‹ La Maigreur et L'AmaigrissementChapitre 17 sur 20 · THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE

De même que le pronostic de la maigreur dépend essentiellement du pronostic de la maladie causale, de même il semble que la thérapeutique doive uniquement s'exercer sur la cause de la maigreur ; pourtant on ne doit point dédaigner la médication symptomatique, d'autant moins qu’en agissant sur les fonctions nutrilives on peut améhorer la maigreur.

C'est par une hygiène bien réglée, la suralimentation el les médicaments eupeptiques. que l’on combat le plus efficacement la plupart des maladies consomptives, en attendant les médications spécifiques qui combattent le facteur inital. De plus, la maigreur des neuro-arthritiques est souvent le symptôme dominant des troubles de la nutrition chez ces sujets, et les patients ont le droit de demander au praticien une amélioration de leur état.

En dehors des considérations esthétiques qui ont bien leur valeur, les maigres semblent offrir à certaines infeclions une résistance plus faible, peut-être paree que leurs réserves nutritives sont moins abondantes : de plus, si

chez eux l’elort est égal, quelquefois même supérieur à

= D celui d'individus d'embonpoint normal, il est de courte durée et il peut y avoir avantage à aider la formation de matériaux de réserve qui assurent la résistance vis-à-vis de la fatigue. On a done le droit, en dehors des médications pathogéniques, d'opposer au symptôme maigreur une thérapeutique particulière dont le malade pourra bénéficier. C'est évidemment à l'hygiène généraie et spéciale,

qu ‘on devra tout d'abord s'adresser après avoir institué le traitement de la maladie causale si on le peut. Le repos est la première des conditions requises pour obtenir une diminution dans les phénomènes de dénutrition trop active. Le repos absolu au lit, s’il est accepté des malades, peut déjà donner d'excellents résultats : on sait que dans certaines maladies consomptives, la chlorose par exemple, le repos suffit pour amenerunerapide amélioration en dehors de tout autre traitement. On doit d'ailleurs le pratiquer dans des conditions d'hygiène suffisante, en ayant soin d'aérer largement lachambre: si les conditions detempératureetd'atmosphère le permettent, le repos en plein air est encore préférable. Par repos nous comprenons aussi le repos cérébral. Les excès de travail intellectuel, les émotions vives et répétées seront soigneusement évitées. Chez certains neurasthéniques, l'isolement même donne de bons résultats,

en détachant le malade de toute préoccupation extérieure. Le repos génital sera autant que possible à conseiller. L'air de la campagne est préférable à l'air des villes : certans sujets, des enfants surtout, qui à la ville sont malingres et chéüfs, prennent rapidement à la campagne un embonpoint qui contraste avec leur maigreur antérieure.

L’ hy drothér apie, principalement sous la forme de bains

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tièdes d’un quart d'heure, ou de douches froides de très courte durée, sera avantageuse si les malades la supportent facilement. LABS

C'est surtout en réglementant soigneusement l’alimentation que l'on -peut obtenir de bons résultats. Tout d'abord il faudra se préoccuper de régulariser les fonctions digestives et de les améliorer si possible : il est bien évident que du bon fonctionnement de l'estomac et de l'intestin dépendent les succès obtenus. |

Nous savons que l'ingestion de substances azotées favorise l’engraissement : aussi la viande sous toutes ses formes sera-t-elle indiquée ; on prendra de préférence de la viande grasse, d’abord à cause de la quantité de graisse qui est utile, et de plus parce que, à poids égal, la viande maigre contient deux fois plus d'eau que la viande d’animaux gras. La viande, principalement rôtie ou grillée, sera peu cuite. La quantité est très variable, suivant les individus, l'âge et le climat. Dans nos régions tempérées, à un adulte de taille moyenne, 300 gr. par jour est une ration très suffisante. Il ne faudrait pas en conseiller davantage, surtout chez les arthritiques, chez qui le régime doit être modérément azoté. La viande crue, si elle est bién tolérée, est indiquée. Le poisson, peu nourrissant, le gibier, viande peu riche en graisse et souvent putréfiée, sont à déconseiller.

Les graisses animales et végétales, si elles sont tolérées, doivent être conseillées. La graisse de bœuf et de mouton est d’une digestion difficile ; au contraire, les graisses de pore, de volaille, l'huile d'olives sont en général bien

absorbées. Le beurre, parmi les graisses, est une des plus

A ae assimilables ct on peut en ordonner 100 à 100 gr. par Jour suivant la tolérance des malades.

D'ailleurs. le lait est à recommander : par sa teneur en graisse et en sucre, il favorise l'engraissement. De même les œufs, riches en azote et en graisse.

La croûte du pain sera conseillée de préférence à la nue; elle est d'une digestion plus facile et, à poids égal, contient plus d'azote el d'hydrocarbures. Les pâtisseries seront autorisées el même prescrites. Les graines de légumineuses (haricots, pois, lentilles, etc.), par les matières hydrocarburées qu'elles renferment, épargnent la consommation des graisses et sont d'une utilité incontestable: ce sont les légumes qu’on doit préférer ; réduits en purée el débarrassés de leurs enveloppes, ils sont d'une digestion relativement facile. La pomme de terre, sous un volume considérable, contient peu de substances utiles ; son usage sera modéré.

On conseillera l'usage de tous les fruits, et surtout des fruits riches en graisse et en féculents (noix, amandes, châtaignés, etc.) ;

Les légumes verts seront mangés cuits de eu On évitera l'usag e des légumes acides (oseille, épinards, tomate, etc.). La salade, à cause du vinaigre qui y est employé, sera défendue. De même certains légumes (choux, navets, etc.), d’une digestion difficile et peu nourrissants.

Les sucres el tous les aliments qui en contiennent, miel, fruits, crèmes. ete., doivent être ordonnés: en ce cas la seule limite est le goût du malade.

Le sel, seul entre tous les condiments, doit être pres-

crit, à cause de ses pr opriélés eupeptiques.

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Outre le lait, les boissons pourront être prises en abondance : on autorise l’usage des boissons gazeuses; à petites doses les vins rouges et les vins sucrés ont une influence favorable : de même la bière, par l'alcool et la dextrine qu'elle contient. Le café et le thé seront interdits et en général toutes les boissons chaudes qui amènent plus vite la satisfaction de la soif. Le tabac sera proserit.

En dehors de ce régime, évidemment modifiable suivant les indications pathologiques et la réaction individuelle, on aura recours, s'il en est besoin, à des médicaments favorisant la nutrition. Bes alcalins, surtout à petites doses, ont une action régulatrice sur les échanges cellulaires : chez les arthritiques maigres leur usage est absolument indiqué, soit sous la forme de bicarbonates de soude ou de polasse, soit d'eaux minérales.

Parmi les agents thérapeutiques adjuvants d'un régime d'engraissement, on doit mettre en première ligne l’arsenic. On commencera par le donner à petites doses : si on prescrit la liqueur de Fowler, on ordonnera 4 gouttes le 1 jour, en augmentant chaque jour de 2 gouttes jusqu'à concurrence de 15 à 20 gouttes au maximum, puis on redescendra graduellement jusqu’à 4 gouttes pour cesser le traitement pendant une huitaine de jours.

Dans l'intervalle du traitement arsenical ou si celuic1 est mal supporté on pourra essayer la valériane qu’on donnera de préférence sous forme d'extrait en pilules de 0%,99 à la dose de 4 à 12 pilules par Jour. Il vaut mieux ne pas associer l’opium qui amène quelquefois de l’anorexie, ce qui, dans le cas qui nous occupe, serait un grave inconvénient.

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La quinine ou l'extrait mou de quinquina seraient de bons agents s'ils n'avaient l'inconvénient de fatiguer l'es- tomac.

L'antipyrine pourra donner quelques bons résultats à . la dose de 1 à 2 grammes par jour.

Comme adjuvants de ces médicaments on pourrait essayer le phosphore et ses différents seis (phosphates, hypophosphites), les sels de strontium, de préférence le lactate (1 à 3 grammes par jour).

Enfin si l'appétit n’était pas suflisant on donnerait des amers, la gentiane, le quassia, le colombo, et surtout la noix vomique.

En résumé, augmenter les apports nutritifs, favoriser les échanges organiques, et quelquefois essayer de Îles ralentir, telle doit être la thérapeutique rationnelle du symptôme maigreur.

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