‹ La machine animale locomotion terrestre et aérienneChapitre 69 sur 101 · Conférence de La Haye, loc. cit · texte numérisé non relu

Conférence de La Haye, loc. cit

Nous avons représenté figure 131 les durées relatives de l'appui du pied dans une marche M, et dans une course G, ayant toutes deux la même cadence. On voit que, grâce à la brièveté des appuis, la période d'oscillation du pied marquée est plus longue dans la course; elle exige donc un moindre travail musculaire.

Fig. 131. — Notations des appuis et levés des pieds dans la marche et dans la courso au même rythme.

En attendant que les études qui se poursuivent nous permettent d'assigner une valeur assez approchée au travail musculaire dans les différentes allures de l'homme, nous avons entrepris certaines expériences qui permettent d'apprécier les conditions les plus favorables aux différents types de locomotion, celles qui donnent le plus A'effel utile, c'està-dire qui, avec le moins de fatigue, permettent de faire en un temps donné le plus de chemin possible.

A cet effet, nous avons disposé à la Station physiologique (annexe du Collège de France) une piste sur laquelle on marche à diverses allures, tandis qu'un appareil inscripteur traduit par une courbe les espaces parcourus en fonction du temps ^

C'est ainsi que nous avons pu constater que le rythme de la marche modifie d'une manière assez complexe la vitesse de l'allure et la longueur du pas. De 60 à 75 doubles pas à la minute, la longueur de ceux-ci croît avec l'accélération du rythme; elle décroît ensuite assez rapidement. De sorte que, tout en se fatiguant beaucoup, le marcheur avance moins vite quand le rythme est trop rapide : cela s'observe à 85 doubles pas à la minute.

1. Pour la description de cette piste et de la Station physiologique, voir le journal la Nature, 1883.

Nous avons vu également que la forme des chaussures influe sur la longueur du pas. Des talons bas et des semelles un peu longues et fermes augmentent la longueur du pas, et par conséquent la vitesse de l'allure.

Ces études peuvent se faire sur toute espèce de terrain au moyen d'un instrument que nous nommons odographe ', et qui inscrit le nombre de pas en fonction du temps ou du chemin parcouru.

Telles sont, sommairement énumérées, les nouvelles recherches que nous avons entreprises sur la locomotion humaine, et pour lesquelles les dynam.omètres inscripteurs et la chrono-photographie ont donné des facilités singulières.

VL — DU POINT d'appui DE l'AILE DE l'OISEAU SUR l'air.

Le travail eff'ectué par les oiseaux pendant le vol s'expliquait mal par ce que l'on savait sur la résistance de l'air. En eff"et, si l'on mesure chronographiquement la durée d'abaissement de l'aile d'une buse, par exemple, et qu'on imprime à une surface semblable à cette aile un mouvement de même ampUtude et de même durée, la résistance de l'air est incapable de fournir un point d'appui suffisant pour soutenir le poids de l'oiseau. Il nous a semblé que, dans le vol, la translation de l'oiseau accroît beaucoup la résistance que l'aile rencontre sur l'air quand elle s'abaisse, et nous avons proposé l'explication suivante : Lorsqu'il n'y a pas translation de l'oiseau, l'aile qui frappe la colonne d'air sous-jacente imprime bientôt à celle-ci un déplacement, de sorte que le point d'appui fuit, en quelque sorte, au-dessous de l'aile qui s'abaisse. Lors, au contraire, que le corps de l'oiseau est animé d'une translation, l'aile rencontre, à chaque phase de son abaissement, des colonnes d'air nouvelles, dont chacune

Page 1