‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 1 sur 38 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

JLa haine , que la Cour de Rome porte à la paisible et bienfaisante Fraternitë des Maçons, est prouvée par plusieurs bulles papales, par quantité d articles de journaux apostoliques , et enfin par tous ces ouvrages ténébreux et remplis d'inepties , que l'on imprime tous les jours.

Le plus audacieux , le plus injuste, le plus éminemment calomniateur et faux de ces écrits , est sorti des presses de la veuve Duvîvîers et fils, à Liège, à la fin de 1826, et porte pourtitre : Le Voile levé pour les Curieux^ ou Histoire de la Franche-Maçonnerie.

Cet ouvrage dénonce, à l'aide de fausses imputations, les Frères Maçons à tous les Souverains de la terre , les calomnie de toute manière , les accuse d'être les auteurs de

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toutes les révolutions qui ont eu lieu en Europe ; il les déclare ennemis de tout gouvernement et de toute religion, auteurs de tous les crimes : et par ces imputations calomnieuses » il signale des victimes innocentes au glaive des despotes soupçonneux, aux foudres de Rome et aux poignards de ses Séïd^s; il tente d'armer et de soulever le monde entier contre la Fraternité , et jette lalarme dans toutes les classes de citoyens et dans tous les pays.

Cette étrange et scandaleuse production , tout en flétrissaht l'honneur de cette Société, s'érige en panégyriste des Jésuites, se plaint des gouvernemens qui les bannissent, particulièrement de celui des Pays-Bas, qui, veillant au maintien de ses lois et de la tranquillité publique , refoule , sur le pays dont ils sont sortis , ces vampires religieux et politiques que Ton voit, à chaque instant, cherchera pénétrer clandestinement parmi nous, armés des brandons de la discorde , mais couverts

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du masque de l'hypocrisie , et cachant leurs coupables projets sous les apparences de la religion.

La charité de cet écrivain apostolique a passé sous silence tous les procès intentés contre les Jésuites par les dilFérens Princes de l'Europe , et qui constatent Tesprit de rébellion qui les a toujours animés ; elle a oublié l'histoire , qui représente partout ces apôtres comme visant à la domination de la terre, en conseillant et confessant les Rois, dont plusieurs périrent victimes de leur ambidon, et nous laisse ignorer leurs nombreux parricides, et entr'autres ceux commis par leurs affidés Gérard et Parane.

Après tant d'incriminations contre la Fraternité , il a été nécessaire de soulever un coin du voile qui couvre toutes les machinations des ennemis de notre Ordre. On a niême été conduit à démontrer sur quoi se fonde le pouvoir de la Cour de Rome et de ses orgueilleux mandataires ; on a été

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obligé de remonter à Torigine de ces Lévites établis pour gouverner quelques tribus errantes « et de prouver que le gouvernement des Hébreux, comme celui des peuples nomades et sauvages, fut celui du Sacerdoce, et que, si les Juifs ont eu des Rois, ceux-ci n'avaient quun simulacre d'autorité publique, n'étaient que le jouet des prêtres et des ressorts cachés quils faisaient mouvoir suivant leur volonté et dans leur intérêt.

Comme Tunde nos statuts défend de dis* cuter les matières religieuses, se fondant sur les doctrines évangéliques (i), « que si quel- » quun aime à contester , nous n avons pas

(i) Les premiers Chrétiens savaient que les idées métaphysiques en théologie étaient des opinions explicatives des phénomènes de la Naliu'e ; par là, aucune d'elles n'est sans contradiction ; car, le caractère des vérités est d'être immuable. Les religions étant un composé d'idées métaphysiques formulées par des dogmes et un culte , elles changèrent , changent et changeront par nations et par siècles ; c'est pourquoi la Fraternité des Maçons a toujours admis dans son sein tout lionnête citoyen , et adopté une tolérance parfaite à l'égard de tous les cultes.

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