Parus cæruleus
A cette liste de Kartings nous en ajouterons une autre que nous avons dressée d’après la même méthode. Toutes les déterminations ont été faites sur des oiseaux tués au fusil et peu d’instants après la mort. Nous avons pris la surface des deux ailes, au lieu de n’en prendre qu’une seule à la manière ' de Kartings ; cette modification qui nous a paru nécessaire est la principale cause des différences que le lecteur constatera entre nos chiffres et ceux du physiologiste Kollandais. Pour rendre les deux tableaux comparables il faut, dans celui de Kartings, doubler le nombre obtenu comme expression du \/a
rapport 3-
\fp.
Nom de l’espèce.
Poids = p.
Surf, alaires = 2a.
Rapp- -3-^
gr-
Vultur
Vultur cinereus
Falco tinuunculus. . . .
Falco tinnuncul. minor .
Falco Kobek
Falco sublatio?
Falco palustris
Falco milvus
Strix passer ina
id.
Saxicola œnanthe. . • .
Alaudacrisiata
Corvus cornix
Upupaepops
Merops apiaster
Alcedo ispida
Alcedo afra?
Columba vinacea ....
Vanellus spinosus. . . .
Glareola
Buteo vulgaris
Perdix cinerea
Sturnus vulgaris ....
Corvus pica
id.
Hirundo urbica
Turdus merula. ....
Les écarts que Ton observe dans le rapport du poids du corps à la surface des ailes, chez les différentes espèces d’oiseaux, tiennent, en grande partie sans doute, à la forme des ailes. En effet, il n’est pas indifférent que la surface qui frappe l’air ait son maximum près du corps ou près de l’extrémité ; ces deux points ont des vitesses bien différentes. Pour une égale étendue de surface, la résistance sera donc plus grande à la pointe de l’aile qu’à sa base. Il suit de là que deux oiseaux de surfaces d’ailes inégales pourront trouver sur l’air la même résistance pourvu que ces surfaces soient différemment réparties.
Le poids des muscles pectoraux est au contraire dans un rapport simple avec le poids total de l’oiseau, et, malgré les écarts qui correspondent aux divers degrés d’aptitude au
vol dont chaque espèce est douée, on voit qu’il est environ de 1/6® dans le plus grand nombre des oiseaux.
En résumé, chaque animal qui se soutient en l’air doit développer un travail proportionnel à son poids ; il devra, à cet effet, posséder des masses musculaires proportionnées à ce poids ; car, ainsi que nous Tavons vu, si les actions qui se passent dans les muscles des oiseaux sont toujours de même nature, ces actions et le travail qu’elles engendrent sero^y; proportionnels aux masses des muscles.
Mais comment se fait-il que des ailes dont les surfaces varient comme le carré des dimensions linéaires des oiseaux suffisent à mouvoir des poids qui varient dans le rapport des cubes de ces dimensions ?
On peut prouver que si les battements des ailes avaient la même fréquence chez les gros oiseaux que chez les petits, chaque coup d’aile aurait une vitesse dont la valeur croîtrait avec la taille de l’oiseau, et comme la résistance de l’air augmente, pour chaque élément de la surface de l’aile, suivant le carré de la vitesse de cet organe , il en résulterait, au point de vue du travail effectué sur l’air, un avantage considérable pour l’oiseau de grande taille.
Il suit de là que, pour se soutenir, les oiseaux de grande taille n’auraient pas besoin de donner des coups d’ailes aussi fréquents que les petits oiseaux.
Les observateurs n’ont pu, jusqu’ici, déterminer assez exactement le nombre des battements des ailes pour savoir si leur fréquence présente un rapport exactement inverse de la taille des oiseaux ; mais il est facile de voir que c’est dans ce sens que varie la fréquence des coups d’ailes chez les oiseaux de différentes tailles.