‹ La machine animale locomotion terrestre et aérienneChapitre 55 sur 101 · Parus caeruleus · texte numérisé non relu

Parus caeruleus

A cette liste de Hartings nous en ajouterons une autre que nous avons dressée d'après la même méthode. Toutes les déterminations ont été faites sur des oiseaux tués au fusil et peu d'instants après la mort. Nous avons pris la surface des deux ailes, au lieu de n'en prendre qu'une seule à la manière de Hartings; cette modification qui nous a paru nécessaire est la principale cause des différences que le lecteur constatera entre nos chiffres et ceux du physiologiste Hollandais. Pour rendre les deux tableaux comparables il faut, dans celui de Hartings, doubler le nombre obtenu comme expression du

slâ rapport 3^

Nom de l'espèce. Poids =. p. Surf, alaires =: 2a. Rapp. -3 gr. ce.

Vultur 1663,94 3131 4,722

Vultur cinereus 1535,00 3233 4,929

Falcotinnunculus. . . . 128,94 642 5,015

Falco tinnuncul. minor . 147,36 546 4,424

FalcoKobek 282,44 970 4,747

Falco sublatio ? 509.62 1684 5,138

Falco palustris 208,76 1188 5,810

Falco milvus 620,14 190't 5.117

Strix passerina 122,80 394 3,993

id. 128,94 442 4,16^

Saxicola œnanthe. . . . 56,05 125 2,922

Alaudacrislata 30,80 202 4,273

Corviis cornix 374,54 1156 4,717

Upupaepops 49,12 329 4,952

Merops apiaster 18,30 117 4,105

Alcedo ispida 82,89 270 3,769

Alcedo afra ? 85,96 288 3,845

Columba vinacea .... 112,00 292 3,545

Vanellus spinosus. . . . 159,64 636 4,649

Glareola 95,17 343 4,056

Buteo vulgaris 785,00 1651 4,405

Perdix cinerea 280,00 320 2,734

Sturnus vulgaris .... 78,00 202 3,326

Corvuspica 212,00 540 3,906

id. 275,00 690 4,039

Ilirundo urbica 18,00 120 4,180

Turdus merula 94,00 230 3,335

Les écarts que l'on observe dans le rapport du poids du corps à la surface des ailes, chez les différentes espèces d'oiseaux, tiennent, en grande partie sans doute, à la forme des ailes. En effet, il n'est pas indifférent que la surface qui frappe l'air ait son maximum près du corps ou près de l'extrémité ; ces deux points ont des vitesses bien différentes. Pour une égale étendue de surface, la résistance sera donc plus grande à la pointe de l'aile qu'à sa base. Il suit de là que deux oiseaux de surfaces d'ailes inégales pourront trouver sur l'air la même résistance pourvu que ces surfaces soient différemment réparties.

Le poids des muscles pectoraux est au contraire dans un rapport simple avec le poids total de l'oiseau, et, malgré les écarts qui correspondent aux divers degrés d'aptitude au

vol dont chaque espèce est douée, on voit qu'il est environ de 1/6* dans le plus grand nombre des oiseaux.

En résumé, chaque animal qui se soutient en l'air doit développer un travail proportionnel à son poids ; il devra, à cet effet, posséder des masses musculaires proportionnées à ce poids ; car, ainsi que nous l'avons vu, si les actions qui se passent dans les muscles des oiseaux sont toujours de même nature, ces actions et le travail qu'elles engendrent seront proportionnels aux masses des muscles.

Mais comment se fait-il que des ailes dont les surfaces varient comme le carré des dimensions linéaires des oiseaux suffisent à mouvoir des poids qui varient dans le rapport des cubes de ces dimensions?

On peut prouver que si les battements des ailes avaient la même fréquence chez les gros oiseaux que chez les petits, chaque coup d'aile aurait une vitesse dont la valeur croîtrait avec la taille de l'oiseau, et comme la résistance de l'air augmente, pour chaque élément de la surface de l'aile, suivant le carré de la vitesse de cet organe , il en résulterait, au point de vue du travail effectué sur l'air, un avantage considérable pour l'oiseau de grande taille.

Il suit de là que, pour se soutenir, les oiseaux de grande taille n'auraient pas besoin de donner des coups d'ailes aussi fréquents que les petits oiseaux.

Les observateurs n'ont pu, jusqu'ici, déterminer assez exactement le nombre des battements des ailes pour savoir si leur fréquence présente un rapport exactement inverse de la taille des oiseaux ; mais il est facile de voir que c'est dans ce sens que varie la fréquence des coups d'ailes chez les oiseaux de différentes tailles.

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