Od., XIV
LE TRAVAIL INDUSTRIEL DANS LA GRÈCE HOMÉRIQUE io
il V avait des esclaves à foison, cinquante dans le palais d'Alkinoos, et autant dans celui d'Ulysse '. Cette surabondance s'explique par la diversité de leurs occupations. Elles n'étaient pas seulement chargées des soins du ménao^e ; elles devaient de plus moudre le g-rain, faire le pain, filer, tisser, confectionner les vêtements -, La maison était une espèce d'atelier où se fabriquaient les objets d'un usage courant. La maîtresse du logis en avait la surveillance directe. Toute la journée elle se tenait dans son appartement, et elle travaillait là au milieu de ses esclaves^. Il semble que, pour stimuler leur jjaresse, on obligeât parfois chacune d'elles à accomplir telle tâche dans un délai déterminé ^. Une pièce spéciale, gardée par une femme de confiance, renfermait, avec les provisions de bouche, les matières brutes et les produits façonnés '^. Naturellement, on recherchait de préférence les personnes qui étaient d'excellentes ouvrières, comme les Sidoniennes ^. Les novices étaient formées par les plus âgées. Ainsi la vieille nourrice Eurvclée parle à Ulvsse des esclaves « qu'elle a instruites à peigner le lin '. » De même Démèter, quand elle offre ses services aux filles du roi Kéléos, se vante de pouvoir « enseigner aux femmes leurs métiers '^. n
L'esclave est appelé dans Homère o\).(>')q, c[X(,yq. Ce terme ne paraît pas dériver de oa;j.âo>, dompter '\ mais plutôt de c;;j.sç, maison; le oy.foç, comme rsty.îjç, est « l'homme de la maison », au même titre que le famulus romain est l'homme de la familia ^0. « Dans les idées primitives, remarque avec raison Summer Maine, on ne concevait que les rapports formés par le lien familial. La famille se composait d'abord de ceux qui lui appartenaient par le sang, puis des adoptés, puis des esclaves •'. »