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REPRODUCTION SYNTHÉTIQUE DES ALLURES DE L’HOMME

Lorsque nous avons terminé l’analyse d’un phénomène et que nous croyons en connaître tous les détails, c’est dans la synthèse que nous cherchons une sorte de contre-épreuve. Cette méthode nous a été d’un grand secours pour vérifier nos théories sur certains actes physiologiques, sur la circulation du sang par exemple. C’est en reproduisant, dans des conditions artificielles, les mouvements et les bruits du cœur, les pulsations artérielles, etc., que nous avons autrefois démontré l’exactitude de nos théories sur la nature de

ces phénomènes. La même méthode nous servira bientôt pour vérifier nos théories du vol de l’insecte et de l’oiseau. Dans le cas présent il s’agissait, d’après les données fournies par l’analyse, de reproduire les mouvements de la marche et des autres allures de l’homme.

Tout le monde connaît l’ingénieux instrument d’optique imaginé par Plateau qui lui a donné le nom PhénaMstiscope. Cet instrument connu également sous le nom de Zootrope présente à l’œil une série d’images successives de personnages ou d’animaux représentés dans des attitudes variées. Lorsque ces attitudes sont coordonnées de manière à présenter successivement à l’œil toutes les phases d’un mouvement, l’illusion est complète ; on croirait voir des personnages animés qui se meuvent de diverses manières.

Construit principalement pour l’amusement de l’enfance, cet instrument ne représente ordinairement que des personnages grotesques ou fantastiques animés de mouvements bizarres. Mais il nous a semblé qu’en plaçant dans l’appareil des figures construites avec soin et représentant fidèlement les attitudes successives du corps pendant la marche, la course, etc., on devrait reproduire l’apparence de ces différentes allures de l’homme.

M. Carlet dont nous avons cité les remarquables études sur la marche, et M. Mathias Duval, professeur d’anatomie à l’École des Beaux-arts, ont réalisé cette entreprise et, après quelques' tâtonnements, sont arrivés à d’excellents résultats.

M. Duval travaille à perfectionner son tableau qui fournit à l’œil 16 positions successives pour chaque pas des différentes allures de l’homme. Chaque figure est dessinée soigneusement d’après les résultats fournis par la méthode graphique. Animé d’une vitesse de rotation convenable, l’instrument simule, avec une précision parfaite, les différents mouvements de la marche ou de la course. Mais son principal avantage, c’est qu’en le faisant tourner avec lenteur, on obtient un ralentissement très-grand des mouvements qu’il représente, et que l’œil saisit avec la plus grande facilité ces actes dont la succession n’est pas saisi ssable dans la marche ordinaire.

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