‹ La machine animale: locomotion terrestre et sérienneChapitre 44 sur 124 · VOL DES OISEAUX · texte numérisé non relu

VOL DES OISEAUX

n'est plus le même que celui de l'insecte. D'après la façon dont s imbriquent les pennes , il est évident que la résistance de Tair ne peut agir que de bas en haut, car en sens inverse, l'air se frayerait une issue facile en fléchissant les longues barbes des plumes qui ne sont plus soutenues.

Cette disposition bien connue, et que Prechlt a soigneusement décrite , a pu faire croire que l'aile n'a besoin que d'osciller dans un plan vertical pour soutenir l'oiseau contre la pesanteur, à cause de la prédominance de la résistance de l'air qui agit de bas en haut sur celle qui s'exerce en sens inverse.

L'auteur a eu tort de baser sur l'inspection de l'organe du vol toute la théorie de sa fonction. On verra que l'expérience dément de la manière la plus formelle ces inductions prématurées.

Si l'on prend un oiseau mort et si l'on étend ses ailes de façon à les mettre dans la position représentée fig. 89, on

Fig. 89. — Courbures différentes de Taile de Toiseau aux différents points de

sa longueur.

voit que, dans les différents points de sa longueur, l'aile présente des changements de plan très-prononcés. En dedans, c'est-à-dire dans le voisinage du corps, l'aile s'incline fortement en bas et en arrière, tandis que, près de son extrémité, elle est horizontale et parfois retournée, de sorte que sa face nférieure regarde un peu en arrière.

M. Pettigrew a cru voir dans cette courbure une surface gauche hélicoïdale; frappé de cette coïncidence entre la forme de l'aile et celle de Thélice propulsive des navires, il arriva à considérer l'aile de l'oiseau comme une vis dont l'air

1. IJntersuchungen ûber den Flug dcr Vôgel, in-8. Wien, 1846.

serait l'écrou. Nous ne croyons pas devoir réfuter une pareille théorie. Il est trop évident que le type alternatif qui appartient à tout mouvement musculaire ne saurait se prêter à produire Faction propulsive d'une hélice ; car en admettant que Taile pivote sur son axe, cette rotation se borne à une fraction de tour, puis, est suivie d'une rotation de sens inverse qui, dans une hélice, détruirait complètement l'effet produit par le mouvement précédent. Et cependant, l'auteur anglais dont nous rapportons les idées a été tellement convaincu de la vérité de sa théorie qu'il a voulu l'étendre à tout le règne animal. Pour lui, la locomotion, sous toutes ses formes : terrestre, aquatique et aérienne, se fait par un mouvement d'hélice.

Ne demandons à l'anatomie des organes du vol que ce qu'elle peut fournir : c'est-à-dire la prévision des forces que l'oiseau peut développer dans le vol, et du sens dans lequel ces forces sont dirigées.

L'anatomie comparée nous montre, dans Taile des oiseaux, l'analogue du membre antérieur des mammifères. Réduite à son squelette, l'aile présente, comme le bras humain : l'humérus, les deux os de l'avant-bras, et une main rudimentaire dans laquelle on retrouve encore des métacarpiens et des phalanges. Les muscles aussi offrent de nombreuses analogies avec ceux du membre antérieur de l'homme ; de part et d'autre, quelques-uns ont une telle ressemblance d'aspect et de fonctions, qu'on a pu les désigner sous le même nom.

Dans l'aile de l'oiseau, les muscles les plus développés sont ceux qui ont pour action d'étendre ou de fléchir la main sur l'avant-bras, l'avant-bras sur l'humérus, et enfin de mouvoir l'humérus, c'est-à-dire le bras tout entier, autour 'de l'articulation de l'épaule.

Chez la plupart des oiseaux, surtout chez les grandes es* pèces, l'aile semble rester toujours étendue pendant le vol. Ainsi, les muscles extenseurs des différentes pièces de Taile serviraient à donner à cet organe la position nécessaire pour que le vol soit possible, et à le maintenir dans cette position ; quant au travail moteur, il serait exécuté par d'autres muscles, beaucoup plus forts que les précédents : les pectoraiÂX^

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