D 2 ACTE TROISIÈME
SABOULOT.
La mère Bichu !... J'ai la berlue !.… MADAME BIGHU. :
Ah! ca, monsieur, est-ce que vous me prenez pour une
horizontale !
| SABOULOT.
Oh! croyez bien.
BICHU, à madame Bichu.
Me voilà !.… Tiens, Saboulot !.….
Ils se serrent la maia,
MADAME BICHU.
Ah! si vous saviez, mon pauvre monsieur Saboulot, toutes les catastrophes qui nous arrivent... Un misérable a enlevé ma fille !
Je sais tout, madame, et j'allais justement, à mon grand regret, vous rendre votre parole., MONSIEUR et MADAME BICHU.
Comment ?
ù SABOULOT.
Vous comprenez que je ne puisse plus songer à épouser une personne qui se compromet avec un autre... qui se donne en spectacle dans un jardin public.
MADAME BICHU,
Qu'est-ce qne vous dites?
SABOULOT.
Si vous étiez arrivée plus tôt, madame, vous auriez en« tendu votre fille chanter sur cette estrade « le Conseil de Révision. »
BICHU.
Ma fille ?
MADAME BICHU.
Ma fille chantait! ahl ah! ah! | . Elle a une crise de nerfs.
BICHU.
Allons! bon... Ne te trouve done pas mal, c'est pas le moment.
D, 2 £ : « EE in, à LT d Ce + "4
Eh ! bien, où donc le notaire a-t-il emmené Apollon ? (Se cognant dans sa famille.) Papa, maman !... Maman, papa |
BICHU.
Finette |.
MADAME BICHU, £. Malheureuse enfant !.… | BICHU.
; Détestable fille !
MADAME BICHU.
Toi! toil ici! Tu es la honte de ta famille !
ls, FINETTE.
5 Ah ! maman! ” BICHU.
Mais qui? mais qui voudra de toi maintenant? Malheureuse petite ?.… Monsieur Saboulot vient de nous rendre notre parole.
; FINETTE
Il a fait ça}! Ah ! merci, monsieur Saboulot,. SABOULOT.
‘ Hein ! il n’y a pas de quoi !
MADAME BICHU.
Enfin, qui voudra t'épouser ?
TOUS
Qui ? qui?
BOUVARD, entrant.
. Mais moi | MONSIEUR et MADAME BICHU.
Apollon Bouvard!
BICHU, s'élançant sur Bouvard tandis qu'on le retient.
Vous, le bagne.
MADAME BICHU.
L’échafaud !
Non, (S'avançant.) monsieur, je ne suis plus le petit peintre que vous connaissiez. J'aila chance de vendre mes tableaux au poids de l'or.
Es Far JE EE 74 Ar: es ACTE TROISIÈME | Fe MP BICHU.
Vous? Depuis quand !
BOUVARD
Mais depuis aujourd'hui... Me voilà coté. J'avais un tableau, un tableau dont tout le monde me refusait deux cents francs. Alors, j'ai eu une idée de génie. J'en ai demandé trente mille francs. On me l'a acheté tout de suite.
MONSIEUR et MADAME BIGHU.
Trente mille francs !
SABOULOT.
Allons donc!
GARLIN
Parfaitement !... C’est même à mon étude que monsieur aura à les toucher.
BICHU.
Ça peut donc gagner de l'argent, un peintre ? BOUVARD.
Monsieur Bichu, j’ai l'honneur de vous demanderla main de mademoiselle Finette Bichu, votre fille, que j'aimel FINETTE, à Bouvard.
Et qui vous le rend bien.
BOUVARD
Que répondez-vous ?
BICHU.
Ah ! que voulez-vous? vous avez des arguments sans
réplique.
Ah! Finette! Ah! Apollon | - SABOULOT.
Sujet de pendule, va!
Tout le monde entre. — On entend une détonation. BICHU.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
BOUVARD
C’est le feu d'artifice qui commence.
SABOULOT.
V'làl C’est le bouquet.
Amis, avant que de partir, La Lycéenne vous en prie, | FINETTE.
Contre elle, n’allez pas sévir, Pardonnez son grain de folie.
SABOULOT.
Et si notre lycée ici A fait un triste phénomène, FINETTE.
Prenez-vous en au lycée, oui, Mais non pas à la lycéenne.
TOUS
Chahut! chahut ! chahut!
Pour couronner notre but Des bravo, A gogo.
Allez-y, n'ayez pas l’trac!
Chahut ! chahut ! chahut!
Pour couronner notre but, Clic et clac, Encore bravo, Chaud! chaud ! chaud!
Le quadrille redouble de frénésie, Musées et détonations.
Rideau.