‹ La maçonnerie canadienne-française [microforme]Chapitre 42 sur 71 · LLE · texte numérisé non relu

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tout au tout de la Maçonnerie continentale. Elle n’a ni la fureur anti-religieuge, ni l'esprit révolutionnaire des loges italiennes ét françaises. C’est une société de bienfaisance, une association de secours mutuel ; elle donne à ses membres une protection légitime et les aide à réussir dans les diverses

. situations de la vie. Aussi, voyons-nous un nombre

considérable d'hommes honnêtes et intelligents se glorifier d’être maçons.”

‘Si la Maçonnerie canadienne était, par ses doctrines ou son esprit, hostile à l’ordre religieux et civil, ces hommes lui prêteraient-ils l'appui de leur nom et de leur présence? Les laisserait-on occuper des positions où ils peuvent exercer une influence considérable et presqu'irrésistible ? ”

“Bien plus, nous voyons des Révérends de diverses dénominations assister aux cérémonies des loges, surtout aux banquets maçonniques. Bon nombre d’entre eux, même, se font gloire de porter le tablier de l'Ordre. Cette conduite de ministres de l'Evangile serait inexcusable si notre maçonnerie canadienne était impie et révolutionnaire comme celle d'Europe.”

Ces arguments sont spécieux, je l'avoue. Ils peuvent en imposer à ceux qui ne connaissent ni les doctrines ni les tendances de la Franc-Maçonnerie. Ils sont de nature à calmer les scrupules des

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bonnes âmes, toujours disposées à croire de leur prochain, plutôt le bien que le mal. Surtout, ils servent de réponse facile, sinon concluante, à ceux qui, par tempérament, cherchent toujours à tergiverser, quand il s’agit de proclamer des vérités dures à entendre mais nécessaires à dire, et qui, plus flattés d’être appelés des esprits conciliants, des hommes aux idées larges et libérales, que des défenseurs inflexibles du droit et des principes chrétiens, battent en retraite quand il faudrait résolument faire face à l'ennemi.

Mais ces arguments ne valent absolument rien pour quiconque connait l’histoire de la Franc-Maçonnerie et des doctrines qu’elle professe.

L'Angleterre n’a-t-elle pas été la mère de la Maçonnerie universelle ? Ne lui a-t-elle pas donné l'unité d'organisation, de moyens'et de but? (1) Les maçons ne sont-ils pas les premiers à se vanter de cette universalité maçonnique? Ne se considèrent-ils pas comme frères d’un bout du monde à l’autre ? Les Grandes Loges ne sont-elles pas unies ensemble par une correspondance active et par Leurs Grands Représentants ?

(1) V. J. d’'Erbée. — La Franc-Maçonnerie, p. 9, 29 et suiv.

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Que l’on cesse donc de nous parler de cette prétendue distinction entre la Maçonnerie anglaise et la Maçonnerie continentale, pour maudire celle ci et innocenter celle-là.

La Maçonnerie est ze dans l'univers entier.

C’est ce que n’ont cessé de redire aux catholiques, les hommes qui ont le mieux connu l'esprit détestable de cette société. Le Souverain Pontife Pie IX le proclamait encore, le 25 septembre 1865, lorsqu’il ordonnait ‘ à tous les chrétiens de toute con- “ dition, de tout rang de toute dignité, de fout pays, “ de tenir ces méines soctètés comme proscrites et ré- “€ prouvèes.”

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