‹ La main-d'œuvre industrielle dans l'ancienne GrèceChapitre 187 sur 229 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

L'État n'intervenait pas en Grèce dans les questions de salaires ; il préférait laisser aux parties le soin de les fixer à leur gré. Platon, toujours soucieux d'introduire des préoccupations morales dans les relations économiques, voudrait que chacun estimât son travail à sa juste valeur, au lieu d'y chercher l'occasion d'un gain exagéré ; et de même qu'il limite les bénéfices du producteur en chargeant des magistrats spéciaux de déterminer la marge qui doit exister entre le, prix de revient et le prix de vente', de même aussi il semble enclin à interdire les salaires excessifs-.

On ne trouve aucune trace d'une réglementation analogue chez les Athéniens ni ailleurs. Je ne vois guère que deux cas où l'autorité publique ait fait incursion dans ce domaine. A Athènes et au Pirée les commissaires de police veillaient h ce que les joueuses de flûte, de lyre et de cithare ne fussent pas payées plus de deux drachmes par séance, et si plusieurs individus se disputaient la même artiste, le sort décidait entre eux'. A Smyrne, quelques bateliers s'étant arrangés pour supprimer toute concurrence et s'arroger le monopole des transports entre cette ville et les villes voi.sines, il en résulta une hausse sensible des prix ; le peuple coupa court à cette manœuvre par un décret

1. A Alhènes, les siTOfJXaxE; exerçaient un certain contrôte.sur le pri i'de la farine et sur le prix du pain [Aristote, Goub. des Alhén., 51).'

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