LA JEUNE MALADE
Romance.
Ain : Le jeune Edmond allait, etc,
, co RÉ TANT un soir: déjà le vent d’automne Se stèg AVait flétri la parure des bois; Le grain vermeil pétillait dans la tonne, Et des fruits mûrs la main avait le choix.
Loin de sa mère, une vierge timide, Dont la souffrance accablait les quinze ans, Seule, pensive, et l’œil de pleurs humide, Ainsi dans l’ombre exhalait ces accens :
eau, [SCeau $ es :
1s frères
‘ Rians côteaux, agréables'prairies, “ Oùse leva l’aurore de mes jours, “ Où s’égaraient mes douces réveries,
“ Faut-il, hélas ! vous quitter pour toujours? “ De la vallée une brise salubre
“ En vain ranime un impuissant effort ;
“ Mon pas chancelle ; un présage lugubre “ Ma révélé l’approche de la mort.
“ Et cependant combien la vie est belle ‘ Dans le matin de nos illusiors!
O dur moment ! lorsque la faulx cruelle ‘ Tranche le cours de nos affections !.… Quand les frimas sur toute la nature
“ Vont se répandre, au souffle des autans, “ J’habiterai la froide sépulture,
“ Et n’aurñ pas compté seize printemps.
“ Naguère encor, sur la rive odorante,
“ Où le ruisseau gazouillait sous mes yeux, “ J’aimais à voir dans son eau transparente, “Se réfléchir le pur éclat des cieux.
“ D’oiseaux heureux une troupe volage,
“ En folâtrant de rameaux en rameaux,
“ De leurs ébats animaient le fetullage
“ Et de leurs chants égayaient les hameaux.
‘“ Dès que le soir ramenait le silence,
“ Du peuplier, dont s’orne le chemin,
“ Mon œil suivait le front qui se balance ; “ J’errais contente, un bleuet à la main...
Plus d’espérance !... à la cloche qui tinte “ Vient de répondre un écho solennel ;
“ Et, sous les maux dont je subis l’atteinte, “ J'ai pressenti le sommeil éternel !
“ À vous, mes sœurs, objets de ma tendresse, ‘ A vous les ris, les jeux et les plaisirs; D’un chaste amour les rêves pleins d’ivresse, “ Et cet hymen, erreur de mes désirs !
“ Moi qui n’ai plus que de sombres alarmes,
“ Veuve à quinze ans d’un avenir si beau, “ Moi dont l’espoirn’attendplus quevoslarmes, “ À moi la paix et l’ombre du tombeau !”
Elle avait dit: dès l’aube de la ronde L’airain fatal publie, à l’Angélus, Qu’une jeune âme, exilée en ce monde, Est retournée au séjour des élus.
Comme une fleur par l’orage inclinée, La pauvre fille, aux regards abattus, Avait penché se tête infortunée,
Et dans la toinbe emporté ses vertus.
Le lendemain, ses compagnes fidèles,
) ance ; Ain...
ndresse, rs ; ’ivresse, s !
alarmes,
beau, slarmes, au !”
En voiles blancs, symboles de leur denil, Tenant chacune un bouquet d’immortelles, De leur amie entouraient le cercueil.
De tristes pleurs inondaient leur paupière, L’hymne funèbre alors montait vers Dieu $ Et du tombeau quand se ferma la pierre, Un long soupir fut leur dernier adieu,