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lions d'attelage qui sont les plus propres à la bonne utilisation de la force des animaux.
C'est dans ce sens que le progrès tend à se faire, mais si l'on se plaint avec raison que sa marche soit un peu lente , il n'en faut accuser qu'une notion imparfaite du mécanisme de la locomotion. Qu'on perfectionne cette étude et les applications utiles en sortiront d'elles-mêmes.
L'homme s'est manifestement inspiré de la nature dans la construction des appareils de la navigation. Si la carène du navire est, comme on l'a dit justement, taillée sur le modèle de l'oiseau nageur, si l'invention de la voile et celle des rames sont imitées de l'aile du cygne enflée par le vent et de sa patte membraneuse qui frappe l'eau^ ce n'est là qu'une partie des emprunts que l'art a faits à la nature. Il y a plus de deux cents ans que Borelli, étudiant la condition de stabilité et de déplacement des poissons, traçait le plan d'un navire plongeur construit sur le même principe que les formidables Monitors qui ont fait leur apparition dans la récente guerre d'Amérique.
Dans la navigation moderne, la question dynamique laisse encore bien des points obscurs. Quelle forme donnera-t-on à un navire pour qu'il trouve dans l'eau le moins possible de résistance? Quel propulseur choisira-t-on pour utiliser le plus avantageusement la force de la machine ? De l'aveu des hommes compétents en pareille matière, ces problèmes sont trop complexes pour qu'on puisse déterminer par le calcul les conditions les plus favorables dans la construction des navires. Faut-il attendre que l'empirisme, à force de tâtonnements ruineux, nous ait appris comment il faut résoudre^ un problème dont la nature nous offre les solutions les plus variées? Déjà d'ingénieux constructeurs ont tenté d'imiter les propulseurs naturels ; ils ont muni de petits bateaux
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d'un appareil qui fonctionne comme la queue du poisson, en oscillant comme elle d'un mouvement alternatif. Et il s'est trouvé que ces appareils, bien qu'imparfaits encore, constituent déjà des propulseurs énergiques ; ils seront peut-être un jour préférés à tous ceux qu'on a employés jusqu'ici.
Quant à la locomotion aérienne, elle a toujours eu le privilège d'exciter vivement la curiosité chez l'homme. Que de fois ne s'est-il pas demandé s'il devrait toujours envier à l'oiseau et à l'insecte leurs ailes, et s'il ne pourrait aussi voyager à travers les airs, comme il voyage à travers les océans? A différentes époques, des hommes qui faisaient autorité dans la science ont proclamé, à la suite de longs calculs, que c'était là un rêve chimérique. Mais que d'inventions n'avons-nous pas vu réaliser qui avaient été pareillement déclarées impossibles ? La vérité c'est que toute intervention des mathématiques est prématurée tant que l'étude de la nature et l'expérimentation n'auront pas fourni les données précises qui seules peuvent servir de solide point de départ aux calculs de ce genre.
Nous tenterons donc d'analyser les actes si rapides qui se produisent dans le vol des insectes et des oiseaux; nous essaierons ensuite d'imiter la nature et nous verrons, une fois de plus, que c'est en s'inspirant d'elle qu'on a le plus de chances de résoudre les problèmes qu'elle a résolus.
Déjà, nous pouvons l'affirmer, dans les actes mécaniques de la locomotion terrestre, aquatique et aérienne, il n'est rien qui puisse échapper aux moyens d'analyse dont nous disposons. Serions-nous dans l'impossibilité de reproduire un phénomène que nous avons compris? Nous ne pousserons pas si loin le scepticisme.
On a pu affirmer longtemps que la chimie, toute-puissanle quand il s'agit de décomposer les substances organi-
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ques, serait toujours incapable de les reproduire. Qu'est devenue cette prédiction décourageante?
Nous espérons que le lecteur qui voudra suivre les recherches expérimentales exposées dans ce livre en retirera cette conviction : que bien des impossibilités d'aujourd'hui n'ont besoin, pour être réalisées, que d'un peu de temps et de beaucoup d'efforts,
Mars 1873.