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THÉORIE DU YOL DE L’OISEAU

de l’aile est en quelque sorte passive, c’est-à-dire qu’elle subit la pression de l’air sur sa face inférieure, lorsque l’oiseau est projeté rapidement en avant par sa vitesse acquise. Dans ces conditions, l’animal tout entier étant transporté dans l’espace, tous les points de son aile sont animés de la même vitesse; les régions voisines du corps sont aussi utilisables que les autres pour subir la poussée de l’air qui agit sur elles comme sur un cerf-volant.

Fig. H7. — Partie active et partie passive de l’aile de l’oiseau

Aussi la base de l’aile chez l’oiseau, loin de se réduire, comme chez l’insecte, à une tige rigide mais nue, est-elle très- large et munie de pennes et de couvertures qui constituent une grande surface sous laquelle l’air presse avec force et d’une manière très-efficace pour soutenir l’oiseau. La figure 117 donne une idée de cette disposition de l'aile à la fois active et passive d’un oiseau.

La moitié interne, dépourvue de vitesse suffisante, dans son abaissement doit être considérée comme la partie passive de l’organe, tandis que la moitié externe est la partie active, celle qui frappe sur l’air.

Par sa vitesse très-grande, la pointe de l’aile doit rencontrer dans l’air plus de résistance que toute autre partie de cet organe : de là l’extrême rigidité des pennes dont elle est formée. Les conditions de vitesse décroissante expliquent la flexibilité de plus en plus grande des pennes dans les parties de l’aile plus voisines du corps; et enfin la minceur extrême des plumes de la base ou partie passive de l’aile.

Ajoutons que l’effet de cerf-volant doit se produire sur la base de l’aile, même pendant le temps où la pointe frappe l’air, de sorte que l’oiseau, dès qu’il a pris sa vitesse, serait constamment allégé d’une nartie de son poids, grâce à ce plan inclinéi

La reproduction du mécanisme du vol préoccupe aujourd'hui bien des chercheurs, nous n’hésitons pas à avouer que ce qui nous a soutenu dans cette laborieuse analyse des différents actes du vol de l’oiseau, c’est le ferme espoir d’arriver à imiter d’une manière de moins en moins imparfaite ce type admirable de la locomotion aérienne. Dans nos essais qui ont été interrompus pendant les deux dernières années, nous avions obtenu déjà quelques succès.

On a pu voir dans notre laboratoire des appareils ailés qui, adaptés au manège, lui imprimaient un mouvement de rotation assez rapide. Mais ce n’était là qu’une imitation fort imparfaite, que nous espérons bientôt améliorer. Déjà un jeune et ingénieux expérimentateur, M. Alphonse Pénaud, a obtenu dans cette direction des résultats beaucoup plus satisfaisants. Le problème de la locomotion aérienne, considéré naguère comme une utopie, est abordé aujourd’hui d’une manière vraiment scientifique.

Le plan des expériences à faire est tout tracé; il consistera à comparer sans cesse les appareils artificiels de vol à l’oiseau véritable, en les soumettant tous deux aux procédés d’analyse que nous avons si longuement décrits; ensuite on modifiera les appareils jusqu’à ce qu’ils imitent fidèlement les mouvements de l’oiseau. Dans ce but, nous venons d’entreprendre une série nouvelle d’expériences; de nouveaux appareils sont en construction et pourront fonctionner bientôt.

Nous espérons avoir prouvé au lecteur que rien n’est impossible dans l’analyse des mouvements du vol de l’oiseau; il nous accordera, sans doute, que la mécanique peut toujours reproduire un mouvement dont la nature est bien définie.

APPENDICE

PROGRÈS RÉALISÉS DANS LES MÉTHODES d’INVESTIGATION

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