‹ La machine animale: locomotion terrestre et sérienneChapitre 35 sur 124 · DU PAS · texte numérisé non relu

DU PAS

Expériences sur le pas. — Les développements dans lesquels nous sommes entré, à propos de l'analyse d'un tracé* du trot, rendront facile l'interprétation de celui du pas qui est représenté flg. 50. Ce tracé a été obtenu sur le mômecheval que les précédents.

Si nous prolongeons, par une ligne verticale, les débuts dechacune des courbes , nous aurons la position des battues successives des quatre membres. Comme d'après la |. osseur du style employé pour tracer ces courbes, il est facile da reconnaître le pied auquel correspond chacune d'elles, on peut, sur chacune des verticales ainsi prolongées , indiquer par des initiales, le pied qui, à ce moment, opère sa battue. Or, Tordre de succession des battues est représenté par les lettres AD, fG, AG, PD; c'est-à-dire pieds : antérieur droite postérieur gauche^ antérieur gauche^ postérieur droity ce qui est la succession admise par les auteurs.

Reste à déterminer le plus ou moins de régularité dans la succession de ces battues, et la valeur relative des intervalles qui les séparent. Pour cela, il suffit de construire, d'après les courbes enregistrées, la notation du rhythme des appuis de chaque pied. Cette notation , pour la figure 50, montre que l'intervalle qui sépare les battues est toujours le même, et que, par conséquent, le cheval reste appuyé le n(iéme temps sur les bipèdes latéraux et sur les bipèdes diagonaux.. Mais il n'en est pas toujours ainsi.

Pour faire comprendre les positions successives du centre de gravité, nous exposerons brièvement la manière dont la notation de la figure 50 a été construite. Si l'on abaisse des lignes verticales correspondant a chacune des battues, en commençant par celle du pied antérieur droit qui portera le

11° 1 , on aura partagé la figure en tranches successives dans lesquelles se trouveront à l'appui, tantôt deux membres du même câté, bipède latéral, tantôt deux membres situés ea

diagonale. Ainsi, de 1 à 2, le cheval reposerait sur le bipède latéral droit ; de 2 ft 3, sur le bipède diagonal droit (c'est-

à-dire sur celui dans lequel le pied d'avant est le droit) ; de 3 à 4, sur le bipède latéral gauche ; de 4 à 5, sur le bipède diagonal gauche; enfin, de 5 à 6 le cheval se retrouverait, comme au commencement, sur le bipède latéral droit.

Cette expérience se rapporte entièrement à latliéorie clas- ' sique du pas (voy. n° 5 du tableau synoptique), mais cer-^ tains chevaux marchent un pas assez différent. |

La fig. 51 est la notation du pas d un cheval qui restait plus longtemps sur les appuis latéraux que sur les diagonaux.

D'autres fois l'inverse se produit ; dans les transitions du pas au trot, par exemple, nous avons trouvé la durée des appuis diagonaux prédominante.

Cette étude, pour être complète, devrait être faite dans des conditions plus favorables que celles où nous nous sommes trouvé jusqu'ici. Il faudrait pouvoir disposer de chevaux nombreux appartenant à des races différentes, étudier leur marche lorsqu'ils sont tenus en main, montés, attelés; il faudrait faire varier la charge qu'ils portent ou la traction qu'ils développent ; opérer tour à tour sur terrain plat ou sur des pentes, etc. Tout cela ne peut être réalisé que par les hommes spécialement intéressés à ces études et placés dans de bonnes conditions pour les entreprendre.

En observant les chevaux de trait, il nous a semblé que dans les descentes, lorsque l'animal doit retenir le poids de la voiture qui tend à le pousser, il peut y avoir à la fois trois pieds sur le sol. C'est là ce que Boreili considérait comme le pas normal ; on vient de voir, au contraire, que dans le pas franc, il n'y a jamais à la fois que deux pieds sur le sol.

Quant aux réactions pendant le pas, elles n'ont pas été représentées sur la figure 50. Nous avons constaté, qu'en général, les réactions de l'avant-main sont seules un peu fortes; il semble, à voir Vextrême faiblesse .des mouvements de la croupe, que l'action des membres postérieurs consiste, principalement, en un effet de propulsion en avant, avec très-peu d'impulsion du corps dans le sens vertical. Cela s'accorde avec la théorie assez généralement admise, par laquelle les membres antérieurs

n'auraient guère, à l'état normal, que le rôle de supports alternatifs de l'avant-main, tandis qu'aux membres postérieurs appartiendrait Taction propulsive et Tefifort de traction développé par l'animal.

La piste du pas, d'après Vincent et Goiffon, est analogue ^à celle du trot, sauf qu'elle présente un moindre intervalle entre deux empreintes successives du'^même côté.

Fig. S2. — Piste du pas, d'après Viacent et Goiffon.

Dans le pas ordinaire, cette distance serait égale à la taille du cheval mesurée au garrot. Comme dans le trot, les empreintes sont doubles dans le pas; celles de droite alternent d'une manière parfaite avec celles de gauche. Ce caractère de la piste du pas ne s'observe du reste que dans certaines conditions de vitesse de l'allure et en terrain plat. Dans une montée, les empreintes des pieds postérieurs restent ordinairement en arrière de celles des pieds d'avant; elles peuvent les dépasser, au contraire, dans les descentes , ce qui donnerait à la piste du pas quelque ressemblance avec celle de l'amble.

Fig. 53. — Piste de l'amble d'après Vincent et Goiffon ; elle ne diffère de celle da pas que par la non superposition des empreintes d'un même côté. Le pied postérieur se pose en avant de l'empreinte antérieure.

Représentation du cheval au pas, — La représentation du cheval au pa^ a été faite par M. Duhousset dans la fig. 54. L'instant choisi est marqué dans la notation par un point.

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Nous ne donnerons pas l'énumératioa des positions que la notation exprime pour chacun des membres de l'animal à cet instant, nous l'avons déjii fait pour le trot.

rig. M. — B«frtuiiUtloi

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