ScHLiEMANN, Ti/'i/nthc, p. 240 de la trad. franc
7. « La carrière d"où ont été tirés les blocs de grès dont il a été fait un
nécessaires, lorsqu'il s'ag-issait d'amener et d'élever, sans autre outillai^e que les cordes et le levier, des pierres qui pesaient 4.000, 12.000,30.000 et même 120.000 kilogrammesi. Si, comme on l'a dit, la direction de tous ces travaux était confiée à des Asiatiques'^, la grosse beso^çne était laissée aux indigènes, et j'incline à penser que, selon la coutume des monarchies orientales, c'est surtout par la corvée qu'on réunissait les ouvriers dont on avait besoin. Il est à présumer que le roi, comme en Egypte et en Judée, ordonnait à ses sujets de se rendre tel jour sur les chantiers, et que les différentes équipes s y succédaient périodiquement, sans recevoir peut-être ni nourriture ni salaire^. Cette conjecture est d'autant plus acceptable, que certaines de ces dynasties, les Pélopides notamment, étaient originaires d'Asie.
La métallurgie, l'orfèvrerie, la céramique et les industries similaires comportaient une tout autre organisation. Pour ces sortes d'ouvrages, il ne pouvait y avoir que de petits ateliers où travaillait, sous l'œil du patron et en collaboration avec lui, un personnel très restreint ; souvent même le patron travaillait seul. Là encore les étrangers occupaient une grande place, soit qu'ils fussent attachés à la cour d'un prince ou à la maison de quelque riche Achéen, soit qu'ils se tinssent à la disposition du public.
Mais, à la longue, ils se créèrent des concurrents parmi les indigènes. Alors même qu'ils se montraient fort attentifs à cacher les secrets de leurs métiers, il était inévitable que des ouvriers qui vivaient perpétuellement en contact avec eux réussissent à leur en dérober au moins quelques-uns. A défaut de conseils, les œuvres suffisaient pour éveiller l'émulation et former le goût des praticiens qui les entouraient '^ Elles suscitèrent d'abord de gauches et maladroites imitations ; mais peu à peu l'éducation de l'œil et de la main se perfectionna, et l'on vit
grand usage à Mycènes et à Tirynllie, a été retrouvée par Tsoundas à une heure et demie de Mycènes. » (Pebrot, p. 477, note 5). i. Adleu dans Tirynthe, p. vu; Perrot, p. 498.