‹ La machine animale: locomotion terrestre et sérienneChapitre 40 sur 124 · REGLE A NOTATION DES ALLURES · texte numérisé non relu

REGLE A NOTATION DES ALLURES

Les figures 68 et 69 montrent la dispoàtion de ce petit instrument.

Qu'on imagine une règle de bois noir creusée de quatre rainures étroites dans lesquelles glissent des réglettes alternativement blanches et noires ou gri^^es et noires aûn de figurer la notation de l'amble comme dans le n" 1 du tableau.

Si nous poussons vers la gauche les deux réglettes inférieures d'un mouvement simultané, Qg. 68, nous formerons, suivant l'étendue du déplacement, l'une ou l'autre des notations du tableau des allures régulières. Une série de repères 1, 2, 3, 4, etc., en face desquels on amène la battue postérieure gauche permet de former sans tâtonnement une notation quelconque.

Pour former les notations du galop, il faut déplacer l'une par rapport ^ l'autre, les réglettes qui correspondent aux membres antérieurs de manière à les faire chevaucher l'une sur l'autre comme cela se voit dans la notation S

Voici quel est l'avantage de la règle à notation.

Quand on s'est assuré qu'une allure est régulière, il suffit d'examiner les battues des deux pieds droits, par exemple, pour construire la notation toute entière. En effet suivant que la battue d'arrière est synchrone avec celle d'avant, ou qu'elle la précède d'un quart, de moitié, des trois quarts ou de toute la durée d'un apoui, on place les deux réglettes inférieures dans la position qu'elles doivent occuper, et la notation se trouve construite naturellement; elle indique les rhylhmes des battues, la durée des appuis latéraux et dia-

gonaux, etc. Il en est de même pour la construction des notations du galop.

L'artiste qui veut représenter un cheval à un instant quelconque d'une allure peut facilement déterminer l'attitude correspondante. Il forme, sur la règle, la notation de l'allure que le cheval doit avoir. Puis, sur la longueur qui correspond dans cette notation à la révolution d'un pas, il tire une ligne verticale et un point quelconque. Cette ligne correspond à un certain instant du pas. Or, comme on peut, sur la Ion* gueur qui correspond à un pas, tracer sur la règle un nombre indéfini de lignes verticales, il s'ensuit que Fartiste peut choisir dans la durée d'un pas, à une allure quelconque, un nombre indéfini d'attitudes différentes.

Supposons ce choix fait, et qu'il s'agisse de l'allure du pas (fig. 68) et dans cette allure, que le peintre veuille représenter l'instant qui est marqué par la ligne verticale 7. La notation lui apprendra qu'à cet instant, le pied antérieur droit est au commencement du posé, que l'antérieur gauche est par conséquent au commencement du levé, que le postérieur droit est près de la fin de son appui, enfin qu& le postérieur gauche est près de la fin de son levé.

Il suffira, pour représenter exactement l'animal, de connaître l'attitude de chaque membre antérieur ou postérieur aux différents instants de son posé et de son appui, ce qui est relativement facile. Mais l'artiste guidé par cette méthode évitera à coup sûr les attitudes fausses qui rendent si souvent les chevaux qu'il représente absolument invraisemblables.

FIGURES SCHÉMATIQUES DES aLLURES DU CHEVAL.

M. Mathias Duval a entrepris dé faire, pour la locomotiôtr du cheval, une série de tableaux qui, vus au phénakisticope> représentent l'animal en mouvement et aux diverses allures. Cet ingénieux physiologiste a eu l'idée de reproduire sous une forme animée, pour ainsi dire, ce que la notation des

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allures donne à l'état de rhythme. Voici la disposition qu'il a employée. Il a dessiné d'abord une série de figures de cheval prises aux divers instants d'un pas de l'amble. Seize figures successives permettent de représenter la série des positions que chaque membre prend successivement dans un pas de cette allure. Placée dans l'instrument, la bande de papier qui porte cette série d'images donne à l'œil l'apparence d'un cheval qui marche l'amble.

Or nous avons dit que toutes les allures marchées peuvent être considérées comme dérivant de l'amble avec une anticipation plus ou moins grande de l'action des membres postérieurs. Cette anticipation, M. Duval la réalise dans ses tableaux de la manière suivante. Chaque planche sur laquelle est dessinée la série des images de cheval à l'amble est formée de deux feuilles superposées. Celle du dessus est fenêtrée de façon que chacun des chevaux est dessiné à moitié sur cette feuille et à moitié sur celle qui est placée au-dessous. L'arrière-main par exemple étant dessinée sur la feuille du dessus, l'avant-main est dessinée sur la feuille du dessous et est visible par la fenêtre taillée dans la feuille supérieure. Supposons qu'on fasse ghsser la feuille supérieure de l'intervalle qui sépare deux figures du cheval, on aura une série d'images dans lesquelles l'avant-main sera en retard d'un temps sur l'arrière-main. On reproduira ainsi, sous forme de figures, ce qu'on obtient sous forme de notation en faisant ghsser d'un degré les deux réglettes inférieures de la règle à notation. Et comme ce glissement d'un degré, pour chacun des mouvements de Tarrière-main, donne la notation de Tamble rompu, on obtiendra, dans les figures dessinées, la série des positions successives d'un pas de l'amble rompu. Si le ghssement est d'un plus grand nombre de degrés on ' aura la série des attitudes du cheval dans la marche au pas. Un ghssement plus grand encore donnera la série des attitudes dans le trot.

Dans tous les cas, ces figures placées dans l'instrument donnent l'illusion complète et font voir un cheval qui va l'amble, le pas ou le trot suivant le cas. Enfin, si l'on gradue la vitesse de rotation de l'instrument, on rend plus ou moins ^

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rapides les monvements que ranimai paraît exécuter, cela permet à Tobservateur peu exercé de s'apprendre à suivre la série des positions des membres à chaque allure et le r^dd bientôt capable de suivre, sur Tanimal vivant, la série des mouvements qui paraissent au premier abord d'une confusion absolue.

Nous espérons que ces planches encore un peu défectueuses seront bientôt assez parfaites pour être d'une utilité réeUe à tous ceux qui s'occupent de la représentation artistique du cheval.

Après ces études sur la locomotion terrestre, nous devrions exposer le mécanisme de la locomotion aquatique. De récentes expériences de M. Ciotti ont grandement éclairé la fonction propulsive de la queue des poissons ; non pas qu'elles aient renversé la théorie admise depuis Borelli sur le mécanisme de la natation , mais elles ont fait entrer cette question dans une voie nouvelle, celle de la reproduction synthétique de ce phénomène. Cette méthode permettra certainement de déterminer, avec une précision inconnue jusqu'ici, le travail moteur et le travail résistant dans la locomotion aquatique. Il est utile d'attendre les résultats des expériences qui sont en voie d'exécution et qui devront profiter également aux mécaniciens et aux physiologistes.

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