d'un échantillon harponné.

Pendant la saison chaude on ajoute au lait qui doit être mis à l'épreuve, pour l'empêcher de s'aigrir, de l'acide borique en poudre ou une solution phénique, ou même du chloroforme; cette dernière matière ne semble pourtant pas très convenable à cet effet, puisqu'elle produit un trouble, qui rend l'examen microscopique plus difficile.

Lorsque le lait a été séparé dans des tubes de verre de 12 centimètres cubes, on procède a l'examen du fond qu'on colore à la fuchsine phénique et au bleu de la méthylène. Il est évident qu'avec cette méthode un diagnostic erronné n'est pas exclu; d'un côté on ne trouve pas toujours de bacilles dans un échantillon provenant d'une mamelle

tuberculeuse, de l'autre on peut déclarei- affectée de tuberculose une inanielle c[ui en est indemne. — Dans le premier de ces cas l'exj^érience montre qu'une sécrétion d'une mamelle tuberculeuse C(jntient (juchiuelois si [)eu de bacilles qu'on n'en trouve ])as un seul sur 6 a <S lamelles, ni sur 3 à 4 lames objectives. Ce qui fait pourtant soupçonner la tuberculose, c'est l'absence presque complète d'autres bactéries, ainsi que le grand nombre de leucocytes que contient ce lait.

Quant au second cas c'est un fait connu que le lait contient souvent des bâtonnets résistants aux acides, lesquels peuvent donner lieu à la supposition erronnée de la présence de bacilles tuberculeux. Ces bâtonnets se distinguent du bacille tuberculeux quant à la forme: ils sont plus courts et plus gros; mais il y en a aussi qui ne se distinguent que difficilement dudit bacille.

Pendant les 7 à 8 ans qu'on a fait des examens microscopiques à l'Institut Vétérinaire, quelques cas de cette nature se sont présentés, et ils ont été la cause de l'abatage immédiat des animaux correspondants.

Lorsque par une raison ou par une autre, le diagnostic paraît douteux, on demande un nouvel échantillon prélevé sous cautèle aseptique, et on le soumet à un nouvel examen. Le vétérinaire de son côté peut expédier de nouveaux échantillons à l'Institut si, malgré un diagnostic négatif, il soupçonne toujours la tuberculose.

Comme seulement 20 à 25 ^/o des échantillons examinés contiennent des bacilles tuberculeux, et que tous ces échantillons proviennent de mamelles indurées, il existe évidemment dans la mamelle quelques autres lésions chroniques qu'il est facile de confondre cliniquement avec la tuberculose. A l'examen microscopique ces lésions se sont montrées provenir le plus souvent d'une infection de streptocoques. Un autre phénomène qui fait souvent soupçonner la tuberculose, est l'infection par le bacille pyogène bovine.

Comme l'examen microscopique n'a eu pour but que de constater la présence de bacilles tuberculeux, l'existence d'autres bactéries n'a pas été notée régulièrement; voilà pourquoi les chiffres ci-après sont trop bas sauf pour cette année-ci. On a compté 15 cas de streptocoques en 1901, 7 cas en 1902, 17 cas en 1903, 22 cas en 1904 et 52 cas jusqu'au premier juillet 1905.

On a diagnostiqué de l'actinomycose dans 5 cas et des pyobacilles dans 14 cas pendant les premiers six mois de cette année-ci.

Le décret concernant la tuberculose mammaire prescrit que les mamelles des vaches abattues comme étant tuberculeuses doivent être envoyées à l'Institut Vétérinaire. L'examen macroscopique a démontré que sur 66 mamelles, la tuberculose avait envahi un quart de la mamelle dans 33 cas et les deux, trois ou quatre quarts dans les autres 33 cas.

Les procès-verbaux d'autopsie, que j'ai été à même de consulter, démontrent, que sur 90 vaches abattues par suite de tuberculose mammaire 75 ont été affectées de tuberculose généralisée ou très avancée, 12 de tuberculose légère dans les ganglions lymphatiques ou dans les poumons, 3 n'ont été affectées que dans la mamelle. De là on peut tirer la conclusion que dans la grande majorité des cas de tuberculose mammaire, l'infection vient par voie hématogène et dans quelques cas exceptionnels elle s'introduit du dehors par le conduit des mamelles.

Les sommes dépensées par le Trésor public pour l'abatage de vaches affectées de tuberculose mammaire s'élèvent pour 1903 33,843:43 francs, pour 1904 à 7,514: 30 francs et pour la première moitié de l'année 1905 à 8,811:70 francs.

Préparation de tuberculine.

Par

JOSEF SVENSSON. Professeur à l'Institut Vétérinaire de Stockholm.

• Depuis le commencement de l'année 1895 on prépare de la tuberculine à l'Institut Vétérinaire de Stockholm, et depuis la fin de 1897 le Conseil Agricole en fait la distribution. Au début on ne se servait pour la préparation de tuberculine que de cultures de bacilles tuberculeux pris sur l'homme, mais depuis le commencement de 1901, on se sert presque exclusivement de bacilles bovines, et depuis six mois on fait usage de 7 à 8 diff"érentes races. Comme quelques-unes de ces cultures sont relativement neuves, elles croissent moins rapidement que le bacille d'origine humaine, mais il y en a aussi qui ont la même force d'accroissement que ce bacille.

Bien qu'à présent il n'y ait pas de faits qui parlent pour la polyvalence chez les bacilles tuberculeux, comme elle existe chez d'autres bactéries pathogènes, l'hypothèse n'est pourtant pas exclue que la tuberculine préparée de cultures de bacilles provenant de la maladie perlée puisse agir sur les bovidés plus énergiquement et aussi plus spécifiquement que ne fait la tuberculine préparée de bacilles tuberculeux d'origine humaine.

Quand même l'avantage d'employer des cultures différentes pour la préparation de tuberculine serait nul, ou que cet avantage ne peut être prouvé, une telle préparation polyvalente ne peut toujours pas rendre la tuberculine moins apte comme moyen diagnostique.

Dans la guerre d'extermination qu'on a faite en Suède contre la tuberculose bovine, on a pris pour règle de conduite d'écarter les animaux, qui à la première expérience ont réagi à la tuberculine, et ces animaux n'ont pas subi un second traitement. Or, il s'est montré que beaucoup d'animaux, 15 ou 20*^/0 qui, par une raison ou une autre,

ont été soumis à une nouvelle épreuve six mois ou un an après la première n'ont pas réagi à la tuberculine, bien qu'ils aient été affectés de tuberculose, ce qui du reste dans beaucoup de cas a été constaté à l'abatage de ces animaux, qui a eu lieu peu après.

Il semble curieux qu'un moyen aussi spécifique que paraît être la tuberculine agisse dans certains cas et pas dans tous. Peut-être ce phénomène s'explique-t-il par quelque différence de race entre la tuberculose humaine et la tuberculose bovine ou même par quelque différence existant entre les diverses races bovines. S'il en est ainsi, la tubercuHne composée de plusieurs bacilles de différente, origine (humaine ou bovine) posséderait une plus grande action que celle préparée d'une seule race, surtout si cette race est d'origine humaine.

En Suède on n'a pas encore fait d'expériences dans ce sens, et la question doit encore être considérée pendante.

Mr Régner a pourtant signalé un fait qui parle à l'avantage de la tuberculine préparée en Suède depuis 4 ans, comme possédant une action plus énergique et probablement aussi plus spécifique que celle employée jusqu'alors; il a constaté que dans certaines étables la plupart des animaux, chez lesquels la réaction s'est manifestée par une température élevée, ont attrapé un gonflement au point de l'injection, lequel gonflement s'est affaissé après quelques jours sans laisser de traces \ Ce gonflement n'a guère pu être provoqué par une infection accidentelle du lieu d'injection. C'est chose connue qu'un tel gonflement se produit toujours chez les chevaux réagissant à la malléine.

Le gonflement provoqué par l'injection de tuberculine pourrait être expliqué par le fait que la tuberculine avait agi plus spécifiquement dans ce cas, qu'elle ne le fait ordinairement, ou en d'autres termes, que la tuberculose, dont souffraient les animaux en question avait été provoquée par des bacilles tuberculeux, qui avaient les mêmes quahtés biologiques que ceux dont avait été préparée la tuberculine.

^ Pendant l'impression de cet ouvrage, le même fait a pu être constaté par moi aussi. Comme une suite des essais mentionnés ailleurs quant aux rapports existant entre la tuberculose d'origine humaine et celle de provenance bovine, 3 veaux ont été infectés par inhalation de bacilles de la maladie perlée. Lorsque environ 6 semaines après l'inhalation ces veaux ont été soumis à la tuberculine préparée en partie de la même espèce de bacilles tuberculeux dont avait été effectuée l'inhalation, ils ont réagi non seulement par une forte élévation de température, mais aussi par un gonflement prononcé du lieu d'injection.

Essais d'infecter des bovidés avec de la poussière contenant des bacilles tuberculeux sous des conditions naturelles.

Par

JOSEF SVENSSON.

Professeur à l'Institut Vétérinnire de Stockholm.

La doctrine que la tubefculose est une maladie contagieuse gagna après la publication des recherches de Villemin en 1865 des adhérents de plus en plus nombreux, et reçut une base encore plus solide par la découverte du bacille tuberculeux en 1882. Qu'à la tuberculose il existe un virus, c'est une chose généralement reconnue, mais quant aux voies par lesquelles ce virus s'introduit dans l'organisme, il règne encore une grande incertitude. Il a paru très simple et presque évident que le virus s'introduit avec l'air inhalé, puisque la tuberculose dans la grande majorité des cas se rencontre (cliniquement au moins) dans les poumons, organes qui à une tuberculose plus avancée sont aussi ordinairement plus atteints que les autres. A l'autopsie d'hommes et d'animaux morts de tuberculose, la tuberculose pulmonaire saute en général le plus aux yeux, et ce fait a donné l'impression que la maladie avait son siège primitif dans les poumons. Cependant, à des autopsies où la mort a été causée par une autre maladie que la tuberculose, ainsi qu'à l'exploration de bovidés abattus, on a si souvent trouvé de la tuberculose dans les ganglions lymphatiques sans en rencontrer dans les poumons (ou quand ces organes étaient atteints, ils l'étaient moins gravement que les ganglions), qu'à présent on est bien d'avis que la tuberculose commence en règle dans ces ganglions et que de là elle envahit les poumons. Si l'on examine quels ganglions lymphatiques ont été atteints le plus souvent, on trouvera, il est vrai, que ce sont les ganglions médiastins et bronchiques, mais les ganglions lymphatiques appartenant à la voie digestive ont aussi si souvent été le siège d'une affection tuberculeuse primitive qu'on s'est demandé si le virus ne s'introduit pas aussi souvent par la voie digestive que par la voie respiratoire.

Que la tuberculose serait congénitale et qu'elle ne se manifesterait ni ne se développerait qu'après être restée latente pendant un délai de dizaines d'années même, c'est un cas qui, s'il existe, peut être considéré très rare; il pourra donc être laissé hors du compte, quand il s'agit des voies ordinaires pour Tintroduction du virus.

Quant à l'introduction du virus dans les organes respiratoires chez l'homme, on croyait pendant longtemps qu'elle ne pouvait s'effectuer que par la poussière qui contenait des bacilles tuberculeux desséchés. Mais il y a dix ans environ, Fliigge établit que le virus peut être transmis par des globules microscopiques qui venant des . poumons et des voies respiratoires sont projetés hors de la bouche, quand l'homme tousse ou même quand il parle. Plusieurs recherches faites pendant les dernières années ont constaté la justesse de cette hypothèse.

Les expériences faites pour explorer, par quelles voies le virus de la tuberculose s'introduit le plus facilement dans l'organisme, ont toutes été pratiquées sur de petits animaux d'expérience et sous de telles conditions qu'on n'a pu en conclure, quelles sont les voies les plus ordinaires pour la transmission de la contagion à l'homme ou aux animaux domestiques sous des conditions naturelles. Des observations pendant la vie de tous les jours et des recherches faites quant à l'origine du virus tuberculeux ches des hommes et des animaux malades n'ont pas pu trancher la question avec certitude.

Quant à la pathogénésie de la tuberculose chez l'homme, deux opinions tout opposées se font face. L'opinion que la tuberculose se transmet par les organes respiratoires aura la plupart des adhérents parmi les médecins, et leur champion est Robert Koch. L'autre opinion que le virus s'introduit dans le corps avec la nourriture a aussi des partisans nombreux, parmi lesquels le plus célèbre est von Behring.

Quant à l'origine de la tuberculose chez les animaux, l'opinion qu'elle s'introduit le plus souvent chez les bovidés avec du lait tuberculeux, sera la plus répandue parmi les vétérinaires.

Ce mode d'infection a pu être parfaitement constaté chez les porcs. Ces animaux élevés en grand nombre aux vacheries avec du lait et tués avant d'avoir atteint l'âge d'un an, étaient régulièrement tuberculeux aussi longtemps qu'ils ingéraient du lait cru, mais aussitôt que le lait était pasteurisé ou bouilli, la maladie disparaissait.

Depuis l'année 1895 où je reçus la charge de la Société »Separator» de conduire la guerre d'extermination contre la tuberculose chez

les bovidés de sa propriété de Plamra, j'ai été ;ï même d'étudier a ftjnd l'invasion de la maladie chez, ces animaux. Depuis cette époque j'ai eu l'occasion de disséquer environ 500 bovidés, dont la plupart étaient tuberculeux. Après avoir soumis tous les animaux à la tuberculine (en 1895), ceux qui réagissaient, c'est-à-dire qui étaient tuberculeux, furent isolés de ceux qui ne réagissaient pas, et qui par conséquent étaient considérés sains. Les veaux, qui étaient nourris de lait pasteurisé ou bouilli, furent placés à l'écart, dans des étables désinfectées pour les mettre à l'abri de la contagion tuberculeuse. Il arrivait pourtant, même aussi tard qu'en 1899 et 1900 que beaucoup de veaux réagissaient à la tuberculine déjà pendant leur première année, et qu'à l'abatage ils se montraient infectés de tuberculose, le plus souvent dans les ganglions médiastins, mais aussi dans d'autres ganglions lymphatiques, quelquesuns aussi dans les poumons. Quoique l'enquête la plus mmutieuse fût faite, il n'y avait pas moyen de trouver une autre source de la contagion que le lait ingéré par les veaux. Ce lait qui provenait de vaches tuberculeuses devait être chauffé, pendant le premier temps, à 70^ C, ensuite à 85° et enfin à l'ébuUition avant d'être donné aux veaux. La pensée s'imposait alors que la température avait été trop basse au commencement (70°), ou que quelque negligeance avait eu lieu au chauffage, par lesquelles causes les veaux avaient reçu du lait contenant des bacilles tuberculeux vivants. Qu'une telle negligeance avait eu lieu en effet, ressortit d'une enquête faite. Il paraissait pourtant étrange qu'on trouvât les altérations tuberculeuses principalement dans les ganglions médiastins, quelquefois dans les ganglions lymphatiques pharyngiens et très rarement dans les ganglions mésentériques. L'explication de ce fait serait, bien entendu, que le virus indroduit dans les poumons avait été conduit auxdits ganglions par les voies lymphatiques du tissu sousplévral, mais comme je considérais l'infection par les voies respiratoires exclue, tandis que l'infection par le lait était admissible, il me semblait que pourtant il fallait expliquer la présence de tuberculose dans les ganghons médiastins par une infection alimentaire.

Mais comme cette explication n'est qu'une hypothèse, à l'instar de toutes les théories sur les voies de la transmission du virus, lesquelles ne s'appuyant généralement pas sur des faits prouvés, reposent pourtant toutes sur des observations plus ou moins vagues, (la preuve en est que deux savants aussi célèbres que Koch et von Behring représentent deux camps opposés), il me paraissait d'intérêt d'essayer de contribuer à l'éclaircissement de cette question,

Comme j'ai déjà dit, je considérais que la matière contagieuse s'introduit le plus souvent avec la nourriture, moins souvent avec des globules de crachats et très rarement avec de la poussière sèche contenant des bacilles tuberculeux. Il me semblait de la plus grande importance de chercher à élucider la question si la poussière sèche peut transmettre la contagion sous les conditions qui régnent habituellement dans nos basses-cours.

Si ce mode d'infection se montrait inadmissible, la certitude de ce fait entraînerait des conséquences pratiques de la plus grande portée. Alors on ne serait pas obligé de tenir les animaux sains si rigoureusement isolés des autres, vu qu'il est beaucoup plus facile d'empêcher l'infection par les gouttes de crachats ou par la nourriture que d'obvier à l'infection par la poussière.

Les expériences devaient être effectuées de telle manière qu'un nombre de jeunes veaux indemnes de tuberculose furent placés dans une étable contenant des animaux tuberculeux qui toussaient et à une si grande distance de ces animaux que les globules de leur jetage ne pourraient atteindre les veaux directement. Ils seraient nourris pendant quelques mois de lait bouilli et ils recevraient du fourrage sec en petites portions, pour qu'il ne pût être exposé à une infection. Le fourrage qui n'était pas consommé immédiatement serait emporté de rétable. Par ces procédés j'espérais pouvoir écarter toute infection, à l'exception de celle qui se transmet par la poussière tournoyant dans l'air et soulevée par le balayage ou d'une autre manière.

Une condition essentielle dans les recherches de ce genre, c'est que les animaux d'expérience sont notoirement indemnes de tuberculose au début. Il est bien connu que l'épreuve de la tuberculine n'est pas si sûre qu'il ne puisse arriver que des animaux, quoique tuberculeux, omettent quelquefois de réagir. Mais comme j'ai eu l'avantage de recevoir des veaux d'une propriété qui depuis plusieurs années est parfaitement exempte de tuberculose, la supposition que les animaux auraient pu être tuberculeux avant le commencement des expériences, a été exclue.

Des 15 veaux soumis à l'expérience 7 furent installés dans l'étable le 14 novembre 1903, 4 le 21 nov., 3 le 5 déc. et un le 10 déc.

L'étable, où les veaux étaient placés, contenait un peu plus de 80 vaches et quelques taureaux rangés des deux côtés d'une table à fourrage qui parcourt l'étable dans toute sa longueur. Environ 60 "/o de ces

animaux rca^issaient ;i la tubcrculiiu' au comincnccmcnl de novembre 1903. Ceux (|ui ne réagissaient pas furent placés du côté nord de l'étable, ceux (|ui rca L;issaieiU sans manifester de signes clini(|ues de tuberculose furent rangés an milieu, ceux qui toussaient ou ([ui manifestaient d'autres signes visibles de tuberculose furent placés du côté sud. Les veaux d'expérience furent installés dans cette dernière section près des murs extérieurs, comme le démontre le dessin ci-après.

Sortie du

côté du pl.nn

J'excrcice.

Les veaux n:o 1. 2. 4, 5, 7. 9, 10, Il restent à cette place jusqu'au ' Lorsque les veaux: numéros 2. 5, 7, 10. 11 ont réagi et ont été abattus, tous les autres veaux sont aussi installés ici.

~0 KJ V> /. 04.

Sud^^

15 vaches tuberculeuses

Nord

Table à fourrages

15 vaches tuberculeuses.

n:o 3 et 6

Les veaux n:o 8 et 12.

n:o 13, 14 et 15 0 4.

Sortie pour le fumier.

La distance entre les têtes des vaches qui toussaient et la place des veaux était à peu près de 6 mètres, distance assez grande pour empêcher les gros globules du j étage de s'introduire dans les organes respiratoires. En pratiquant l'ingestion de la manière indiquée ci-dessus, toutes les mesures semblaient prises pour prévenir la transmission de bacilles tuberculeux avec la nourriture. Il n'est pourtant pas sûr que toutes ces précautions aient eu le résultat attendu. Car il se montrait que les veaux, surtout lorsqu'ils étaient un peu âgés et qu'ils n'avaient pas de fourrage devant eux, mâchaient la paille de la litière. Pour empêcher cela, il aurait fallu les museler entre les ingestions, ce qui ne fut pas fait.

Au début des expériences deux veaux moururent, un le 5 févr. et un le 7 mars 1904; tous les deux succombèrent à des affections intestinales. Ni l'un ni l'autre ne montrait à l'autopsie d'altérations tuberculeuses. Environ 6 mois après le commencement des expériences, soit le I2 et le 13 avril, les autres 13 veaux furent soumis à la tuberculine. Comme on peut voir par le tracé de température ci-après, 5 des veaux réagissaient visiblement, tandis que les autres 8 ne montraient aucun signe de réaction.

Traitement par la tuberculine le 12 et le 13 Avril 1904.

Numéros des veaux 2

et

Température avant

l'injection le ^V* 1904 à 10

heures de l'après-midi

Dosement de tuberculine

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