SCÈNE VII FINETTE, SABOULOT
FINETTE
Ah! ah! il parait que vous me reconnaissez maintenant.
SABOULOT.
Oui, Finette, je vous en supplie, pas de bruit, pas de scandale.
FINETTE
Et voilà, monsieur, comment d’un seul mot je fais tomber toute votre arrogance! Vous canez, monsieur.
SABOULOT.
Finette!
« FINETTE
Ah! tenez, vous me faites pitié! Voilà bien les hommes! Des mouches !
SABOULOT.
Mais enfin, qu'est-ce que je vous ai fait?
FINETTE
Il le demande! Mais sans vous, est-ce que je serais ici? C'est à vous que je dois ma réclusion.
s SABOULOT.
Eh! bien, si vous voulez, vous pouvez être libre. dites un mot à vos parents.
FINETTE, avec intérêt.
Quoi?
SABOULOT.
Que vous m'aimez!
FINETTE, sursautant, Moi! jamais!
SABOULOT.
Oh! étrange chose que la vie. j'aurai fait fi des
ACTE DEUXIÈME UE femmes qui m'ont aimé et il faut que ce soit celle que j'aime qui me repousse.
FINET'IE, avec un air de doute. Vous avez été aimé, vous? \ Certes. et discrètement sans qu’on me le dise.
FINETTE, railleuse.
Ah! bon!
SABOULOT.
C'étaient des femmes du monde!
FINETTE, mème jeu.
Ne les compromettez pas.
SABOULOT. | Jamais !... Ah ! Finette, pourquoi ne m’aimez-vous pas! nous aurions pu être si heureux dans le petit appartement que je nous avais fait meubler faubourg Poissonnière, Ah! que je suis malheureux !
Soupir de Finette.
SABOULOT.
Vous soupirez? Oh! dites-moi que je pis au moins espérer.
FINETTE
Oh! on peut toujours espérer.
SABOULOT, il se met à ses genoux.
Oui? Ah! Et vous m'aimerez.. hein! oh! aimez-moi | dites.
FINETTE
Qui sait! si vous y mettez du vôtre. (A part.) Non, mais c'est qu'il croit que c’est arrivé. (Indiquant la perruque.) Oh! mais d’abord je ne veux pas vous voir avec cette
vilaine chevelure. enlevez ça, dites.
SABOULOT, embarrassé.
Mais c’est à moi.
FINETTE
Oui? Eh! bien, faites-m’en cadeau!
SABOULOT, Hein!
a al 27 FINETTE., ; ‘ Oui, j'aime mieux la tête nature! Enlevez ca, voyons. 5 - Elle lui retire son toupet qui découvre un crâne magnifiquement 114 chauve sur la partie supérieure.
JA SABOULOT.
fu C'est que je suis un peu ras en-dessous.
L On aperçoit les élèves, la figure collée aux vitres. : FINETTE.
. Ah! comme je vous aime déjà mieux comme ca. (Lui à caressant la tête.) Ah! c’est doux, c'est lisse. vous avez dû D mettre du pilivore.
TÉE SABOULOT.
% Oui, oui, précisément.
LA FINETTE
NS. Alors maintenant,'je voudrais vous voir avec des che- È = veux... des cheveux à vous... Oh! tu laisseras pousser tes DU - cheveux, dis, Joseph.
# D » SABOULOT.
a Oui, certainement. Ah! Finette, que je suis heureux ! # FINETTE.
E- Et olors. Le jour où ta ‘auras tous tes cheveux... je
HE serai ta femme.
Ne. SABOULOT.'
De: Hein !
Ce < Les élèves quise sont formées en mondme viennent sur la pointe
e- des pieds, rejoindre Finette qui prend la tête du monôme et
D toutes décrivent en éclatant de rire, des arabesques derrière PA Saboulot qui reste tout le temps en vue du public. Elles re-
Le - montent ainsi défilant entre la première et la deuxième ran- ‘ , gée de pupitres, et viennent former le demi-cercle autour de PL Saboulot,
4 2e SABOULOT.
be: Je suis joué.
D - LES ÉLÈVES
DE. - Ah! ce caillou ! Ah! ce caillou!
Ai SABOULOT,
{ Ça n'est pas vrai ! Je me suis fait tondre.
# FINETTE, brandissant la perruque.
{= Et voici la coupe.
ARE ROLE we
s SABOULOT, furieux.
Rendez-moi ça !... Rendez-moi ça ! (Les élèves se rejettent la perruque da l’une à l'autre.) Ah ! c'est comme ça l.. je consigne toute la classe jusqu'à nouvel ordre. (11 regagne la chaire hors de lui et s’assied dans la cuvette.) Ah ! mon Dieu!
FINETTE
V'lan dans la cuvette.
LES ÉLÈVES, riant.
Ah! ah! ah!
N SABOULOT.
Je suis trempé! Où me changer.
. LES ÉLÈVES, le poussant vers les & arrêts, »
Tenez par là... (On l'introduit; une fois dedans, Finette met 1 verrou.) Enfermons-le,