‹ La machine animaleChapitre 33 sur 159 · DU GALOP · texte numérisé non relu

DU GALOP

On désigne sous ce nom plusieurs allures différentes dont le caractère commun est de faire entendre des battues irrégulières à retours périodiques. La plupart des auteurs distinguent trois sortes de galops d’après le rhythme des battues, et les nomment, suivant ce rhythme, galop à deux , à trois ou k quatre temps. La forme la plus ordinaire est le galop à trois temps; nous l’étudierons en premier lieu.

Expériences sur le galop. — La fig. 55 a été obtenue sur un cheval qui galopait à trois temps. A première vue, la notation de cette allure rappelle celle que nous avons représentée à propos du galop humain (fig. 36 p. 141), cette allure que les enfants imitent en gambadant. Il semble qu’on ait obtenu la notation du cheval en superposant deux de ces notations du galop bipède. C’est qu’en effet la comparaison

de Dugès est parfaitement juste, même quand elle s’applique au galop .

Analyse du tracé. — Au commencement de la figure» l’animal est suspendu au-dessus du sol; puis, arrive la bat-

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tue PG qui annonce que le pied postérieur gauche touche terre. C’est le pied diagonalement opposé à celui duquel le cheval galope en avant, et dont la battue AD s’effectuera la dernière.

Entre ces deux battues, et sensiblement au milieu de l’intervalle qui les sépare, s’exécute la battue simultanée des deux pieds du bipède diagonal gauche. La superposition des notations AG, PD, montre bien ce synchronisme.

Dans cette série de mouvements, l’oreille a donc entendu trois bruits, à peu près à intervalles égaux. Le premier bruit est produit par un pied d’arrière; le second par un bipède diagonal; le troisième par un pied d’avant.

Entre la battue simple d’avant, qui constitue le troisième bruit, et la première battue du pas de galop qui va suivre, règne un silence dont la durée est sensiblement égale à celle des trois battues prises ensemble; puis la série des mouvements recommence indéfiniment.

A l’inspection des courbes, on voit que la pression des pieds sur le sol doit être bien plus énergique dans le galop que dans les autres allures déjà représentées, car la hauteur des courbes est notablement plus grande que pour le trot, et surtout pour le pas. En effet, l’animal doit nonseulement supporter le poids de son corps, mais lui imprimer de violentes impulsions. C’est à la première battue que semble appartenir l’énergie la plus grande. A ce moment, le corps, un instant détaché du sol, retombe et c’est un seul pied qui soutient ce choc.

Fig. 56. — Galop à trois temps. A, indication des trois temps; B, indication du nombre des pieds qui forment l'appui du corps à chaque instant du galop à trois temps.

Si 1 on veut se rendre compte des appuis successifs qui soutiennent le corps pendant chacun des pas de galop, il

suffit de partager la durée de ce pas en instants successifs dans' lesquels le corps est tantôt supporté par un ou plusieurs pieds, et tantôt suspendu. La notation figure 56 permet de suivre, en A, la succession des battues et montre, en B, la succession des membres qui viennent à l’appui.

Si l’on cherche quelles sont les réactions qui se produisent au garrot, on les voit représentées figure 55 (ligne supérieure R). On constate un soulèvement onduleux qui dure pendant tout le temps oü l’animal touche le sol ; dans ce soulèvement, s’entrevoient les effets des trois battues qui y impriment une triple ondulation. Le minimum d’élévation de la courbe correspond, comme dans le trot, au moment où les pieds ne touchent pas le sol. Ce n’est donc pas non plus une projection du corps en l’air qui constitue le temps de suspension dans le galop. Enfin, en comparant les réactions du galop à celles du trot, figure 45, on voit que, dans le galop, les soulèvements et abaissements se font d’une façon moins brusque. Ces réactions sont donc moins dures au cavalier, quoiqu’elles puissent, d’une manière absolue, présenter une amplitude plus grande.

Piste du galop à trois temps. — D’après de Gurnieu cette piste est la suivante.

Fig. 57. — Piste du galop à trois temps raccourci. Les pieds postérieurs dont les empreintes ont la forme d’un U prennent terre en avant des empreintes des pieds d’avant. On a représenté ces dernières avec la forme d’un O.

La piste du galop varie suivant la vitesse de cette allure. Dans le galop raccourci des manèges, les pieds d’arrière laissent leur empreinte en arrière des pieds antérieurs ; dans le galop rapide, au contraire, ils viennent en avant des empreintes des pieds antérieurs. Tel cheval, dans l’allure de manège, galope presque sur place, qui, lancé au galop de course, couvre un espace énorme. D’après de Gurnieu, le fa-

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meux Eclipse couvrait 22 pieds anglais. Voici la piste que laissait sur le sol ce galop si rapide.

Fig. 58. — Piste de galop à’Eclipse d’après de Curnieu. Les empreintes des pieds d’arrière se portent très-loin en avant de celles des pieds antérieurs.

Représentation du cheval au galop. — Pour cette représentation, nous donnerons trois attitudes très-différentes les unes des autres et correspondant à peu près aux trois temps de cette allure.

Fig. 59, — Cheval au 1er temps du galop à droite. Appui exclusif du pied gauche postérieur. Le point blanc, dans la notation, correspond à l’instant pendant lequel le cheval a été représenté.

Au 1" temps, fig. 59, appui exclusif du pied postérieur sur lequel le cheval vient de retomber.

Au 2™e temps, fig. 60, le bipède diagonal gauche vient d’effectuer sa battue , le pied antérieur droit va se poser sur le sol, le postérieur gauche vient de se lever.

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