Docum,, pièce
3. V. h eirculaire de M. Jaovîer aux pompiers. Bocum, pièce 13.
dit#$*4iioi si d^ttis huit ans que vous m'avei parmi vous j^ai attendu aujourd'hui pour ni^eiiquérir de vos besoins, soulager vos souffrances, soutenir vos intérêts... Jugez donc, esprits impartiaux; jugez^ natures loyales... Consultez vos cœurs,... pas une abstention : je n'ai jamais calculé mon temps quand il s'agissait d'aller parmi yous ; dormez-moi aujourd'hui les quelques miwUes que je demande à votre affection !
Ce n'est pas de la rhétorique^ c^est le fond des choses. Éditeurs de candidatures^ les préfets se sentent responsables. Telle est la règle administrative. Elle se rencontre formulée avec une précision éloquente^ hrevitate imperatoriâ, sous la plume d'un de ces hauts administrateurs :
Les élections générales fournissent au gouvernement le moyen d'apprécier l'influence et le dévouement des hommes qu'il associe à son action.
(Circulaire aux maires du département de l'Aude^ extrait du Courrier de l'Aude du 26 mai 1863.)
Ce que nous proposons de traduire par ce petit bout de catéchisme à l'usage de MM. les maires :
D. Quelles sont les qualités d'un bon maire ?
R. L'influence et le dévouement. Il doit être le premier de la commune par l'influence et n'avoir pas d'égal pour le dévouement.
D. A quels signes reconnait-oo particulièrement Tinfluence d'un bon maire ?
R. Au résultat des élections. Tant vaut l'élection, tant vaut le maire.
D. Un maire qui ne fait pas réussir le candidat de l'administration cesse-t-il donc pour cela d'être un bon maire ?
R. Oui ; car s'il est influent, c'est le dévouement qui lui a manqué; et s'il est dévoué^ c'est qu'il a cessé d'être influent.
D. De sorte qu'au point de vue administratif (qui est le vrai), on pourrait appeler les élections la grande pierre de touche, ou l'éprouvette des administrateurs ?
R. Comme il vous plaira, monsieur le préfet....
£t s'il se rencontre, dans le nombre, des intelligences rétives, on mettra pour elles Texemple à côté du précepte.
La liste serait longue des maires admonestés, suspendus, révoqués par les préfets avant, après, pendant les élections.
Des opposants, peut-être? Pour le croire, il faudrait bien mal connaître ce personnel modeste, docile et dévoué, que l'état-major préfectoral
choisit 9 cha|Htre depuis douze ans^ avec la supériorité qui tient au prestige gouverne* mental, aux ressources de romnipotence^ à Tinégaiité d'éducation ^ à une action quotidienne, personnelle, familière, qui sait être tour à tour, selon lesbesoinS; impérative ou caressante 1
Qui a vu un maire de campagne les a tous tus. C'est toujours, avec des nuances dans la bonhomie, ce mot d'un maire du département de Seine-et-Oise : oc Votons pour le gendre de M. le préfet. Qui peut mieux connaître les intentions de M. le préfet que M. son gendre ? »
Plusieurs de ces maires-martyrs ont fait au public la confidence de leurs plaintes. Quel cœur de roche n'en serait pas touché ?
Celui-ci avait rêvé de rester neutre a entre deux candidats également dévoués au gouvernement de TEmpereur, » dont l'un était lui-même, maire depuis quinze ans ^ !
Celui-là, qui signe héroïquement : « napoléonien de la veille, et quand même, » avait simplement écrit en conliùence à son prétot co qu'il pL»nsaitdu choix des candidatures* !
4. V. leltrc du maire de Louzac. Ducum,^ pièce 81. 2. Le.lfc de M. Lapoiiile. Docitm»^ pièce §3,
L'un^ que le notariat rendait suspect dans une lutte où il s'agissait dlmmoler un notaire, sommé de répondre de son zèle, n'a pu répondre que de son impartialité^ !.
Cet autre enfin, l'âme combattue entre son éehar[)e et ses affections, a été trouvé mélancolique dans sa propagande * !
Les départements dont la députation avait été épurée sont particulièrement jonchés de ces héros à contre-cœur. M. de Chambrun en a relevé jusqu'à vingt-huit dans la Lozère ' ; il y a eu pareilles hécatombes dans la Corrèze, la Haute-Saône, etc.
La plupart en exercice depuis longues années. Mais qu'importe, en temps d'élections? Maires innocents et simples, vous vous flattiez de la neutralité? Est-ce qu'elle est seulement permise aux instituteurs ?
a Combattre les candidatures administratives, écrit un inspecteur des écoles, c'est combattre l'Empereur lui-même. En adopter et en patronner d'autres, c'est également servir et recruter con-