‹ La lyre canadienne [microforme]Chapitre 113 sur 163 · UN SOUVENIR A L'HOPITAL · texte numérisé non relu

UN SOUVENIR A L'HOPITAL

Romance.

Am : Des Espagnols m'ont pris, etc.

UR Ce grabat chaud de mon agonie, Pour la pitié je trouve encor des pleurs, Car un parfum de gloire et de génie Est répandu dans ce lieu de douleurs :

C’est là qu’il vint grand de ses espérances, Chanter encor, puis, prier et mourir ;

Puis, jerépète en comptant messouffrances : " Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir ! à

Ils me disaient : fils des Muses, courage !

Nous veillerons sur ta lyre et ton sort !

Ils le disaient hier, et dans l’orage

La pitié seule, aujourd’hui m’ouvre un port.

Tremb'2z méchans ! mon dernier vers s’allume !

Et, si je meurs, il vit pour vous flétrir….

Hélas ! mes doigts laissent tomber ma plume : Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir !

Si seulement une voix consolante Me répondait quand j'ai longtemps gémi !

Si je pouvais sentir ma main tremblante

Se réchauffer dans la main d’un ami!

Mais que d’amis, sourds à ma voix plaintive, À leurs banquets ce soir vont accourir,

Sans remarquer l’absonce d’un convive!

Pauvre Gilbert, que tu devais souffrir !

Jai bien maudit le jour qui m’a vu naître ; Mais la nature est brillante d’attraits ; Mais chaque soir le vent à ma fenêtre Vient secouer un parfum des forêts.

Marcher à deux sur les fleurs et la mousse,

Au fond des bois rêver, s’asseoir, courir, Oh ! quel bonheur ! oh ! que la vie est douce ! Pauvre Gilbert, que tu devais souffiir.

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