‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 105 sur 235 · Dionoiii · texte numérisé non relu

Dionoiii

l'esclavage loi

menaçait ' ; elle atteignait aussi le débiteur qui avait engagé sa personne; la loi dit expressément que le créancier qui emmène de force ce dernier chez lui n'est passible d'aucune peine ^. Lysias et Isocrate voient là une pratique commune à toute la Grèce, D'après eux, c'était assez parfois d'une dette insignifiante pour être plongé dans la servitude -^ et Plutarque atteste qu'au second siècle de notre ère les usuriers avaient encore l'habitude de vendre leurs débiteurs''.

Les Grecs condamnaient au même sort les auteurs de certains délits. Un décret de la ville d'Halicarnasse, qui date du v'" siècle av. J.-C., énonce la clause suivante : « Si quelqu'un essaie de détruire cette loi ou en propose l'abrogation, ses biens seront vendus et consacrés à Apollon, et lui-même sera exilé à jamais. Si toute sa fortune est inférieure à dix statères (probablement 300 fr.), il sera lui-même vendu à charge d'exportation, avec défense de rentrer à Halicarnasse '. » Les x\théniens répugnaient en général à priver un citoyen de sa liberté"; mais, envers les étrangers, ils étaient beaucoup moins scrupuleux. Par intervalles, on procédait à la révision des listes civiques, et on vendait au profit du Trésor quiconque était convaincu de s'y être fait inscrire frauduleusement^. Il est vrai que, la corruption aidant, l'autorité compétente fermait volontiers les yeux sur ces irrégularités''*; mais, pour peu qu'on fût sévère, bien des gens en souffraient cruellement, puisque, au dire de Plutarque, près de cinq

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