BCH, XXII, p. 9, n
9. Platon, Lois, XI, p. 930 D : AoyÀrj uiv iàv ajaaîçr, oojXto , toCÎ o^t-cÎtou
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l'esclavage 95
pendant quelque temps ils étaient pour lui une charge, puisqu'ils ne lui rapportaient rien en échange des frais de nourriture, de logement et d'habillement qu'ils lui imposaient ; mais on se résignait à ce petit sacrifice en vue des bénéfices futurs, d'autant plus que les c'./.ovevîi; inspiraient habituellement une confiance particulière '.
Parmi eux, beaucoup avaient une origine mixte.
Lorsqu'une esclave s'accouplait avec un homme libre, l'enfant était esclave et appartenait au maître de la femme. Ce n'est pas que cette règle soit nulle part formulée d'une façon expresse, sauf dans Platon ; mais elle a pour elle toutes les vraisemblances. Plus d'une fois ces enfants étaient les bâtards du maître. Xous savons, en effet, que les rapports sexuels des maîtres avec leurs esclaves étaient fréquents-. On a découvert des listes d'affranchies dont plusieurs sont les fdles naturelles de leurs patrons -^ Un document thessalien énumère des affranchies dont le père porte le même nom que leur ancien maître, et il n'est pas sûr qu'il y ait là une pure coïncidence ou une filiation factice ''. Ailleurs nous voyons une esclave qui, au moment oii elle sort de servitude, est déclarée « fille de Sosicha et d'Hermogénès, fils de Dioscouridas », c'est-à-dire d'une esclave et d'un homme libre ■'. Nous connaissons un individu qui adopte l'enfant d'une de ses esclaves '^ ; ce qui paraît bien être pour lui un moyen de le légitimer.
Le problème est plus délicat quand un esclave avait eu com merce avec une femme libre. Que devenaient alors les enfants ? Ils sont esclaves, dit Platon^; ils sont libres, dit Dion Chrysos-
1. ScHOL. d'Aristophane, Chevaliers, 2. Dans Sophocle [Œdipe Roi, 1123) un esclave a Ijien soin de rappeler qu'il est ojx. wn^zôt àÀÀ' oîxoi tcaçc;;. Wallon [Histoire de Vesclavage , I, p. 1j9, 2" édil.) voit à torl daus Démos- THÈNE, XIII, 24, la preuve que le mot o'Izotv.ot,; était un terme de mépris.
2. Aristophane, Paix, 1138; Assemblée des feinines, 721-722; Lvsias, I, 12 ; Dion Chrysostome, XV, p. 260 (Dindorf).