‹ La maçonnerie canadienne-française [microforme]Chapitre 27 sur 71 · La Maçonnerie, dites-vous, n’est pas une · texte numérisé non relu

La Maçonnerie, dites-vous, n’est pas une

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votre programme? N'y a-t-il pas là un système religieux destiné à remplacer d’autres systèmes imparfaits à nos yeux, et incapables de perfectionner l'Humanité ?

Ensuite, que veulent dire ces paroles tirées de vos Manuels offciels ?

La Maçonnerie est un sys/ème particulier de morale voilée sous l’allégorie et enseignée par des symboles. (Manuel de Carlile, p. 32.)

“ La Maçonnerie a pour but de cultiver l'esprit humain et de le faire progresser. Elle enseigne les leçons de la plus pure morale... Dans ses instructions, elle peint ia vertu sous les couleurs les plus magnifiques, et inculque à ses membres les principes de la plus stricte moralité” (Manuel, p. 32.)

‘“ La moralité est le grand objet dont s'occupe la Franc-Maçonnerie. Elle éclaire le maçon vertueux par ses préceptes sages et moraux, et .le rend ainsi capable d'éclairer à son tour et d'élargir l'intelligence de ses semblables.” (Manuel, p. 36.)

Ne pouvons-nous donc pas, en justice, donner le nom de Æe/igion à une société qui, par sa doctrine, se propose ainsi d'éclairer l'intelligence et de régler le cœur de ses membres?

Cette société, d’ailleurs, avec le dogme et la mo-

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rale, possède tous les accessoires d'un culte véritable.

Elle a un autel, des cérémonies religieuses, des formules de prières, des pontifes, des espèces de sacrements, des secrets qui relient ensemble tous les membres de l’association.

Aussi les frères d'Europe ne se gênent-ils plus pour l’avouer hautement.

‘ La Maçonnerie est we Religion. la religion de l'idéal... Elle dédie ses temples au culte qui survivra à tous les cultes, parce qu’il repose sur une conception progressive de la nature.”

‘ Notre religion, disait en 1881 le frère Bélat devant le Grand Orient de France, notre religion est la Religion Naturelle, Unique, Universelle, Immuable : c'est la Franc-Maçonnerie.” (a)

20. ‘“ La Maçonnerie tolère toutes les religions.” Oui, c’est vrai, et voilà pourquoi la Maçonnerie est essentiellement impie et hostile à la religion ca- ‘thoïique.

« Elle accrédite ainsi la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à reléguer au rang des

(a) CI. Janet, t. I, p. 22,

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choses indifférentes le souci de la religion, et à mettre sur le pied d'égalité toutes les formes religieuses. Or, à lui seul, ce principe suffit à ruiner toute la religion cathoïique qui, étant la seule véritable, ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soient égalées.”

Ainsi parle le Souverain Pontife Léon XIII, dans sa magnifique encyclique du 20 avril 1884 sur la Franc-Maçonnerie,

Entendue dans le sens des loges, la /o/érance religieuse universelle, n'est autre chose que Z'indifférence pratique vis-à-vis de toute religion révélée.

C'est refuser à Dieu le droit d'imposer aux hommes une croyance et un culte unique. C’est méconnaître la chûte originelle, la mission de N. S., l'autorité divine de son Eglise en matière de dogme et de morale. C’est, en un mot, rejeter l'Ordre Surnaturel, et nier la nécessité de régler notre vie d’après les doctrines de la révélation.

La Maçonnerie force ainsi le chrétien à apostasier la religion de J. C., pour prendre celle des loges.

30. “Za Maçonnerie. dites-vous, n'enseigne aucune religion.’ —C'est faux : j'ouvre votre constitution et, à la première page, je lis cette formule religieuse :

‘ Que la religion d’un homme soit ce qu’elle voudra, on ne l’exclura pas pour cela de l’Ordre, pourvu qu'il croie au Grand Architecte de l’'Univers et qu'il pratique les devoirs sacrés de la Morale.”

“Les maçons fraternisent avec les hommes vertueux de toutes les religions. Ils apprennent à considérer les erreurs de l'Humanité avec compassion, et s'efforcent par la pureté de leur conduite de montrer la supériorité de la foi qu’ils professent.” (a)

Donc pour ces hommes, toutes les religions sont des erreurs, ils en ont pitié, et les remplacent par une Religion unique, universelle, immuable, la religion des ‘ Fils de Noé,” (&) c’est-à-dire :

La croyance à l’Etre Suprême.

La morale naturelle,

Cet Etre Suprême, ce Grand Architecte de l’Univers n’est pasle Dieu des chrétiens : Un entrois personnes. ‘“ La Maçonnerie exclut toute idée

(a) Const., de la loge du Bas Canada, (Québec 1818,

P. 47) (#) Rebold : Hist. de la Maçonnerie p. 348 (Boston 1870.)

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hétérodoxe d’une Filiation ou d’une Procession coéternelle et infinie.” (a)

Elle nie par conséquent la Ste Trinité, l’Incarnation, de N.S., et sa Divinité, pour revenir à la religion purement naturelle. C’est la religion des loges : elle l’impose à tout homme qui vient s’'agenouiller devant l'autel maçonnique.

La Maçonnerie est tolérante pour le ‘ matériel ” qu’elle appelle dans son sein. Elle invite le juif aussi bien que le chrétien, le catholique comme le protestant ou le disciple de Mahomet à venir s’éclairer en loge.

Mais, quand “ce matériel” a prêté serment d’obéissance aux chefs, cette prétendue tolérance fait place à l'intolérance doctrinale la plus absolue et la plus complète. La fusion s'opère.

“ Les distinctions nationales et religieuses disparaissent. Il n’y a plus ni juifs, ni chrétiens, ni musulmans, mais seulement des franc-maçons, unis par les mêmes principes.”

Et ces maçons acceptent comme doctrine religieuse la doctrine des loges, comme règle de leur conduite, la morale des loges, ses instructions, et ses maximes humanitaires.

Pour eux, plus de Zberté religieuse.

(a) C. Janet t. III. p. 297.

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Ils doivent obéissance à /a Religion de la Franc- Maçonnerie qui est la négation de toute Religion

révélée.

Résumons en quelques mots les accusations que, nous catholiques, nous formulons contre cette religion maçonnique :

Elle est ennemie déclarée de la Révélation et de l'Eglise catholique :

1© Parce que, au lieu d'élever l'Humanité, elle la rabaisse à l’état, d'où N.S. vient la tirer par sa doctrine et la grâce de sa Rédemption.

2© Parce que, ignorant à dessein l’enseignement et la morale de l'Evangile, elle les remplace par une doctrine et une morale purement humaine et rationaliste.

3° Parce qu’elle donne cette doctrine comme suffisante pour mener l’homme et la société à leur plus haute perfection, et par” conséquent, elle nie la nécessité de la grâce, des sacrements et de tout l'ordre surnaturel.

4° Parce que, par ses affirmations explicites aussi bien que par son silence calculé, elle rejette la mission de N.S. et de son Eglise, eZ veut positivement déchristianiser l’homme et la société.

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