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vement, tandis qu’elle le ralentit dans le planement horizontal ou ascendant. Dans ces deux dernières formes, l’aile, plus ou moins obliquement dirigée, prend son point d’appui sur l’air, comme ce jouet d’enfant que l’on appelle cerf-volant; avec cette différence : que la vitesse est imprimée au cerfvolant par la traction exercée sur la ficelle lorsque l’air est calme, tandis que l’oiseau utilise, dans le planement, une vitesse qu’il a acquise : soit par une chute oblique, soit par des coups d’ailes préalables.
Nous avons dit que les observateurs avaient admis que certains oiseaux qu’ils appellent voiliers pouvaient, par la seule action du vent, se soutenir et se diriger dans l’air. Cette théorie a toute l’apparence d’un paradoxe ; on ne comprend pas, en effet, que l’oiseau, immobile dans le vent, ne subisse pas l’entraînement de l’air.
Si les passades ou les planements qu’il exécute peuvent le porter parfois en sens contraire de la direction du vent , ce n’est là que des effets passagers compensés, à un autre instant, par un entraînement plus rapide.
Cependant la théorie du vol à voile a été soutenue avec un grand talent par certains observateurs, et particulièrement par le comte d’Esterno, auteur d’un remarquable mémoire sur le vol des oiseaux.
Tout le monde, dit cet auteur, peut voir certains oiseaux pratiquer le vol à voile; le nier, c’est nier l’évidence.
On connaît encore si insuffisamment les lois de la résistance de l’air, surtout en ce qui concerne la décomposition de cette résistance quand elle agit contre des plans inclinés sous différents angles, qu’il n’y a pas lieu de se prononcer sur la question du vol à voile. Il serait téméraire de condamner absolument Dopinion des observateurs, en s’appuyant sur une théorie et sur des notions aussi vagues que celles que nous possédons sur ce sujet.
Rapport de la surface des ailes au poids du corps. Un des points les plus intéressants de la conformation des oiseaux consiste dans la détermination du rapport de la surface des ailes avec le poids de l’animal. Existe t-il un rapport cons-
tant entre ce poids et ces surfaces *7 Cette question a été l’objet de nombreuses controverses.
Il est déjà démontré que si l’on comparait des oiseaux d’espèces très- différentes et de poids égaux, on pourrait trouver que les uns ont des ailes deux, trois ou quatre fois plus étendues que les autres. Les oiseaux à grandes surfaces sont ceux qui se livrent le plus ordinairement au vol plané, et qu’on a appelés voiliers ; tandis que ceux dont l’aile est courte ou étroite sont plus ordinairement assujettis au vol ramé.
Mais, si l’on compare deux oiseaux rameurs entre eux ou deux oiseaux voiliers ; si, pqur faire mieux encore, on les choisit dans une même famille, afin de n’avoir entre eux que des différences de taille, on trouvera un rapport assez constant entre les poids de ces oiseaux et la surface de leurs ailes. Mais la détermination de ce rapport doit être basée sur certaines considérations qui ont longtemps échappé aux naturalistes.
M. de Lucy a cherché, pour tous les êtres qui volent à comparer la surface des ailes au poids de l’animal. Puis, afin d’établir une unité commune entre ces animaux d’espèces et de tailles si différentes, il rapportait toutes ces mesures à un type idéal dont le poids était toujours de 1 kilogramme. Ainsi, après avoir constaté que le cousin, qui pèse 3 milligrammes, possède des ailes de 30 millimètres carrés de surface, il concluait que dans le type cousin, le kilogramme d’animal était supporté par une surface alaire de 10 mètres carrés.
Dressant un tableau comparatif des mesures prises sur un grand nombre d’animaux d’espèces et de tailles différentes, M. de Lucy est arrivé aux chiffres suivants :
Poids Surface Surface
Espèces. de l animal. des ailes. pour i kilogr.
Cousin 3 milligr. 30 mm. carrés. 10 m. carrés.
Papillon 20 centigr. 1G63 mm. carrés. 8 1/3
Pigeon 290 gram. 750 c. carr. 2586 c. carr.
Cigogne 2265 gram. 4506 c. carr, 1988 c. carr.
Grue d’Australie . 9500 gram. 8543 c. carr. 899 c. carr.
De ces mesures, ressort ce fait bien saisissant : que les
animaux de grande taille et de grand poids se soutiennent avec une surface d’ailes beaucoup moindre que les petits.
Un pareil résultat montre déjà que le rôle de l’aile dans le vol n’est pas seulement passif, car une voile ou un parachute doivent toujours avoir des surfaces proportionnelles aux poids sur lesquels ils doivent agir. Considérée au contraire à son point de vue véritable, c’est-à-dire comme un organe qui devra frapper l’air, l’aile de l’oiseau devra, ainsi qu’on va le voir, présenter une surface relativement moindre chez les oiseaux de grande taille et de grand poids.
L’étonnement qu’on éprouve en présence du résultat obtenu par M. de Lucy disparaît lorsqu’on songe qu’il y a une raison géométrique pour laquelle la surface des ailes ne saurait croître en raison du poids de l’oiseau. En effet, si nous supposons deux objets de même forme, deux cubes, par exemple, dont l’un serait deux fois aussi grand que l’autre (en diamètre), chacune des faces du grand cube sera quatre fois aussi grande que celle du petit ; enfin, le poids du grand cube sera huit fois celui du petit. Ainsi pour tous les solides géométriquement semblables, les dimensions linéaires étant dans un certain rapport, les surfaces croîtront comme les carrés et les poids comme les cubes de ce rapport. Deux oiseaux semblables de forme, mais dont l’un sera deux fois plus large d’envergure que l’autre, auront des surfaces d’ailes dans le rapport de 1 à 4, et des poids dans le rapport de 1 à 8.
Le docteur Hureau de Villeneuve, s’appuyant sur ces considérations, a cherché à déterminer la surface d’aile qui pourrait faire voler une chauve-souris dont le poids serait celui d’un homme ; il a trouvé que chacune des ailes n’aurait pas 3 mètres de longueur.
Dans un remarquable travail sur l’étendue relative des ailes et sur le poids relatif des muscles pectoraux chez les différentes espèces d’animaux vertébrés volants (1), Hartings montre que l’on peut, dans la série des oiseaux, établir l’existence d’un certain rapport entre la surface des ailes