LA TUBERCULOSE DANS L'ARMÉE Dfi TERRE
Les chiffres officiels montrent que la mortalité générale était de 90 pour 10.000 hommes en 1872; elle s'est élevée à lOo en 1876, pour tomber progressivement à 44,1 en 1898. Nous ne pouvons que nous réjouir de ce résultat, dont rhonneur revient à nos confrères de l'armée, qui ont poursuivi, avec une persévérance qui ne s'est jamais ralentie, la lutte contre les maladies qui menacent le soldat.
La population civile aussi bien que l'armée a bénéficié de ces succès . En effet, grâce au service obligatoire, à l'appel des hommes qui viennent faire au régiment des périodes d'instruction de 28 jours, puis de 13 jours, il y a entre la population civile et la population militaire des échanges incessants : le soldat conscrit, réserviste ou territorial, apporte à la caserne les maladies épidémiques qui
Brouardel. — Tuberculose. 6
régnent dans son village ; à sa libération, il y emporte les maladies qui régnent dans la caserne.
La mortalité générale étant de 44 pour 10.000 hommes, celle qui est imputable à la tuberculose est de i 0, c'est-à-dire presque d'un quart.
Mais les pertes de l'armée par tuberculose comprennent, outre la morialitéj les hommes réformés et les retraités. Ces derniers sont peu nombreux.
En vue de préserver ses effectifs sains et afin de fournir à l'armée des unités résistantes, le service de santé élimine, dès qu'il le peut, toutes les recrues suspectes de tuberculose, « candidats à la tuberculose >), soit au conseil de revision, soit à l'appel de la classe, soit à l'incorporation au régiment (1).
Cette sélection s'opère d'autant mieux, aujourd'hui, que le service de santé a obtenu du parlement une loi sur la « Réforme temporaire »
(1er avril 1898), qui permet d'éliminer pour un an, et itéra tivement, tout individu suspect de tuberculose.
(d) Letulle, La Tuberculose dans Varmée française (Corn* mission de la tuberculose, Rapport n" 1),