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Politique

54 LA main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GRÈCE

les mêmes besoins, un seul métier suffit pour vous nourrir. Quelquefois même on n'en exerce qu'une partie : l'un fait des chaussures d'homme, l'autre des chaussures de femme ; l'un vit exclusivement de la couture des souliers, l'autre de la coupe du cuir; l'un taille les tuniques, l'autre se contente d'en ajuster les dilTérentes pièces. Or un ouvrier qui se réduit à un ouvrage restreint lînit nécessairement par a' exceller •. » D'après ce témoii^nage, la division du travail n'était pas partout poussée aussi loin. Il était naturel que dans un pays agricole le forgeron du village se chargeât de tout le travail du fer, et le menuisier de tout le travail du bois, sous peine de demeurer la plupart du temps inactifs. Tel était peut-être le cas de l'Elide -, de l'Arcadie ^ et des dèmes les plus reculés de l'Attique ^. Par contre, l'abondance de la clientèle attirait dans les villes une multitude d'ouvriers, et ceux-ci pouvaient, sans crainte de chômage, se partager une besogne qu'à la campagne chacun gardait toute entière pour soi.

Quelques exemples nous permettront d'apprécier quels étaient en cette matière les usages des Grecs.

Le mot [).iye\pc:, cuisinier, paraît dériver de \ixyiç, H-âÇa, galette de farine, ou de [xâajo), pétrir. C'est donc que l'art culinaire s'étendait d'abord à tous les aliments, y compris le pain ^ Un premier démembrement en détacha la meunerie et la boulangerie. Dans certaines maisons, on continua de moudre le grain et de fabri-

1. Xénophon, Cyropédie, VIII, 2, îj :' 'Ev -aT; aiy.oaïç -oÀsaiv o'. ct'j-ol -oiouai xXi'vïjv, 6jpav, apotpov, Tpâ-îÇav, -oÀXaty.'.; o' 6 aÙTCi; ojto; xx'. oîzoSoaE:, xal àya-x

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2. Polybe, parlant des paysans de FÉlide, dit que le gouvernement veillait à ce que ~6 tJ oîxaiov xÙtoï; l~l totiou otcÇaYTjtxt xxî twv -pô; [î'.toTtxx; ypax; tj.r,0£v ÏAlîi~r, (IV, 73, 8).

3. Pendant longtemps le trait caractéristique de l'Arcadie fut la dispersion de la population dans les villages (Cf. Gilbert, Handhuch d. gr. Sfaatsalt., II, p. 124-125).

4. Une statistique dressée par Clerc {Les métèques afhéniens, p. 450-456) confirme qu'il y avait beaucoup moins d'artisans dans les dèmes ruraux que dans les dèmes urbains ou voisins de la ville.

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