Docum,, pièce
tout temps roulé des flots de bière. A Mulhouse et dans sa banlieue^ M. Gros représente le gouyernement^ H. Tachard Tindépendance. Tous deux sont riches^ et les sceptiques diront qu^on a dû boire dans les deux camps. En tout cas, un trait curieux sépare essentiellement la liesse gouvernementale de la liesse de Topposition. Le bruit s'est répandu, dans deux communes du canton de Guebwiller , que ceux qui voteraient pour H. Gros auraient à boire le jour du vote. Il suffirait de porter du scrutin au cabaret sa carte d'électeur. L'aubergiste reconnaîtrait les siens. En effet, Yoici la scène : tandis que le maire met un bulletin dans Turne, l'adjoint prend la carte de Télecteur, regarde le maire, et sur un signe, y fait une corne, tantôt à droite, tantôt à gauche. La corne droite est la marque des élus, la gauche indique ceux qui ne boiront pas. Le second jour, dans un des bureaux, les assesseurs s'impatien^ tèrent de ce manège ^ On en prit note au procèsverbal, et c'est ainsi qu'est venu jusqu'à nous ce tableau de mœurs, digne des crayons d'Hogarth. A côté de ce laisser-aller, toute autre chose
\ . Voir aux Docum, , pièces 1% et suiy.
paraît bien pâle. Ainsi la loi a entouré d'un soin minutieux toutes les phases de Tacte souverain, depuis le moment où Furne s'ouTre jusqu^à l'instant où Tarrêt populaire en sort. Les heures^ le lieu, les assistants légaux, les clefs qui ferment l'urne , les bandes qui doivent la recouvrir, le dépouillement, les scrutateurs, tout est prévu , réglé , distribué : Tordre est partait et la sécurité légale incomparable. Les préfets ont touché les premiers à cet édifice de garantie. La loi prescrit pour Touverture une heure uniforme dans toute la France; les préfets ont défait la loi ^ Une à une, toutes les formalités protectrices se sont émiettées sous la main des maires. Les sous-préfets gémissent du petit nombre de procès-verbaux en bonne forme qui leur arrive des communes rurales. Il y a eu des conseillers municipaux expulsés du bureau par les maires pour avoir fait, sur la façon dont l'urne était pla-
4 . Le minisire les y a autorisés par une circulaire qu*on ne irouTe pas au^u(/e(ta officiel. En certains lieux, le changement aux heures légales a été annoncé un peu à l'avance ; dans d* autres communes^ l*heure indiquée sur les cartes diffère de celle de TouYerture réelle des opérations électorales. V. Docum.f pièces 165 et suif.
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cée, une observation indiscrète *. AHerrla (Nord), le dimanche soir, un électeur veut assister à la fermeture de la boîte : le maire le chasse ; il sort sans mot dire; une heure après^ les gendarmes Tarrêtent et le conduisent à Valenciennes, où le procureur impérial le relâche.
Le premier inconvénient de ces vivacités municipales, c'est de violer la loi au delà de toute mesure; le second, qui doit faire réfléchir l'administration la plus haute, c'est de soulever dans les communes des émeutes de défiances. Partout oii le maires en ont fait à leur tête, le paysan se trouble, et Ton voit défiler les électeurs, qui déclarent qu'ils étaient 50 à voter pour M. X. et qu'il ne s'est trouvé que 25 X. au dépouillement. On cherchera peut-être dans ce recueil quelques-uns de ces témoignages. On ne les y trouvera pas. Pourquoi? Lecteur bienveillant, écoutez cette histoire :
Dans un petit village de Farrondissement de Mirecourt, l'urne électorale, manquant de serrures, avait été fermée , le dimanche soir, par une bande de papier collée. Quand on reprit, le lundi