‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 5 sur 58 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Je ne ferai pas d'historique. Il se trouve, paraît-il, dans les livres d'Hippocrate, d'A. Paré, de J.-L. Petit, des passages qui se rapportent à la luxation congénitale du fémur. Nous citons plus loin des opinions qui leur sont prêtées et qui prouvent que cette question leur avait échappé.

Ce n’est, en réalité, que depuis le début du siècle que ce sujet commence à être étudié. Chronologiquement, Paletta est le premier à l’avoir traité (1788-1820), mais il s’occupa surtout du côté anatomique.

En 1828, sans connaître le travail de son devancier, Dupuytren publie son mémoire et, quelques années après, ses leçons où la question se trouve envisagée sous toutes ses faces avec une précision et une méthode parfaites. La plupart des faits qu'il a découverts et des idées qu’il a soutenues ont été vérifiés par les observateurs qui l'ont suivi. On a ajouté à son œuvre, on n'a presque pas eu à la

rectifier.

Sous son impulsion, les travaux ont continué. Bouvier, Cruveilhier et Sédillot ont poussé plus loin l'anatomie pathologique. . Humbert d’abord, Pravaz ensuite ont tenté le traitement, mais le peu de succès qu’ils obtinrent découragea les orthopédistes et, de ce côté, l'effort cessa pendant longtemps.

En 1866, Verneuil lui donna malheureusement une autre direction. Son sens d’observateur lui ayant fait connaître les luxations paralytiques dont on n'avait, avant lui, que quelques faits épars, il fut entraîné à généraliser la théorie. Il chercha dans la paralysie spinale de l'enfance la cause de la luxation congénitale du fémur et déduisit de cette étiologie des idées erronées au point de vue clinique et thérapeutique. Pendant longtemps, les polémiques sur ce sujet occupèrent seules tous ceux qui s'intéressaient à cette affection.

Aujourd'hui, la théorie est condamnée. Et la plupart des auteurs reconnaissent que la luxation, c'est-à-dire le déplacement de la tête fémorale, est un fait secondaire à une malformation congénitale. Nous devons ce grand point à Breschet, von Ammon, Grawitz, et surtout au professeur Lannelongue qui a non seulement démontré la malformation, mais prouvé qu’elle s’étendait beaucoup plus loin qu'on ne le pouvait supposer, et indiqué sa cause dans une lésion du système nerveux du fœtus.

D'autre part, enhardi par la méthode antiseptique, Hoffa, reprenant les travaux isolés de Margary et de Poggi, a traité avec suite et méthode la malformation par la voie sanglante. Il a obtenu ainsi de beaux, nombreux et durables succès et fait faire un très grand pas à la question. Bientôt, il fut suivi à Vienne par Lorenz, qui a écrit sur la question un livre remarquable; en France, par M. Broca, puis par M. Kirmisson; en Amérique, par Bradford et Gibney, etc. Ces interventions ont eu une portée plus générale encore que l'intérêt des malades opérés. On leur doit une connaissance infiniment plus précise de l’anatomie pathologique et la possibilité de juger mieux d’autres tentatives thérapeutiques qui se sont multipliées aussi pendant ces dernières années et qui ne s'appuient que sur les moyens orthopédiques. Buckminster-Brown, Paci, Schede; Mikuliez et Loreñz sont les principaux noms à citer ici, encore qu'on ne puisse actuellement apprécier leurs résultats d'une façon définitive.

C'est surtout à l'étude du traitement opératoire que je désire consacrer cette thèse. Dans l’enseignement de M. Lannelongue à l'hôpital Trousseau, j'ai puisé les connaissances pathogéniques et anatomiques qui m'ont permis d'examiner avec fruit les malades que j'ai vus opérés par M. Broca. Je remercie ces deux maîtres des documents qu'ils ont mis à ma disposition. Je dois leur associer dans

connaissance mes autres maîtres dans les Honles de Paris, Potain, Jalaguier, Humbert, Le Dentu et Lucas-Cham- | pionnière. Je n’oublierai point que pour mes études anatomiques et Le siologiques j'ai été guidé avec bienveillance par MM. Marey et ie arabeuf. Enfin, j je me souviens avec plaisir de mes débuts à l'École = ss de médecine de “Marseille, sous la direction de MM. Chapplain, #3 . Riesch, Caillol de Poney, Villeneuve, Fallot, Gamel et FE AE | Métaxas- Zani. Et je remercie vivement de l’aimable Donel qu'ils om ‘ont fait MM. Hoffa et Lorenz. ;

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