CATALEPSIE
C’est dans cet état qu’on peut lui mettre la tête sur une chaise et les pieds sur l’autre le vide existant entre ces deux points. C'est encore dans cet état que se produisent les extases.
Si maintenant vous soufflez sur les yeux du sujet ou si vous faites des passes, ou si vous lui frottez légèrement le front, l’état change complètement.
Le sujetparle et agit absolument comme une personne éveillée ; il vous cause naturellement mais n’a pas conscience du milieu ambiant et ne se rend pas compte de l’endroit où il est.
Il est alors dans la troisième phase : le .somnambulisme LUCIDE.
Il présente dans cet état plusieurs particularités caractéristiques qu’il est de toute importance de bien connaître.
Tout d’abord il est suggestible. On peut lui ordonner
LA MAGIE ET L’ilYPXOSE
<.Ie voir ou de faire telle ou telle chose, non seulement pendant son sommeil, mais encore une fois qu’il sera bien éveillé, et cette vision persistera, cette action sera exécutée non seulement des jours, mais des mois et même une année après l’ordre donné.
Au moment où le sujet accomplit sa suggestion, il devient inconsrÂent et obéit à son impulsion sans discuter et, fait très important à noter, il perd subitement la sensibilité pour la retrouver après l’accomplissement delà suggestion. Le sujet verra donc tout ce qu’on lui commandera de voir, exécutera ce qu’on lui commandera d’exécuter, sauf des exceptions (1) que nous ne pouvons étudier ici.
A l’état somnambulique, un autre fait prend naissance ; c’est la possibilité du changement de personnalité.
Vous dites au sujet : tu n’es plus toi, tu es député et tu fais un discours à la Chambre. Vous voyez alors le sujet entrer subitement dans la peau du personnage que vous venez de lui imposer et prendre toutes les allures du rôle que vous lui faites jouer. Vous pourrez ainsi changer à votre gré plusieurs fois de personnalité.
C’est encoredans cet état que se produit la vision à distance de certains sujets magnétisés.
Donc, pour résumer tout ce que nous avons dit, voici les caractéristiques des trois états :
1° Léthargie. — Sommeil profond.
2" Catalepsie. — Yeux fixes. Membres roides.
3“ Somnambulisme. — Suggestibilité. Changement de personnalité. Vision à distance.
Nous avons décrit là les phases principales. Il existe sans doute un grand nombre d’états intermédiaires et
(1) Je suis couvaiiicu que le libre arbitre du sujet persiste toujours et peut entrer en action à un moment donné pour combattre une suggestion criminelle.
LA MAGIE ET LTIYI'XÜSE
de combinaisons de ces phases entre elles, mais il est inutile d’embrouiller la question.
Notons pour terminer que, d’après les hypnotiseurs, ces phases se succèdent toujours dans l’ordre suivant ;
1“ Réveil. 2" Léthargie. 3'’ Catalepsie. 4" Somnambulisme. 5'^ Réveil. 6“ Léthargie. 7" Catalepsie. 8® Somnambulisme. 9“ Réveil, etc., etc.
QUÀ miÈME LECOy
Réveil du sujet.
Il ne faut jamais s’exercer à endormir un sujet si l’on n’est pas rompu à la pratique des différents procédés de réveil. C’est là, en effet, le point le plus sujet aux surprises et celui qui déroute surtout les commençants ou les opérateurs qui perdent facilement leur sangfroid.
On peut réveiller un sujet par beaucoup de procédés entre lesquels nous décrirons surtout les suivants :
1° Réveil par simple suggestion ou au commandement ;
2° Réveil par le souffle ;
3” Réveil par les passes ;
4” Réveil sans suggestion, par le regard ;
5“ Réveil par la combinaison de quelques-uns de ces divers procédés.
Réveil au coinmaudemeat . — Le sujet étant en phase somnambulique, on lui ordonne de se réveiller bien dégagé dans une minute juste. On peut encore lui ordonner de s’éveiller quand on aura frappé trois fois dans les mains, ou au moyen de toute autre variété de suggestion. Ce procédé doit être employé de préférence en phase somnambulique, mai.s il réussit aussi très souvent le sujet étant en léthargie, quoique avec moins de rapidité.
LA MAGIE ET L’iiyPXOSE
Réveil par le souffle. — En soufflant fortement entre les yeux du sujet, on le réveille et on le dégage en même temps.
Réveil par les passes. — Un des meilleurs procédés, surtout dans les états profonds, où il doit toujours être employé. On fait des passes horizontales et répétées avec les deux mains d’abord au niveau de la poitrine, puis au niveau de la tête du sujet. Le réveil ainsi produit est long à obtenir ; mais on est assuré de n’avoir jamais à craindre aucun accident consécutif, le sujet étant parfaitement dégagé.
Réveil parle regard. — Employé quand le sujet, pour une cause ou une autre, résiste à la suggestion. Dans ce cas, on regarde fixement le sujet entre les deux yeux, à. hauteur du milieu du front et l’on voit le réveil se produire bientôt, absolument complet et sans que Ton ait prononcé une seule parole.
Réveil combiné. — Les meilleurs résultats sont obtenus en réveillant un sujet par le procédé suivant, résultat de la combinaison de la plupart des autres procédés :
1” En phase somnambulique on ne donne lasuggestion que quand on soufflera entre les deux yeux, le réveil complet se produira aussitôt ;
2° Cela fait, on pratique le souffle à l’endroit indiqué dégageant en même temps rapidement le front au moyen de passes ;
3® On termine en soufflant une dernière fois quand le sujet est bien réveillé.
Lorsqu’on a affaire à un cas difficile comme celui d’un sujet en léthargie profonde et qui refuse d'obéir à la suggestion, on cherchera d’abord à obtenir une phase quelconque de l’hypnotisme, soit la catalepsie, soit le somnambulisme et l’on donnera la suggestion à terme (une demi-heure ouunchourejprécédée de souffles et de passes.
28 LA JIAGIE ET L’ilYPXOSE
§ 4. — Des faits produits pendant les états hypnotiques.
Occupons-nous tout d’abord des faits intéressant le magicien et qui peuvent être produits sur les sujets à l’état simplement hypnotique.
Les plus intéressants de ces faits sont les suivants :
Action des Rimants. — Le pôle N de l’aimant émane des lueurs bleues très agréables et fortifiantes pour le sujet à l’état somnambulique (1). Le pôle S émane des lueurs rouges et désagréables pour le sujet. Le pôle N attire le sujet, le pôle S le repousse.
Action des couronnes aimantées . — La couronne aimantée plaeée sur la tête d’un malade et reportée sur la tête du sujet à l’état de léthargie opère le transfert de la maladie (*2j.
Action des métaux. — Les métaux ont une action caractéristique et particulière à chaque métal sur les sujets hypnotisés. L’or brûle, le cuivre peut réveiller un sujet à l’état somnambulique, le plomb étouffe. Ces expériences viennent confirmer les recherches du D‘’ Burq sur la Métallothérapie (3).
Action du Pentagramme . — Le Pentagramme droit agit sur les sujets à l’état somnambulique comme le pôle N de l’aimant, et renversé, le Pentagramme agit comme le pôle S. Cette expérience, qui nous est person-
(1) Luys, Annales de Psychiatrie, A. de Rochas. L’extériorisation de la sensibilité.
(2) Luys et Encausse. Du transfert au moyen des couronnes aimantées. Communication à la Sociélé de biologie.
Traitement externe et psychiiiue des maladies
nerveuses.
(3) Pour la métallothérapie, voir les omrages du D’’ Burq et l'élude de Jollivet Caslelot dans {'Initiation.
LA MAGIE ET L'iIYPXOSE
nelle, a été contrôlée et affirmée en Belgique clans notre branche Kumris, et à Paris par M. de Constantin, le magnétiseur bien connu.
Du transfert des matadies. — Le sujet étant à l'état léthargique, on fait prendre les mains par un malade quelconque. On promène un aimant (pôle N) entre le malade et le sujet, puis on fait passer le sujet à l’état somnambulique. On interroge alors le sujet c[ui prétend être la personnalité du malade et décrit tous les symptômes éprouvés. On enlève ensuite par suggestion la maladie ainsi transférée au sujet et l’on réveille le sujet.
Les maladies nerveuses de tous genres sont rapidement améliorées par ce traitement (1).
On peut également opérer le transfert d’une contracture d’un côté du corps à l’autre côté sur un malade hy.stérique à l’état de veille et cela en promenant un aimant d’un côté à l’autre (2).
(1) D'' Encausse. Traitement externe et psychique des maladies nerveuses.
(2) Babinsky. Des transferts.