SCÈNE VI
BOUVARD, SABOULOT, DU TRÉTEAU, La FouLE.
UNE COGOTTE est assise au café, UN GARÇON.
SABOULOT, à Bouvard.
Pardon, monsieur.
BOUVARD
Saboulot ! Lui ! (se dissimulant dans son mouchoir, comme s’il avait une rage de dents.) Ça n'est pas moi!
SABOULO.
Qu'est-ce qu'il raconte ? (a Bouvard.) Je voulais vous demander si vous n’auriez pas vu une dame voilée qui
eut l'air de chercher un jeune homme.
BOUVARD, mème jeu.
Non, j'ai pas vu, j'ai pas vu.
Figurez-vous.… (Bouvard fait un mouvement d'impatience.) Vous souffrez des dents, je connais ca. Figurez-vous que c’est bien drôle.
BOUVARD, même jeu.
Parfaitement, mais ça n’est pas moi que ca regarde. Pour les choses drôles, adressez-vous ailleurs... Tenez, le monsieur là-bas, qui est tout seul. (11 s'élanee à la suite de Finette,) Oh ! je saurai bien la dissuader.
SABOULOT.
Ah ! c’est lui qui estchargé.… Je vous demande pardon... Il y a un monsieur spécialement... Comme c’est monté. ce jardin de Paris!... (A du Tréteau qi est toujours assis à la table.) Bonjour, monsieur... (Du Tréteau, très étonné, se soulève et salue.) Ne vous dérangez pas... Il paraît que c’est vous que ça regarde. Eh |! bien, voilà !.. Figurez-vous que je reçois un billet ainsi concu : Venez ce soir. au Jardin de Paris, vous ne perdrez pas votre soirée. Signé :une dame voilée.
DU TRÉTEAU
Mais, monsieur, qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ?
SABOULOT.
Non, mais laissez donc !.…. (Appelant.) Garçon, une chartreuse.
LE GARÇON
Voilà, monsieur.
DU TRÉTEAU
Ah ! mais, il m'ennuie, ce toqué !.…
I1 emporte sa consommation à l’intérieur du café. Pas aimable ! le monsieur aux choses drôles.
LA COCOTITE, à Saboulot.
Vous permettez que je mette mes soucoupes sur votre table ?