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LE TRAVAIL LIBRE 17i
leurs capitaux et leur intelligence, ou qui même en conliaient la gestion à quelque intendant, plusieurs, d'un rang plus modeste, maniaient tes outils du mineur ou du fondeur. Un client de Démosthène dit' qu'il a commencé par faire de grands profits dans les mines d'argent à force de bras, puis qu'il a tout perdu*. D'après Xénophon, il y avait des Athéniens qui vieillissaient dans cette profession^. On a conservé le nom d'un individu expert en la matière, qui vers la fin du V siècle imagina de fabriquer du cinabre avec le sable extrait des mines ^. 11 fallait bien se résigner à travailler en personne, quand on avait pour unique ressource un atelier estimé 700 francs, avec les esclaves*, ou quand on détenait un lot dont le prix d'adjudication ne dépassait pas 150 francs^.
Les comptes de dépense des travaux publics ne sont pas toujours bien explicites sur la condition des citoyens qui y prennent part. Il est des cas où nous ne pouvons guère deviner â qui nous avons affaire. La seule indication un peu précise qu'énoncent les documents, c'est le montant de la somme touchée par les intéressés, et il est clair qu'elle se prête à des appréciations arbitraires.
Voici, par exemple, Diitréphès qui démolit une construction pour 45 drachmes*; on a tout autant de raisons de croire qu'il s'est chaîné lui-même de ce soin, ou qu'il en a chargé ses ouvriers. Le savetier Apollophanès, qui raccommode dix-sept paires de chaussures pour 68 drachmes ^, le maçon Solon qui récrépit l'EIeusinion pour 85 drachmes *, Héracléidès qui taille des seuils de pierre pour 21 drachmes^, suggèrent une réflexion identique. Parmi les entrepreneurs employés à l'Érechthéion, Pbalacros et « son compagnon », qui encaissent ensemble 49 drachmes pour des travaux de ravalement, ne sont certainement pas des chefs d'industrie'". Un document similaire du v' siècle nous signale des métèques et des citoyens occupés par escouades de cinq, six
1. DÉMOSTHÈNE, XLII, 20 : T^ tfiaUToS ii(iS[MtTi novôv ï«i i^-^ii^i^viai.