‹ La machine animaleChapitre 7 sur 159 · TRANSFORMATIONS DE LA FORGE · texte numérisé non relu

TRANSFORMATIONS DE LA FORGE

former en chaleur la totalité du travail appliqué à cet effet. Gela n’exclut en rien la loi d’équivalence dont nous venons de parler; car s’il est vrai que dans une machine à vapeur, par exemple, on ne puisse retrouver sous forme de travail qu’une faible partie, 12 0/0 environ, de la chaleur produite par le foyer, il n’en est pas moins vrai que cette quantité de chaleur disparue fournit en travail précisément le nombre de kilogrammètres qui correspond à son équivalent mécanique.

A peine ces notions étaient-elles introduites dans la science que les physiologistes essayèrent de s’en servir pour éclairer la question si obscure de la chaleur et du travail produits par les animaux. L’assimilation des êtres vivants aux machines thermiques était déjà à l’état de conception vague. On va voir quelles clartés elle a reçues de la théorie nouvelle.

Les forces, avons -nous dit, se produisent au sein de l’organisme. Tous les êtres vivants dégagent de la chaleur, tous produisent du travail. Le dégagement de ces forces se fait par la transformation chimique des aliments.

On peut, sur l’être vivant, mesurer approximativement les quantités de chaleur et de travail produites et même estimer la quantité de force contenue dans les aliments; il suffit, pour cela, d’appliquer les méthodes que les physiciens ont employées dans l’estimation des forces inorganiques.

Ainsi, un homme placé pendant quelque temps dans un bain cédera à l’eau une certaine quantité de calories qui se mesurera aisément. Appliquée à mouvoir une machine, la force d’un homme ou d’un animal produira un nombre de kilogrammètres non moins faciles à mesurer. Enfin, si f on soumet les aliments aux expériences qui déterminent le pouvoir échauffant des différents combustibles, on trouvera que chacun d’eux contient une certaine quantité de force en ten- - sion. Favre et Silbermann ont fourni sur ce point de précieux . renseignements laborieusement accumulés ; Frankcland a continué ces recherches. Aujourd’hui, on connaît le pouvoir calorifique de presque toutes les substances alimentaires ; il est donc possible d’évaluer ce que leur oxydation complète , donnera de force libre, soit sous forme de chaleur, soit sous forme de travail. , , : :

FORGES ET ORGANES

Mais, ainsi qu’on l’a vu pour les combustibles que l’industrie emploie, l’oxydation n’est pas toujours complète. La houille, en partie consumée, donne des résidus solides ou gazeux, tels que le coke et l’oxyde de carbone, qui eux-mêmes, en s’oxydant d’une manière plus complète, fournissent une certaine quantité de chaleur. De même, les résidus de la digestion renferment encore en eux de la force non dégagée. L’estimation de toutes ces forces doit être faite, si l’on veut savoir ce que les matières alimentaires, en traversant l’organisme, ont perdu de leur force en tension, et ce que, par conséquent, on doit retrouver sous forme de force en action. La sécrétion urinaire élimine aussi des produits incomplètement transformés : l’urée et l’acide urique contiennent encore de la force en tension ; il faut en tenir compte dans les calculs.

Enfin, la vapeur d’eau qui sature l’air sortant des poumons enlève à l’organisme et emporte avec elle une certaine quantité de chaleur, comme cela se passe dans la chaudière d'une machine à vapeur ; il en est de même pour l’évaporation cutanée.

Cette complication dans la mesure de la force chez les êtres organisés montre quelles difficultés attendent ceux qui voudraient chercher à vérifier sur l’être vivant les principes de la thermo-dynamique; et pourtant il serait illogique d’admettre ^sans preuve que, dans les êtres vivants, les forces physiques n’obéissent pas aux lois ordinaires. Fermement convaincus de la généralité des lois de la thermo-dynamique, plusieurs savants ont tenté de la démontrer sur l’organisme animal.

J. Béclard, le premier, essaya de prouver que, dans les muscles de l’homme, la chaleur peut se substituer au travail mécanique et réciproquement. A cet effet, il explorait la température thermométrique de deux muscles qui se contractaient tous deux, mais dont l’un faisait du travail, c’està-dire soulevait des poids, tandis que l’autre ne travaillait pas. On devait s’attendre à trouver moins de chaleur dans le premier muscle, car une partie de la chaleur produite pendant sa contraction avait dû se transformer en travail.

L’idée qui présidait aux expériences de Béclard é^it assu-

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