‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 133 sur 229 · Démosthène, XXVII, 19, 22; XXIX · texte numérisé non relu

Démosthène, XXVII, 19, 22; XXIX

6. Xénophon, Mèinor., II, 5, 2 : Niniaî XÉfstai si:i3Tà:j]ï £t; tipfipîia TTpiai- Oai TaXàvTou.

XII, — GuiHAUD. — La niain-d'ŒUBre, 8

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130 LA MAIH-DIEUVRB [NDllSTKlKLLl^ DANS L ANCII-!N.NE GRECE

jusqu'ici d'exemple d'un homme libre de naissance, qui ait joué un l'Ole analogue dans un atelier privé'. Mais j'imagine que l'êpislate des esclaves publics mentionné dans une inscription d'Eleusis n'est point esclave, puisqu'il touche un salaire journalier, au lieu d'être simplement nourri comme les autres '^. Il se peut que ce soit un allranehi, et il se peut aussi qu'il n'ait jamais passé par la servitude.

Dans ce système, le produit intégral du travail de l'ouvrier était attribué à son maître, déduction faite des frais d'entretien ■>. Mais cet avantage était compensé par de graves inconvénients. D'abord, tant que l'esclave était jeune ou ignorant, il ne travaîlpas ou travaillait mal, et dans ce cas le propriétaire était en perte. En outre, cette machine humaine se détériorait peu à peu par l'usage, et après un certain âge chaque jour lui enlevait une partie de sa force, jusqu'au moment où la mort venait brusquement anéantir le capital qu'elle représentait. Enfin 'il est à présumer que l'industrie traversait en Grèce, comme chez nous, des périodes de chômage. L'industriel n'avait pas alors la ressource, qu'il a aujourd'hui, de réduire ou de licencier son personnel. Il gardait, au contraire, tous ses ouvriers, par conséquent tous ses frais, et il continuait de dépenser pour eux, quand ils ne lui rap-portaient plus rien,

La situation d'un industriel possesseur d'esclaves était donc sujette à des risques assez onéreux. De là la coutume qui s'établit de louer la main-d'œuvre, au lieu de l'acheter. Lorsqu'on manquait de bras, on les empruntait, pour un prix déterminé, à ceux qui en avaient trop. Les Grecs ne connaissaient pas les bureaux de placement; mais il y avait dans quelques cités, notamment à Athènes, un endroit spécial où se tenaient les hommes libres et les esclaves en quête d'ouvrage ; c'est là que les patrons allaient les embaucher'. De cette manière, chacun pouvait soit faire face à un surcroît accidentel de commandes, soit même suffire à son travail normal, sans affecter la moindi'e partie de son capital à des achats d'esclaves. Cela rendait la main-d'œuvre servile aussi mobile que l'est dans les sociétés

1. DaDs Xénopiion, Mém., II, 8, 3,' il s'agit d'UD chef de culture,

2. CIA. IV, 2, 834 b, col. I. I. 40 : Tpofii 67][.oaioi;. L. 41 : 'EnOTaiti)

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