‹ La Lutte contre la tuberculoseChapitre 53 sur 76 · SCROFULEUX · texte numérisé non relu

SCROFULEUX

J*ai résumé les conditions auxquelles devait répondre un sanatorium pour adultes tuberculeux; les sanatoriums marins ont un autre but. 11 ne s'agit plus de guérir des malades déjà touchés par rinfection tuberculeuse, mais d'empêcher des enfants en état de réceptivité innée, lymphatiques, scrofuleux, de devenir plus tard des tuberculeux vrais.

Nul n'ignore les relations qui existent, au point de vue de la nature des lésions, entre la tuberculose et la scrofule, mais en restant surle terrain de la clinique, tous les médecins reconnaissent que les manifestations de la scrofule [)euvent guérir, qu'elles n'aboutissent pas nécessairement à la tuberculose telle que nous la connaissons chez l'adulte, si un régime approprié lui est opposé en temps utile.

II y atnMite-cinq ans, M. Bergeron fit, à Toccasion de la création du sanatorium de Berck-sur-

Mer (1), le premier rapport sur ce sujet. Les espérances qu'il exprimait alors se sont toutes réalisées. Des rapports présentés par le D' Bergeron et le D^ Armaingaud (2) à la Commission de la tuberculose, il est aisé de tirer des rèfj;^les faciles à réaliser. Il ne s'agit plus de créer des organisations nouvelles mais de compléter celles qui existent déjà.

La France possède actuellement treize sanatoriums marins pour les enfants scrofuleux et rachitiques, répartis du département du Nord à celui des Alpes-Maritimes. Ils reçoivent en moyenne 2000 enfants par an. Les uns ont été fondés par l'initiative privée, les autres par les communes, notamment par la ville de Paris. Ces derniers sont encombrés, et les candidats qui devraient bénéficier de ce traitement attendent par-

(1) Bergeron, Du traitement et de la prophylaxie de la scrofule par les bains de mer, Rapport sur le sanatorium de Berck {Annales d'hygiène publique et de médecine légale. 2e Série, t. XXIX, 4868, p. 2il.)

(2) Bergeron, Note sur les sanatoriutns marins. (Commission de la tuberculose^ Rapport XVIIL) — Armaingaud, Sur le rôle des sanatoriums marins dans la lutte contre la tuberculose, {Rapport XIX).

11= CUHABIUTE DE l

fois fort longtemps leur admission. Le D' Ber^eron a proposé à la ville de Paris, qui a accepté, d'envoyer un certain nombre de ces eaFanls dans les l'tablissemenls privés qui on t des places yacan- J tes. Il conviendrait de généraliser celte mesure.

Les résultats obtenus dans ces divers sanatoriums sont excellents. Le D'Armaingaud adonné, dans son rapport, les statistiques fournies par chacun d'eux. Il y a lieu de remarquer que les chiffres représentent l'état du petit malade au moment 01*1 il quitte le sanatorium; que poor savoir le nombre absolu des guérîsons obtenues, il faudrait avoir des renseignements sur eux, cinq, six et dix ans après leur sortie. Cette statistique comprenant tous les enfants qui ont passé par le sanatorium est impossible à, établir, mais beaucoup d'entre eux sont revenus, plusieurs années après leur sortie, revoir leur ancien médecin, et ces derniers demeurent convaincus que si les guérisons obtenues n'ont pas été définitives pour tons, elles l'ont élé pojir le plus graiiJ nombre.

II faut par conséquent tenir pour exacte la ponse qu'il y a deux ans l'Académie de un^

TRAITEMENT DANS LES SANATORIUMS 44t^

decine adressait au Ministère de Tlntérieur, qui lui avait demandé : « Quelles sont les maladies pour lesquelles le séjour au bord de la mer constitue le meilleur traitement? » L'Académie avait répondu à l'unanimité : « Tout le monde est d'accord sur ce point, le rachitisme, la scrofule, la plupart des manifestations de la tuberculose, surtout pendant Tenfance et l'adolescence, guérissent au bord de la mer. Il ne s'agit plus là d'un sujet en litige, mais d'une sorte de dogme au-dessus de toute contradiction et qui s'appuie sur une expérience constante et jamais démentie. »

Page 1