‹ La magie et l'hypnoseChapitre 37 sur 70 · ESSAIS DE TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE DE LA PENSÉE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE TRANSMISSION HYPERPHYSIQUE DE LA PENSÉE

communiqués par ANTOINE SCHMOLL

[Le Sphynx, III, 14 février 1897). — Traduit de l'allemand par Yvon le Loup

Les Essais suivants furent tous tentés le soir, à la lumière, chez moi (ni, avenue deVillers, à Paris ), avec le concours de M. Etienne Mabire, officier de marine en retraite, de Mlle Louise M., et de ma femme. Un jeune officier, M. D., a, de plus, assisté à notre première séance. Nous expérimentions dans la salle à manger dont le dessin ci-dessous (fig. 1) représente l’arrangement intérieur.

Nous opérâmes de la manière suivante : la personne désignée pour recevoir l’impression des sujets d’expérience (dessins ou objets matériels) s’asseyait tournant le dos aux autres dans le coin P de la chambre, où on lui bandait les yeux. Pour la clarté, je nommerai cette personne la Passive; parce que son rôle se réduit à ceci ; recevoir des impressions psychiques, — pendant que la tâche des autres personnes, les Actives, consiste à faire naître ces impressions par la concentration du regard et un vouloir énergique. — Sur la fig. n° 1, P désigne donc la personne passive, et A A les actives. Je dirai cependant qu’au cours des trois premières expériences, deux personnes actives agissaient seulement, placées en a, a. O est l’objet ou le dessin constituant le corps de

LA MAGIE ET L’hYPNOSE

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l’expérionce. La lampe L est posée sur une suspension. Les flèches donnent la direction du regard.

Après que la personne passive s’est commodément assise dans le coin P, distant d’environ trois mètres de la table, et qu’on lui a bandé les yeux, un des actifs dessine une figure quelconque, en gros traits, sur une feuille de papier blanc, que l’on pose aplat sur la table, en O. Cependant, nous reconnûmes cette manière de procéder défavorable à la réussite de l’expérience, et à notre sixième essai nous posâmes verticalement le dessin. D’autre part, comme il a été dit plus haut, les actifs dont les regards, partant de AA pour aboutir en O, se croisaient à angle droit, furent placés sur une même ligne en A, les uns à côté des autres, de manière à réaliser la plus petite divergence possible entre les directions des regards.

Le bandeau qui ferme le.s yeux ne doit pas être serré trop fort, sinon la pression sur les globes oculaires occasionne un scintillement qui s’oppose à la production d’un bon résultat. Ce bandeau n’a pour but que d’empêcher la vision directe, et, pour ce faire, une puissante pression n’est pas nécessaire. De même, le passif était instamment invité à ne fermer les yeux qu’à demi pour ne pas fatiguer les muscles orbiculaires.

Les sept dernières expériences furent faites sur des objets matériels; dans ce cas, il est de toute nécessité qu’aucun autre objet ne soit à voir sur la table, qui puisse intluencerla pensée des actifs. (Cf. 14® expér.)

Pendant les expériences, un parfait silence règne dans la chambre ; les actifs regardent incessamment l’objet, et concentrent toute leur force de volonté sur le désir de produire, devant les yeux obscurés du Passif, uife image sensible. — On avait recommandé à ce dernier de s’abandonner tout entier à l’attente passive d’une vision, par conséquent d’éviter soigneusement tout effort de l’esprit tendant à se représenter la forme de l’objet.

Il va de soi qu’avunL d oter le bandeau des yeux de la personne passive, l’objet était caché, excepté en cas d’insuccès, si aucune impression n’avait été produite. Les objets d’expérience étaient posés sans aucun bruit sur la table ; celle-ci était d’ailleurs recouverte d’un épais tapis, le passif ne pouvait percevoir le moindre choc à la mise en place de ces objets.

A la fin de la séance on rédigeait une minutieuse description du cours et des particularités des phénomènes.

Voici quelques renseignements sur les personnes présentées : Mlle Louise M..., âgée de 25 ans, est vive et gaie; ma femme âgée de 39 ans, est d’un tempérament tranquille ; M. Mabire, 59 ans, est sérieux, réfléchi, circonspect en ses jugements. Quant à moi, j’ai 43 ans, et suis d’une constitution normale, sauf une nervosité excessive.

Dès le commencement, il fut convenu entre nous que chacun se garderait très soigneusement des illusions et particulièrement d’exagération à l’égard des résultats obtenus. Nous voulions simplement savoir à quoi nous en tenir sur cette question, et une amplification complaisante des résultats nous y eût peu aidés.

Nous n’avons pu d’ailleurs, jusqu’à maintenant, acquérir la preuve que l’un de nous soit prédisposé à devenir médium ou somnambule. Plusieurs essais typtologiques, que nous fîmes ces derniers temps, sont demeurées loutà fait sans résultat. Un médiumnimisme possible, s’il existe chez l’un de nous, n’est donc pas encore arrivé au terme de son développement. Aucun de nous n’était sceptique à l’endroit des phénomènes psychiques en général ; mais aussi si nous ne nous sentions pas autorisés à nier ces précédents, que des savants compétents affirment avoir constatés, nous penchions cependant plus ou moins à considérer la plupart de ces phénomènes comme étant d'une nature subjective.

LA MAGIE ET L’ilYPXOSE

On trouvera plus loin le récit de la production d’images matérielles qui se jouaient devant les yeux fermés du passif ; on ne perçoit rien pendant plusieurs minutes, un quart d'heure même. Puis apparaît dans le champ de vision un reflet lumineux de forme indéterminée ; cette image confuse semble progressivement se concréter ; elle disparaît et réapparaît à des intervalles de plus en plus courts ; on commence à saisir des formes qui se précisent de minute en minute, jusqu’à ce qu’enfîn on se dise : « Je crois maintenant voir ce que c’est ! »

Quand un essai semblait ne pas devoir réussir, le Passif se rapprochait de nous, les yeux toujours bandés, et donnait la main à deux des actifs, pendant que le troisième fermait 1a chaîne. Mais il ne semble pas que ce procédé, parmi nous du moins, ait été de quelque efficacité. L’intensité des images n’en était pas sensiblement augmentée, et quand aucune n’était apparue précédemment, nous n’obtenions pas de meilleur résultat après la formation de la chaîne.

Pour finir, disons encore qu’il n’y avait pas de différence essentielle dans les aptitudes des expérimentateurs à la lecture de la pensée, et qu’au cours des expériences, cette faculté ne fit de remarquables progrès chez aucun de nous.

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