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DES TRANSITIONS ENTRE LES DIFFÉRENTES ALLURES

C’est une grande difficulté pour un observateur que de saisir comment se fait le passage d’une allure à une autre. La méthode graphique fournit un moyen très-facile de suivre ces transitions ; ce ne sera peut-être pas un des moindres avantages de l’application de cette méthode à Tétude des allures du cheval.

Pour bien comprendre ce qui se passe dans les transitions, il faut revenir à la comparaison de Dugès et se représenter deux marcheurs qui se suivent au pas, au trot ou au galop. Dans les allures soutenues, ces deux marcheurs présentent un rhythme constant dans la relation de leurs mouvements, tandis que dans les transitions, le marcheur d’arrière ou celui d’avant, suivant le cas, précipite ou ralentit ses mouvements de manière h changer le rhythme des battues. Des exemples rendront l’explication plus claire.

Les principales transitions sont représentées page 181.

La figure 64 est la notation d’une tansition du pas au trot.

Le caractère dominant de cette transition, indépendamment de l’augmentation de rapidité des mouvements, consiste en ce que les battues postérieures gagnent de vitesse sur les battues antérieures, de sorte que la battue postérieure gauche P G, par exemple, qui, pendant le pas, s’effectuait sensiblement au milieu de la durée de l’appui du membre antérieur droit A D, arrive graduellement à coïncider avec le début de l’appui A D, et avec la battue elle-même, quand le trot est établi.

La figure 65 indique au contraire la transition du trot au pas. On y voit, par un phénomène inverse, les battues diagonales, synchrones d’abord, se dissocier de plus en plus.

Une ligne ponctuée, qui réunit les battues diagonales gauches, est verticale au commencement de la figure, dans la partie qui correspond à l’allure du trot ; peu à peu cette ligne devient oblique, annonçant que le synchronisme disparaît. Le sens de l’obliquité de cette ligne montre que c’est l’arrière-main qui retarde dans le passage du trot au pas.

Dans le passage du trot au galop, la transition est trèscurieuse ; elle est représentée dans la notation fig. 66. On y voit, dès le début de la figure, que le trot est un peu décousu ; la ligne ponctuée qui réunit les battues diagonales gauches AG, PD, est déjà un peu oblique et accuse un léger retard du pied postérieur. Cette obliquité va toujours en augmentant , mais pour le bipède diagonal gauche seulement ; le bipède diagonal droit A D, P G reste uni, même après l’établissement du galop. La transition du trot au galop se fait non-seulement par le retard du pied postérieur, mais par l’avance du pied antérieur, de sorte que deux des battues diagonales, qui dans le trot étaient synchrones, laissent entre elles le plus grand intervalle : celui qui, dans le galop ordinaire, constitue le grand silence. Un changement inverse produit \a.transition du galop au trot, ainsi qu’on le voit dans la figure 67.

La transition du galop à quatre temps au galop à trois temps se fait par une anticipation croissante des battues de l’arrière main.

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